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Photo © Michel Agon

Marathon : Bompard-Amiot guidés par la complicité

Le Moulinois et guide handisport, Antoine Amiot, accompagne l’athlète Nicolas Bompard sur les marathons internationaux depuis dix ans. Prochaine étape ce dimanche, avec la coupe du monde, à Londres.

Pendant 42 km, Antoine Amiot ne pense qu'à lui. Lui, c'est Nicolas Bompard, son acolyte, à l'autre bout de la ficelle.

Depuis plus de dix ans, les deux coureurs auvergnats font la paire avec déjà une douzaine de marathons à leur actif. Ensemble.

Le prochain se profile ce week-end à Londres, avec la coupe du monde de la discipline. Dans sa catégorie (c'est-à-dire avec un athlète handicapé debout), le duo, qui n'a pas de concurrence à sa hauteur en France, fait partie du top 10 mondial.

Une rencontre brutale


Une performance difficile à imaginer, il y a tout juste dix ans, pour leur premier marathon en équipe, à Paris. Un souvenir toujours très présent chez le spécialiste du 100 km reconverti en guide attentif. « J'étais super content mais très stressé. C'est beaucoup de responsabilités d'être le poisson-pilote. D'ailleurs aussitôt la ligne d'arrivée franchie, j'étais soulagé. Je me suis dit : "mission accomplie". Et je l'ai lâché… » Dans son élan, l'athlète malvoyant termine alors sa course dans les barrières.

Un finish brutal comme la rencontre deux ans plus tôt du Clermontois Bompard et du Moulinois Amiot, sur le 50 km des Dômes. Renversé par une voiture, alors qu'il courait en solo, Bompard est relevé par Amiot. Le début d'une belle aventure, humaine et sportive.

Épuisant et reposant


« Il a toujours été là, à mes côtés, il est très disponible, explique le coureur du Clermont athlétisme. On se connaît très bien aujourd'hui, et c'est grâce à cette expérience qu'on peut être performant. »

« Je suis ses yeux, sa voix, je lui annonce les obstacles, ajoute le Bourbonnais. On a des codes très précis pour passer un dos-d'âne ou pour prendre un virage. » Et plus la course avance et plus la communication se fait difficile. « Physiquement, c'est épuisant. Il faut être attentif à tout. Mais intellectuellement, c'est reposant. Je ne pense pas du tout à ce que je ressens, seulement à ses pieds ! »

Et au-delà des kilomètres de bitume avalés en duo, c'est une relation profonde qui s'est nouée entre les deux hommes. « On fonctionne comme un vieux couple, sourit Antoine Amiot. Je connais sa façon de respirer, son expression quand ça ne va pas. On s'engueule aussi, je n'ai pas de pitié pour lui. Je le regarde comme un athlète de haut niveau avec une histoire de vie extraordinaire. »

L'un sans l'autre, l'histoire n'aurait sans doute pas été aussi belle. Nicolas Bompard n'aurait peut-être pas eu une progression si rapide. Antoine Amiot, lui, n'aurait sans doute jamais porté le maillot de l'équipe de France. « C'est une rencontre magnifique, insiste le coureur de l'EAMYA. Dans la vie, il y a des rencontres dont on peut être fier… »


Objectif top 10 : Huitième des derniers championnats du monde, déjà à Londres l'an passé, le duo a les capacités de rentrer une nouvelle fois dans le top 10, ce dimanche pour la coupe du monde. « Mon objectif, c'est avant tout de battre mon record et de viser les 2 h 42' », explique Nicolas Bompard.

Records : Son meilleur marathon, Nicolas Bompard l'a fait en 2014 à Orléans, avec un chrono de 2 h 44'16". À titre de comparaison, le meilleur temps d'Antoine Amiot en individuel est de 2 h 35".

Trio : Dimanche, à Londres, un deuxième guide, le Clermontois Fabien Demure, relaiera Antoine Amiot auprès de Nicolas Bompard.

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