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Photo © Agence VICHY

Les clubs de sport "premiers lieux de radicalisation" selon Chapitaux

Doctorant en sociologie sur le thème de la radicalisation, Médéric Chapitaux sera ce mercredi, à Vichy, pour évoquer cette problématique. Et ce passionné de sports de combat ne prend de gants pour sensibiliser le monde du sport, associatif en premier lieu...

Ancien gendarme et professeur de sport, Médéric Chapitaux est aujourd’hui doctorant en sociologie sur le thème de la radicalisation. Il intervient ce mercredi, à Vichy, devant des associatifs, élus, décideurs… afin de les sensibiliser à la prévention de ce phénomène dans le sport. 

Passionné par les sports de combat et auteur de Le sport, une faille dans la sécurité de l'Etat, Médéric Chapitaux est formel : « L’important, c’est de dépassionner le débat et de ne pas avoir peur d’aborder cette problématique de la radicalisation dans le sport. La radicalité, il faut davantage en parler, pour mieux l’éviter ».

Les premiers lieux de radicalisation sont les clubs de sport, suivis par les associations. Le sport étant associatif à 90 %, c’est donc un lieu privilégié de radicalisation potentielle

Comment définissez-vous la radicalisation??

« Se radicaliser, c’est adopter une forme violente d’action liée à une idéologie extrémiste. Ce n’est donc pas que la religiosité. La radicalisation peut aussi être d’ordre idéologique, social, culturel, politique… »

Pourquoi est-elle plus prégnante dans le sport??

« Les premiers lieux de radicalisation sont les clubs de sport, suivis par les associations, viennent ensuite les lieux de culte et les prisons. Le sport étant associatif à 90 %, c’est donc un lieu privilégié de radicalisation potentielle. »

Y a-t-il des sports plus perméables à la radicalisation que d’autres??

« Les sports les moins structurés sont les plus touchés. En ce qui concerne la radicalisation islamiste, les sports de combat sont les plus concernés. La majorité des terroristes qui sont passés à l’acte entre 2012 et 2016 se sont entraînés aux sports de combat (boxe thaï, lutte, etc). Ces profils intéressent Daech, qui invite ses fidèles à suivre ce type d’entraînements. Mais on a aussi des cas avérés dans l’univers de la musculation, ainsi que dans les sports collectifs comme le futsal, le football et le basket. Ils représentent aussi bien des espaces de socialisation, qu’un fort potentiel en termes de recrues. »

Les défis à relever pour lutter contre la radicalisation

Le sport, pourtant réputé vecteur d’intégration, serait donc devenu… l’inverse?!

« Attention à la confusion ! Ce n’est pas le sport qui intègre, mais l’éducateur sportif. Le sport, c’est un espace idéal pour apprendre à vivre en collectivité. À accepter les différences. Le rôle de l’éducateur sportif est fondamental dans la politique d’intégration par le sport. C’est à lui que les parents confient leurs enfants. »

Comment choisir le bon club pour ses enfants??

« Un éducateur sportif formé et sensibilisé au fait que la radicalisation est possible fera mieux son travail. Mieux vaut, pour les parents, être sûrs que le club est affilié à une fédération officielle. Il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès du service des sports de sa mairie. » 

Propos recueillis par Elsa Charnay

À l’initiative de la préfète de l’Allier, Marie-Françoise Lecaillon, cette intervention devant des associatifs, élus, et décideurs bourbonnais, s'inscrit dans le cadre du Plan national de prévention de la radicalisation lancé en février par le Premier ministre Edouard Philippe.

 

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