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Un coup de frein pour Romain Bardet sur ce Tour

Après deux podiums consécutifs (2e en 2016 ; 3e en 2017), Romain Bardet fait figure de grand perdant sur ce Tour 2018, avec sa 6e place au général et aucun succès d'étape. Un échec constructif pour la suite ?

Ce dimanche, pour la première fois depuis 2014, Romain Bardet n’a pas goûté aux joies du podium protocolaire sur les Champs-Élysées (*). Derrière les vitres fumées du Pullman de la formation AG2R La Mondiale, le Brivadois a sans doute, comme le veut la tradition, trinqué à la fin d’un Tour où il n’a pourtant pas été à la fête.

Un grain de sable…


L’arrivée à Paris n’a cette année pas la même saveur pour le longiligne grimpeur débarqué à Noirmoutier trois semaines plus tôt avant l’ambition de « faire mieux que les années précédentes ». Pas besoin d’être Madame Irma pour comprendre qu’après sa deuxième place en 2016 et sa troisième 2017, l’Auvergnat n’ambitionnait rien de moins que la première marche du podium. Son début de saison et sa montée en puissance sur le Critérium du Dauphiné étaient autant de gages de crédibilité en plus de son passif avec la Grande Boucle (quatre tops 10 lors des quatre dernières éditions). Mais un grain de sable est venu enrailler la belle mécanique et la progression linéaire de Bardet, 27 ans, dans son aventure avec le Tour. 2018 marque un coup d’arrêt brutal dans sa montée en puissance : sixième au général et aucun succès d’étape, contrairement aux trois dernières éditions...

Le constat d’échec est là et le bilan cruel pour le premier Français de ce Tour : jamais il n’a paru en mesure de jouer la victoire finale dans les moments clés face à une concurrence accrue. Aux Froome, Quintana ou Nibali, d’autres cadors aux dents longues sont venus se rajouter dans la bataille, et pas des moindres : Geraint Thomas tout d’abord, passé du rang de lieutenant à celui de solide capitaine en quelques jours, le Néerlandais Tom Dumoulin, déjà vainqueur du Giro 2017 et impressionnant sur les routes du Tour sans oublier le prometteur Primoz Roglic, quatrième et révélation de cette saison 2018.

Le Brivadois semble avoir reculé dans la hiérarchie des favoris


Il faut bien avouer qu’en ce mois de juillet, Bardet n’a pas été épargné par la malchance. Le sort a collé aux basques du coureur de Haute-Loire comme le sparadrap sur le doigt du capitaine Haddock. Des abandons à la chaîne dans son équipe (Domont, Vuillermoz et Gallopin), des crevaisons à la pelle (trois entre Arras et Roubaix) et même de la casse mécanique au plus mauvais moment (à 4 km de l’arrivée de Mûr de Bretagne)… Ajoutez à cela une hypoglycémie dans l’étape reine de Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan, pour comprendre que ce n’était pas son Tour.

Mais Romain Bardet, la tête - bien remplie - sur les épaules, est du genre cartésien et ne se cherche pas d’excuse malgré cette série de « malheurs ». Le leader de la formation AG2R La Mondiale a bien relevé son impuissance à faire la différence en montagne - son terrain de prédilection - et à mettre en difficulté ses adversaires alors qu’il affirmait « n’avoir jamais été aussi fort ». L’ancien coureur du VS Brivadois semble avoir reculé dans la hiérarchie des favoris. Pour l’instant du moins… Son attaque sur l’Alpe d’Huez restera le seul moment de cette Grande boucle où on l'a senti capable de faire vaciller la hiérarchie.

« La tête haute »


Malgré les coups durs, Romain Bardet a fait preuve de tempérament jusqu’au terme de ce Tour. « Je voulais finir la tête haute », confiait-il. Vendredi, son baroud d’honneur n’a pas été récompensé avec une offensive à 100 km de l’arrivée tandis que lors du contre-la-montre au Pays-Basque, il s’est montré dans le rythme (22e de l’étape), chipant même la 6e place au général à Mikel Landa (Movistar).
S’il est logiquement déçu, le Brivadois peut se rassurer en terminant cette année encore dans le top 10, pour la cinquième année consécutive. Une formidable régularité et une place de premier français qui ne contenteront évidemment en rien ce travailleur exigeant, bien décidé à revenir l’an prochain, encore plus fort !

 
(*) 2014 : AG2R meilleure équipe ; 2015 : prix de la combativité ; 2016 : 2e au général ; 2017 : 3e au général.

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