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Photo © Séverine TREMODEUX

L'Yzeurienne Juliette Diollot, grand espoir du judo français

Grand espoir du judo hexagonal, la judokate licenciée à Yzeure Judo, Juliette Diollot, participe à des compétitions européennes avec les couleurs de l’équipe de France. Rencontre.

Calme et ambitieuse, parfois « mauvais caractère », selon son père. À 17 ans, Juliette Diollot étonne par sa maturité. Sur les tatamis, elle est considérée comme une des espoirs du judo français.

Ses résultats du début d’année confirment ce statut. Son dernier fait d’armes : une médaille de bronze en cadette moins de 70 kg au Festival olympique de la jeunesse européenne à Bakou en Azerbaïdjan, une grande compétition où se réunit le jeune gratin du judo européen.

Compétitrice, la jeune Yzeurienne se satisfait, pour l’instant de ce podium : « C’était un objectif. Je visais la médaille pour être qualifié pour les championnats du monde en septembre au Kazakhstan. » Un titre de championne de France dans sa catégorie à Villebon-sur-Yvette (Essonne) en avril est à ajouter à son palmarès. 

Une équipe derrière elle

La sportive, ses parents, Alain et Fabienne, ainsi que ses coaches, Jean-Pierre Fantin et l’actuel, Mathieu Corneloup ont donné rendez-vous en équipe au gymnase de l’Europe à Yzeure. Là, où tout a commencé.

Nouvelle sélection en équipe de France de judo pour l'Yzeurienne Juliette Diollot

Ce jour-là, l’endroit est vide. Juliette enfile quand même son kimono. Sa ceinture noire, sans doute mal ajustée, est remise normalement par Jean-Pierre Fantin, attentif à la tenue de sa protégée. « Je garde un œil sur elle et ses combats », confie celui qui a été son premier professeur.

« Je m’ennuierais rapidement, c’est sûr ! »

Juliette Diollot enchaîne 19 heures d'entraînement par semaine.
La rencontre se déroule durant une rare période de repos de la sportive. Les paroles de Juliette montrent son amour du judo. Elle ne peut pas s’imaginer sans : « Je m’ennuierais rapidement, c’est sûr ! »

Sur les tatamis du dojo, la petite Juliette a appris ses premières prises, explique Alain, son père : « Elle avait six ans quand elle a commencé. Nous l’avons inscrit dans un sport avec des valeurs et bon pour le développement des enfants. »

Elle avait six ans quand elle a commencé.

Elle grandit, écume les tournois du département puis de la région. Le territoire devient petit pour son talent. En 2016, elle décroche son premier titre national en minime et depuis, elle est la grande favorite dans sa catégorie en France.

« Son assiduité est la clé de sa réussite. Elle n’a jamais raté un seul entraînement, même pour un repas de famille. Il faut ça pour atteindre le très haut niveau et pour elle, ça se dessine actuellement », explique Mathieu Corneloup.

De Yzeure au pôle espoir de Clermont

Pour franchir un palier, elle a intégré il y a deux ans, le pôle espoir de Clermont. La semaine, elle enchaîne « 19 heures d’entraînements » avec deux autres coachs, Gaëtan Leleux et Mael Le Hérissé. Elle combine ses heures de sport à un passage en terminale STMG à la rentrée de septembre pour peut-être rentrer plus tard dans les forces de l’ordre.

Tous les vendredis, elle revient au dojo d’Yzeure et débriefe avec son entraîneur. Mathieu Corneloup, avec ses parents, est sans doute la personne qui connaît le mieux Juliette. Il évoque la plus grosse déconvenue de son élève : « Lors du championnat d’Europe en Pologne en juin, elle a perdu dès le premier tour. Mais elle apprend et rebondit vite. »

De Clermont à l'équipe de France

Juliette Diollot avec sa médaille de bronze obtenue lors des JO de la jeunesse à Bakou et entourée de Mathieu Corneloup et de Jean-Pierre Fantin.
Minutieuse, un poil revancharde et la soif d’apprendre. Trois qualités qui l’ont mené à l’équipe de France cette année. Elle se frotte maintenant à la crème du judo européen chez les jeunes et enchaîne les podiums.

Des modèles ? Elle réfléchit, n’en voit aucun. « Teddy Riner peut-être », glisse sa mère Fabienne. Juliette hoche la tête, pas convaincue. Seules ses compétitions l’intéressent, le reste compte peu.

« Quand je gagne, je suis heureuse mais je n’éclate pas de joie. Je suis concentrée sur le prochain combat. »

Même sur les tatamis, elle agit de cette manière : « Quand je gagne, je suis heureuse mais je n’éclate pas de joie. Je suis concentrée sur le prochain combat. » 
« À la maison, les médailles sont vite rangées. Elle ne s’attarde pas dessus », poursuit son père.

Depuis jeudi, elle participe au stage des seniors tricolores à Soustons (Landes) comme partenaire d'entraînement. Dans un coin de sa tête, l’envie de s’affirmer et pourquoi pas de rêver, dans quelques années, aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Elle aura 22 ans. Mais pour l’instant, « chaque chose en son temps ».

 

Jean-François Chesnay

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