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Photo © Fred Marquet

Course de côte : La Monica, révélation de la saison

Dans la famille La Monica, le fils, Jordan a pris le relais et le pas sur son père, Bruno. Sur un proto Norma, le pilote de Loubeyrat a quasiment tout raflé cette saison dans les courses de côte.

En sport auto, la famille La Monica est connue dans la région. Bruno pilote depuis une trentaine d'années. Son fils, Jordan, depuis bien moins longtemps, évidemment, mais en une seule saison il a déjà dépassé son père, au niveau du palmarès.

Le pilote de Loubeyrat, 28 ans, a été la grande révélation de la saison, en remportant six courses de côte régionales, dont les trois Auvergnates (Courpière, Laussonne, Viverols) sur neuf épreuves disputées. Six victoires, alors qu'il sortait d'une année sans rouler, pour cause de paternité et n'avait encore jamais gagné au scratch.

« Saison de rêve »


« Cela a été une saison de rêve, confie Jordan La Monica. Je ne m'attendais pas à être dans le coup tout de suite, après une saison neutre. Ma première surprise, c'était d'être si rapide. »

Dès sa première sortie, au volant de son proto Norma, en avril à Irancy (Nièvre), l'Auvergnat a décroché ce qui s'apparentait à la lune pour lui. « Quand j'ai attaqué la course de côte, mon rêve, c'était de gagner une fois une victoire au scratch », évoque l'Auvergnat, fier également d'avoir battu trois fois le record de la piste nivernaise, en quatre montées chronométrées.

Surprenant, après un an d'arrêt, mais le Puydômois ne repartait pas de zéro, non plus. Il restait sur une saison d'apprentissage dans le baquet de la Norma, en 2016. « On dit que la paternité assagit. Je pense avoir plus de maturité. Et je suis plus serein. Mon père a aussi beaucoup travaillé sur la voiture depuis deux ans. Il a apporté beaucoup d'évolutions et elle est quasiment au top pour la côte. J'ai confiance en l'auto. Je la connais si bien. Je peux me libérer sur mon pilotage. Et ça paye. »

Après une 7e place à Donzy (« où il y avait un gros plateau »), à sa deuxième course, le fils La Monica n'est plus descendu du podium, accédant le plus souvent à la plus haute marche. Comme à Lormes ou à Courpière, où Jordan a devancé un certain Yannick Latreille. « Pour moi, c'est la référence dans ma catégorie (le groupe CN, ndlr). Yannick est un pilote qui m'a toujours passionné. Il est très rapide et toujours régulier. Être devant lui, ça veut dire quelque chose. »

En double monte jusqu'à la mi-saison


Sa victoire à Lormes, le 22 juillet a vraiment été un grand moment. « C'est celle qui me tient le plus à cœur, étant donné que mon père avait gagné là-bas, en 2011 », rappelle Jordan, heureux d'avoir inscrit à son tour son prénom au palmarès.

Moins rapide (4e à Irancy), le père a préféré s'effacer au profit de son fils, les La Monica arrêtant la double monte sur leur proto à la mi-saison.

« C'est fatigant de rouler à deux, justifie Jordan. Car il y a deux fois plus de boulot à faire sur la voiture. Mon père m'a laissé le volant à partir du mois de juin. Mais il a toujours son mot à dire et son nom sur la voiture. C'est la sienne ! J'ai besoin qu'il soit là, même s'il ne me donne pas forcément de conseils sur les tracés. Je ne me verrai pas partir tout seul sur une course. »

Papa La Monica aura peut-être sa revanche l'année prochaine. Jordan, lui, tentera de maintenir en haut de l'affiche. « Il n'y a pas de raison, dit-il. Pourquoi ne pas refaire la même saison ? »

Une saison qu'il a terminée voilà peu comme il l'avait débuté. Sur un podium. Mais bien plus prestigieux. Celui de la Coupe de France de la montagne.

« Je ne peux être que satisfait de ma 2e place, vu la qualité du plateau. C'était ma façon de remercier toute l'équipe autour de moi, mes parents, ma sœur, Denis notre mécano et nos partenaires. »

Des soutiens que le pilote espère plus nombreux l'an prochain. Il reste pas mal de place pour de beaux autocollants sur la coque carbone de la Norma. Avis aux amateurs…

Six victoires en 2018. Jordan La Monica a remporté les courses de côte régionales d'Irancy (Nièvre), Sancerre (Cher), Courpière, Lormes (Nièvre), Laussonne et Viverols. Il a fini 2e à Lamure-sur-Azergues (Rhône), Saint-Geniez-d'Olt (Aveyron) et à la finale de la Coupe de France de la montagne, à Urcy (Côte-d'Or).


Raphaël Rochette

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