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Photo © François-Xavier GUTTON

Galan (Moulins) : "Si on n'avait pas annoncé nos ambitions, le groupe aurait éclaté"

Moulins vit une première moitié de saison faste en Honneur. Le club bourbonnais, co-entraîné par Pierre Galan, a enregistré face au CUC Aubière, ce dimanche, sa 10e victoire de la saison en autant de matchs (7-24). Les "vert et blanc" sont lancés à l'assaut de la Fédérale 3 et l'assument.

Votre premier sentiment, à chaud, sur ce match ?

« Je suis soulagé parce que ça a été un match crispant. Le score paraît un peu large. On a été sous pression toute la partie. On savait que le CUC était une équipe dangereuse quand elle avait le ballon et elle l’a montré. On n’a jamais été serein et on n’a pas montré de choses propres sur lesquelles s’appuyer. Notre touche a été défaillante et on a concédé beaucoup de pénalités. On a vraiment été contesté par l’équipe du CUC. Notre conquête n’a pas été assez propre. Du coup, on a concédé trop de pénalités et on leur a donc donné trop de ballons à jouer. Quand le CUC a le ballon, c’est une bonne équipe. »

 

Votre densité physique vous a bien aidé ce dimanche…

« Oui, on a gagné le match sur les basiques. Sans avoir un jeu très élaboré, on a gagné les duels. À partir de là, on a réussi à marquer sans être vraiment brillant. On a juste été dominateur physiquement aujourd’hui, mais pas dans la stratégie. »

 

C’est une piqûre de rappel ?

« Oui, tout à fait. De toute façon, je redoutais beaucoup ce match. Depuis le début, je dis que le CUC est l'une des équipes qui pratiquent le meilleur rugby. J’étais assez inquiet avant le match, d’autant plus qu’on était un peu relâché cette semaine. C’est une piqûre de rappel sans frais. Le plus important, c’est qu’on a le bonus. On n’est pas déçu, mais la prestation n’est pas très aboutie. »

 

Néanmoins, c’est une dixième victoire en dix matchs cette saison…

« Oui, mais cela montre que si on se relâche, on se remet vite au niveau des autres. Cela me montre qu’il y a encore du travail. On a manqué de précision. »

 

En prenant un peu de recul, comment expliquez-vous cette première moitié de saison ?

« Je dirais qu’on a été sérieux. On a fait une bonne préparation, en faisant des efforts supplémentaires. On est passé à trois entraînements par semaine, plus une séance vidéo. Désormais, on filme aussi nos entraînements pour régler certains détails. On a demandé aux joueurs de s’investir un peu plus individuellement en allant par exemple à la "muscu". À cela s’est aussi ajouté un bon recrutement. Tout s’est bien emboîté. Après, on ne va pas fanfaronner. Une fois de plus, quand on voit le match d’aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’écart avec le CUC. »

 

Quel était l’objectif en début de saison ? Monter ?

« Il était de jouer la montée. Pour le moment, on se rend les choses plus faciles. Après, est-ce que cela suffira ? Je ne sais pas. »

 

Est-ce dur de garder un groupe concerné lorsque tout fonctionne ?

« Disons que c’est plus facile dans ce sens que dans l’autre. Ce qui est difficile, c’est de trouver le bon dosage entre la confiance et le fait d’être un peu trop facile. C’est bien d’avoir de la confiance mais le rugby reste un sport de combat. Ce n’est jamais bon d’arriver trop facile. »

 

Cela fait trois ans que vous êtes à la tête de l’équipe avec Cedryk Cleret. Il y a deux ans, vous avez fini 2e, la saison dernière 3e. Il fallait franchir un cap cette année ?

« Ces dernières années, on a toujours joué le haut de tableau. Mais à un moment, il fallait se donner les moyens de jouer l’accession en Fédérale 3. Le club a fait beaucoup d’efforts. Disons que pour une fois, on a eu le courage de dire officiellement notre ambition. Du coup, ça nous donne des obligations en même temps que cela nous rajoute un petit peu de pression. »

 

Quand est-ce que cet objectif a été présenté aux joueurs ?

« À la fin de la saison dernière. En ce sens, on a repris les entraînements dès le mois de juin. C’est pour cela que cela a bien marché pour nous sur la première moitié de championnat. En début de saison, je pense qu’on était vraiment au-dessus des autres équipes d’un point de vue physique. Là, les terrains deviennent plus gras, notre prépa se tasse un peu. »

 

Le groupe s’est-il montré réceptif dès le mois de juin ?

« Je pense que si on n’avait pas dit que l'on jouait la montée, le groupe se serait éclaté. Les joueurs avaient envie d’un vrai challenge. Le fait d’annoncer nos ambitions, nous a ressouder. Peut-être qu’on n’arrivera pas à monter, mais au moins, on se sera donner les moyens. Pour l’instant, ça marche bien mais c’est précaire. »


Propos recueillis par Vincent Balmisse

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