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Photo © photos j. M.

Natation : le pôle France handisport se lève à l’aube

Les nageurs du pôle France handisport natation se lèvent à l’aube pour s’entraîner avant d’aller en cours. Chaque journée est une course contre la montre.

Le compte à rebours démarre à 5 h 40

5h30. Portail fermé, lumières éteintes, le Creps est encore plongé dans le noir. Lové dans les bras douillets de Morphée. Une poignée de minutes plus tard seulement, du côté du bâtiment « Auvergne », quelques réveils sonnent. Ceux des nageurs du pôle France. Nathan, le maître d'internat est déjà sur le pont, direction la chambre de Théo, pour l'aider à mettre ses prothèses. Le même rituel, chaque matin, depuis 3 ans. « Je l'aide à se changer, à mettre ses prothèses. Cela fait trois ans qu'on se connaît, des liens particuliers se sont formés », assure le maître d'internat. « Quand nos potes du collège sont profondément dans leur lit, nous, on doit se lever, témoigne Théo, tout juste réveillé. Ce sont les premières minutes qui sont difficiles. Après ça va. C'est pas facile mais on a l'habitude, ça devient la routine. »

« T'as vu le dernier Walking Dead ? »


Dans une chambre voisine, Jean-Rowane a déjà vissé son casque audio sur les oreilles. « Moi le matin, j'aime pas parler, je préfère rester avec ma musique dans ma tête. Quand tu regardes le réveil, tu te dis : « dure, dure… » Mais au moins ici, on ne s'ennuie pas. On est là pour se donner à fond. »

6 h 10, les nageurs arrivent au compte-gouttes à l'accueil et monte les quelques marches qui mènent au réfectoire. Le rideau métallique du self s'ouvre, les premiers sportifs debout peuvent s'installer pour le petit-déjeuner. À table, Nathan beurre les tartines de Théo et prépare la collation des nageurs pour prendre après l'entraînement, avant de partir en cours.

6 h 30, les huit nageurs sont là. Car les règles du pôle sont claires. « Je n'ai pas de peine à les faire lever, explique Nathan. Ils savent qu'à 7 heures il faut être au bord du bassin, ils connaissent les enjeux. »

Autour de la table, à chacun ses habitudes. Flo et Jean-Rowane écoute de la musique, d'autre pianotent sur leur smartphone. Les vannes fusent de bon matin. Sans oublier le plus important : la dernière saison d'une série prisée. « T'as vu le dernier épisode de Walking Dead ? », lance Maël à Nathan. Ce dernier approuve d'un sourire amusé. « J'aime bien leur lancer des pics et faire semblant de leur raconter la suite », explique le maître d'internat, également pourvoyeur des derniers épisodes. « L'accès Internet est limité au Creps, ils ne peuvent pas regarder en streaming. L'horreur pour des ados ! Alors je télécharge des épisodes et je leur file ensuite. » C'est souvent le petit jeu du matin. « Moi, ça me dérange pas qu'il raconte ce qui va se passer mais y'en a qui pètent un câble ! », confie Théo.

6 h 45, départ pour la piscine. Tout le monde dans le minibus, conduit par Nathan. Chaque minute est précieuse. 6 h 55, les nageurs sont déjà en maillot au bord du bassin et entament un petit réveil musculaire. Tandis que Fabien, le coach, griffonne les exercices sur le tableau. Pauline, deuxième coach, est là aussi pour superviser la séance.

« Quand tu regardes le réveil, tu te dis : "dure, dure…" »


L'horloge du stade aquatique affiche 7 heures pétante. C'est le moment de se jeter à l'eau. Pas le temps de réfléchir, les nageurs font le vide. Presque automatiquement. Prêts à enchaîner des dizaines et des dizaines de longueurs. « Quand tu plonges, tu es dans ta bulle, explique Jean-Rowane. Les deux premiers 100 mètres sont les plus durs. Après, ça va tout seul. » La montre continue de tourner. Prochaine étape, arriver à l'heure en cours, pour 9 heures.

Alors que leurs camarades de classe se lèvent à peine, les nageurs du pôle enchaînent les exercices sportifs. La première étape d'une très longue journée de travail.

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