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Photo © LA RUCHE

Romain Damoizeau : « Les Jeux 2024 à Paris, j’en rêve »

Romain Damoizeau évolue depuis le début de la saison avec l’équipe Handibasket Le Puy. Il intégrera ce mois de janvier, à 19 ans, l’équipe de France A’.

« J’ai de la chance, je n’ai que les jambes de touchées ». Du haut de ses 19 ans, Romain Damoizeau affiche un recul sur la maladie désarmant. Alors qu’il fait partie des 200 cas répertoriés en France de dysplasie fibreuse polyostotique, le jeune homme pourrait s’abattre sur son sort et maudire le hasard qui l’a choisi et cloué dans un fauteuil. Il n’en est rien. Au fil des années, le Ponot d’adoption a fait de sa « faiblesse » – comme il en parle – une force, et il intégrera en janvier prochain l’équipe de France A’de handibasket. 

Une chose que personne n’imaginait il y a encore dix ans, même si son année de naissance 1998, année de succès sportif, aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses parents. 

En même temps, il faut dire que le parcours de Romain Damoizeau n’était pas écrit d’avance. Né à Vernon en Normandie, il déménage avec ses parents à Charbonnier-les-Mines, à l’âge d’un an. Alors que les autres apprennent à marcher, courir et jouer au ballon, Romain enchaîne les fractures et les opérations. Et, très vite… le verdict du médecin tombe : dysplasie fibreuse polyostotique, l’équivalent de la maladie des os de verre. 

« J’ai été en fauteuil très tôt vers 3 ou 4 ans, mais la marche ne m’était pas impossible alors j’essayais de faire comme les autres ». Dans la cour de récréation à l’école de Brassac-les-Mines ou en cours d’EPS au collège de Saint-Germain-Lembron, Romain participe à tout. « Je ne voulais pas être exclu et rester à l’écart… Alors je me mêlais aux autres dès que j’en avais l’occasion, et les professeurs m’encourageaient. Grâce à cela je n’ai jamais eu à envier les valides… Par contre cela explique peut-être les 40 fractures que j’ai eues jusqu’à 14-15 ans », sourit-il. 

« Je voulais faire avant tout un sport d’équipe »



Alors qu’on lui préconise la natation et les sports tranquilles, lui va prendre à contre-pied tout le monde et se lancer à corps perdu dans le basket. Ou plutôt le handibasket. Suivi à l’hôpital Trousseau à Paris pour sa maladie, il participe à une journée découverte organisée en collaboration avec la Fédération Française Handisport et chapotée par Stéphane Binot. C’est le déclic. « Je voulais faire avant tout un sport d’équipe, le basket c’est à ce moment-là imposé ». 

Le jeune homme fait ses classes en loisirs au club Arverne Handisport de Clermont-Ferrand avant de s’initier à la compétition sous les couleurs de Feurs. La vitesse de l’ailier et la qualité de son shoot extérieur vont rapidement en faire un élément incontournable et en 2013, à l’âge de 15 ans, il intègre le Pôle France à Bordeaux où il découvrira le handibasket intensif « avec des entraînements tous les jours et les cours à côté ». Très vite remarqué, il intègre l’équipe de France U23 et participe à ses premiers championnats internationaux. Le début d’une vie de sportif de haut niveau. 

En juillet dernier, Romain décide de franchir un nouveau cap en rejoignant le Handisbasket Le Puy. Un bon choix qui lui permet aujourd’hui d’évoluer en Nationale A, le plus haut niveau de la discipline et de s’offrir une sélection avec l’équipe de France A’(*). « Le niveau est plus physique, les contacts sont plus nombreux et la force est devenue un élément incontournable ». Et la peur de la blessure?? « Elle est là… je n’ai plus eu de fracture depuis mes 15 ans, et si cela arriver en match je ne sais pas comment je réagirais… Si j’aurais encore envie de continuer… Mais en attendant je préfère ne pas y penser et continuer de travailler… ». Dans l’optique des Jeux Olympiques de 2024?? « À ce moment-là, j’aurais 26 ans, ce sera ma génération qui sera en scène… j’en rêve. Mais il faut vivre au jour le jour. Mes priorités aujourd’hui sont mon club et sa participation au play-offs en fin de saison. Et de réussir professionnellement. J’aimerais être scénariste de bandes dessinées… », confie-t-il rêveur. 

Son caractère en acier trempé lui permettant de croire en ses rêves et de les réaliser, rendez-vous est déjà donné à Paris en 2024 et dans les librairies dans les prochaines années. «? Aujourd’hui, je suis épanoui, je fais tout ce que j’aime… Mais parents ne s’inquiètent plus pour moi et mon avenir. Ils savent désormais que tout ira bien. C’est probablement cela ma plus belle victoire ». 


(*) En vue des championnats d’Europe de handibasket qui se dérouleront l’été prochain, la FFH a créé une équipe A’. Elle regroupe 16 candidats sélectionnables en équipe de France A.
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