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Le préfet du Cantal interdit la course de côte de Super-Lioran

La décision du préfet du Cantal est tombée ce mardi 16 juillet. Elle n'autorise pas les organisateurs de la course de côte de Super-Lioran à maintenir l'événement prévu du 2 au 4 août prochain.

Dans un arrêté rendu public ce mardi 16 juillet, le préfet du Cantal interdit la course de côte du Super-Lioran. Vingt-sept ans après la dernière édition, l'événement estival, qui devait se tenir du 2 au 4 août prochain, ne fera pas son retour sur les pentes de Laveissière. Selon le texte signé par le Préfet du Cantal, Isabelle Sima, les conditions de sécurisation du tunnel du Lioran n'étaient pas réunies pour que la course puisse se dérouler.

Arrêté préfectoral portant refus d'autorisation de la course automobile du Super-Lioran by Olivier CEYRAC on Scribd

Avis favorable de la commission départementale de la sécurité routière

Si les organisateurs s'étaient préparés à une telle décision, ils n'en restent pas moins déçus. « C'est un an et demi de travail qui tombe à l'eau, se désespère Joël Croizet, président de l'Auto-club du Cantal, coorganisateur de la course de côte. Depuis ce matin [mardi 15 juillet], nous faisons le tour des fournisseurs pour annuler ce qu'il est encore possible d'annuler, mais surtout pour payer les dédits. C'est ainsi », lâche-t-il résigné. Près de 120 bénévoles étaient attendu du 2 au 4 août pour l'organisation de la course de côte. « Sans compter les participants et leur entourage, nous avions calculé que près de 600 repas seraient servis et quelques 120 nuitées allaient être réservées au Lioran. Mais cet avis sur les retombées économiques n'a pas été pris en compte par le préfet du Cantal. »

« Bientôt on va finir par être ravitaillé par les corbeaux »

Du côté de l'association des commerçants du Lioran, son président Géraud Benet est dépité. « Bientôt on va finir par être ravitaillé par les corbeaux. La course de côte nous aurait fait du bien d'un point de vue de la notoriété du site. Certains, qui seraient venus en été, auraient pu voir qu'il était possible de faire du ski chez nous. Mais non... C'est terrible ! Un ami est passé du côté du puy Mary en début de semaine, malgré le beau temps, c'est la misère. Il va peut-être falloir se poser les bonnes questions », fustige l'homme au téléphone. Pour lui, le week-end du 2 au 4 août représentait un réel espoir. « Peut-être pas pour la première année. Nous savons bien que les gens qui accompagnent ces manifestations viennent en camping-car. Mais si la manifestation avait pu se pérenniser, nous aurions forcément eu des retombées économiques importantes. Là, l'annulation pure et simple de la course annihile tous nos espoirs ».

La sécurisation du tunnel du Lioran au cœur du problème

La sécurisation du tunnel du Lioran est le point noir de l'organisation de la course de côte. « Pourtant nous avons tout mis en place pour répondre aux questions de sécurité qui sont, pour nous aussi, une vraie priorité, remarque Joël Croizet. On nous a demandé de déplacer l'événement ailleurs. C'était impensable d'autant que des concurrents de 1992, souhaitaient voir leurs enfants courir au même endroit cet été. Est-ce qu'on demanderait aux 24 Heures du Mans de se courir à Nevers ? Je ne crois pas... ».

Géraud Benet aussi ne comprend pas la décision. « On nous parle de chassés-croisés important ce week-end du 2 au 4 août, mais l'hiver, on accueille bien des milliers de skieurs par jour ? Et les routes sont beaucoup moins praticables quand même... Non, nous sommes allés au casse-pipe. C'est tellement dommage ».

Si les organisateurs peuvent faire appel de la décision du préfet, « nous ne nous engagerons pas sur ce terrain, affirme Joël Croizet. De toute manière, le temps que le tribunal administratif prenne connaissance du dossier, se réunisse, puis rende son jugement, la date de l'événement sera largement passée. Tant pis. Maintenant, nous gardons pour objectif la montée historique d'Aurillac le 13 octobre ».

Olivier Ceyrac  

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