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Photo © Fabien Dubessay

Le jour où j'ai vu la JA Vichy éliminer Levallois (vidéo)

Levallois (adversaire de la JAVCM en 8e de finale de Coupe de France, ce mardi, à 20 heures, à Vichy), ça évoque un paquet de souvenirs chez les supporters de la JAV. Ceux de 2007 plus particulièrement liés à un certain samedi 19 mai, resteront gravés à jamais nombre d’entre eux. Pour le journaliste que j’étais, appelé à l’époque à suivre « au quotidien » les aventures de la bande à Jean-Louis Borg, le Vichy – Levallois de ce jour-là, match d’appui de quart de finale de Pro B, est resté marquant dans mon esprit. 

Revivez en vidéo l'incroyable retour des Vichyssois, infligeant un 18-5 à Levallois en 2'35" :

(source : JA Vichy)

Avant

Le contexte. Cette année-là, la JAV avait outrageusement dominé la phase régulière, avec cinq défaites seulement en 34 journées et six victoires d’avance sur le deuxième. Mais, joie de la formule de l’époque, le premier ne montait pas directement en Pro A mais devait comme sept autres petits camarades en passer pas les play-offs.

La formule. Les play-offs au meilleur des trois manches, disputées tous les deux jours, une belle invention pour le suspense. Mais la formule devient retorse si c’est le moins bien classé des deux adversaires qui reçoit d’abord. De quoi effacer l’avantage terrain car même poussé au troisième match, l’outsider n’aura pas eu de deuxième déplacement à effectuer. Et si, en plus, c’est lui qui attaque la série avec une victoire, possibilité renforcée par le fait d’avoir reçu, c’est une pression double à laquelle se trouve exposé le favori de départ.

L’adversaire. Et dans ce cadre, quoi de pire que de « tomber » sur Levallois ? Tomber comme « tomber du ciel » car c’est un peu ainsi que les hommes de Sylvain Lautié, leur coach d’alors, ont reçu leur qualification. Battus par Rouen sur un tir primé au buzzer lors de la dernière journée de phase régulière, ils ne la devaient en effet qu’à la victoire elle aussi acquise de justesse de… la JAV sur Saint-Étienne. Et sur le ton du « Tous les compteurs sont remis à zéro », Sylvain Lautié résumait bien le danger constitué par une équipe, certes, irrégulière mais de talent, puisque longtemps aux portes de la deuxième place (avant de concéder cinq revers en six matchs). Et surtout, n’ayant rien à perdre, toute à sa joie d’être encore en course. Petite précision supplémentaire : parmi ses cinq défaites de première phase, la JAV en avait concédé une à… Levallois.

Les deux premiers matchs. Et, bien évidemment, c’est le scénario tant redouté par la JAV qui survint : plombée par son 29 % d’adresse, elle chuta dans les Hauts-de-Seine, le 15 mai, sur un vilain 55-57. L’acte 2 de retour à Vichy, le 17 mai, fut, lui, presqu’une formalité (98-72) malgré un 2-11 initial de Levallois. Restait donc le fameux match d’appui.

David Melody faisait partie de l'effectif vichyssois.

 

Pendant

De cette rencontre, il faudra bien évidemment retenir la formidable ambiance régnant dans un Pierre-Coulon rempli jusqu’aux cintres de bruit et de ferveur. Une ambiance telle qu’elle contraindra même les arbitres à « s’isoler » dans le couloir de sortie des joueurs entre le troisième et le quatrième quart-temps pour pouvoir tenir congrès. 3.200 spectateurs ayant répondu à l’appel du club pour se parer de jaune, tifos, drapeaux, tee-shirts, chapeaux ou casquettes. Une ambiance, donc, et un fil de match aux écarts minimes, à l’exception d’un +6 pour Levallois après 5 minutes (6-12) finalement vite effacé. Jusqu’à ces trois dernières minutes où, sous les assauts de Delarue (qu’on retrouvera quelques saisons plus tard, sous le maillot du Stade Clermontois), Ljubojevic et Wright (futur Javiste), la JAV, qui menait pourtant 46-41 après 30 minutes, se retrouva lâchée sur un 0-10 puis un peu plus encore à 48-57, soit un 2-16.

Neuf unités, un gouffre dans un match à peu de points… Et un gouffre toujours là à 2’35’’ du terme quand Jimmal Ball qui vient d’être stoppé de façon illicite rate son premier lancer. Mais il inscrit le second. Et là commença, sous la conduite de son capitaine, un irréel 18-5 fait de pression extrême, talent, magie et panique adverse. « Mais où sont-ils allés la chercher cette victoire (66-62), les Javistes ? Ne cherchez pas… ça se situe côté gauche, au niveau de la poitrine. Oui, c’est avec le cœur que les Thermaux ont donné le coup de booster salvateur, hier soir. Et les jambes ont suivi. Et Vichy, poussé par le chœur, les mains, les tambours et les trompettes de ses tribunes jaunes est revenu » avais-je alors écrit… Près de 12 ans plus tard, mes impressions n’ont pas changé...

Le public vichyssois a pleinement joué son rôle de « 6e homme ».

 

Après 

Opposée au SPO Rouen en demi-finale, la JAV allait, là encore, devoir en passer par trois matchs (73-77, 71-39, 81-59) pour obtenir son ticket pour Bercy où, en finale, elle laminera Quimper (70-49). Mais c’est, déjà, une autre histoire.

 

Jean-Philippe Béal

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