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Photo © Dominique PARAT

Le RC Vichy rétrogradé en Fédérale 3 !

La Commission d'appel de la FFR vient d'avertir le club, par courrier, qu'elle rétrogradait son équipe Une en Fédérale 3, dès la saison prochaine, pour des raisons financières. Le RCV, dont le plan d'apurement de la dette (un peu plus de 200.000 euros) n'a pas convaincu, va saisir le Comité national olympique et sportif français. 

La sentence est tombée en fin de semaine dernière, par le biais d’un courrier de la Fédération française de rugby (FFR) en date du 22 mars. Dans cette lettre, la commission d’appel fédérale informe le RC Vichy qu’elle a « décidé de prononcer […] la rétrogradation de son équipe “Une” seniors en championnat de France de 3e division fédérale » dès la saison prochaine.
En décembre, le Conseil supérieur de la Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion (DNACG) avait notifié une première fois au club cette sanction, conséquence d’une « situation nette négative ».

Le RC Vichy menacé de rétrogradation

Les comptes de la saison ne sont pas en cause. « On paye toutes nos factures, on n’a pas de problèmes pour faire face à nos charges, tient à préciser Marc Suchet, co-président du RCV. Le passif qui nous est reproché est une accumulation sur plusieurs années. » Ce stock de dettes dépasse légèrement les 200.000 euros.
Le club pensait avoir apporté les garanties suffisantes pour rassurer le gendarme financier du rugby lors de son recours examiné le 20 mars. Au cours de cette séance en visio-conférence, les dirigeants avaient présenté le plan d’apurement de la dette à l’horizon 2020 (lire ci-dessous).

Pourquoi nous avoir autorisé à monter en Fédérale 2 si c’est pour nous sanctionner en plein milieu de parcours ?

Marc Suchet (Co-président du RCV)


Mais les arguments n’ont donc pas convaincu la commission d’appel fédérale de la FFR. « Mais ont-ils été entendus ? », s’interroge en substance Arnaud Rouchy, l'autre co-président. « Ils n’ont posé aucune question, restaient dans le négatif, ils ne nous trouvaient pas crédibles. »

Le club en course pour les phases finales

« Notre situation financière est connue depuis longtemps. Ces dernières saisons, on s’attache à nettoyer le bilan. Pourquoi nous avoir autorisé à monter en Fédérale 2 si c’est pour nous sanctionner en plein milieu de parcours ? On nous a laissé aucune chance, proposé aucune alternative », s’insurge Marc Suchet, dont l’équipe fanion est en passe de se qualifier pour les phases finales (qu'elle sera autorisée  à jouer !).
Comme leurs joueurs sur les terrains de Fédérale 2, les dirigeants du RCV comptent bien se battre. Ils ont l’intention de saisir le Comité national olympique et sportif français mais également d'activer leurs réseaux au sein des instances nationales du rugby.

 

Olivier Rezel

La Ville de Vichy au soutien du club de rugby
« Injuste. » « Incompréhensible. » « Incohérente. » Le RCV et la Ville de Vichy ne manquaient pas d’adjectifs pour qualifier la décision de rétrograder le club en Fédérale 3. Le maire, Frédéric Aguilera et les co-présidents du RCV ont détaillé, ce lundi, lors d’un point presse organisé à la mairie, le plan d’apurement de la dette sur lequel ils ont travaillé dès la notification de la DNACG.

Le maire de Vichy, Frédéric Aguilera, a apporté son soutien au RCV rugby et ses deux co-présidents, Marc Suchet et Arnaud Rouchy (de gauche à droite)

La Ville, qui verse au club une subvention annuelle de 100.000€,  a décidé de prendre à sa charge la moitié du passif. Tout d’abord en passant l’éponge sur le remboursement d’une dette de 40.000€ contractée par le club auprès de l’ancien OTT (Office de tourisme et de thermalisme) et liée à diverses prestations. Puis en versant deux subventions exceptionnelles, de 30.000€ chacune, dans les 8 prochains mois.
« Fin juin 2020, nos compteurs étaient remis à 0 » 
Pour couvrir les 100.000€ restants, le club a demandé à ses partenaires privés une rallonge et en a recruté d’autres. « On a présenté à la DNACG des factures, des écrits. Fin juin 2020, nos compteurs étaient remis à 0. Mais ils ne nous ont pas crus », déplore Marc Suchet.
« De s’entendre dire par la fédération que la parole d’un maire compte peu, c’est blessant, limite choquant », note Frédéric Aguilera, qui prend cette mesure de rétrogradation comme du « mépris pour tous les acteurs du territoire ».

 

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