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Photo © Pierre COUBLE

Cournon : Chanal s'en va après "une très belle saison"

Raphaël Chanal ne sera plus sur le banc de Cournon la saison prochaine. À l'instar de David Barrier (qui avait annoncé il y a quelques semaines qu'il arrêterait à la fin de cette saison), l'ancien trois-quarts centre de l'ASM a décidé de s'arrêter-là, un an après avoir été nommé à la tête du club. Ses activités professionnelles n'étaient plus compatibles avec sa fonction d'entraîneur.

Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?

« Entre les trois entraînements hebdomadaires qu'on avait instaurés à Cournon, mon activité professionnelle, où je suis notamment présent à chaque match de l'ASM au Michelin, et les rencontres avec le R3CA, j'étais pris cinq jours sur sept. Sur une saison, tout s'est très bien passé, mais sur le long terme, ce n'était pas gérable. J'ai envie de profiter de mes enfants, de ma famille. »

 

Le fait que David Barrier annonce assez tôt sa décision d'arrêter a-t-il accéléré votre réflexion ?

« Quand David a annoncé sa décision, j'étais vraiment dans l'expectative. Je ne savais pas ce que j'allais faire. Et puis au niveau professionnel, cela s'est bousculé un peu, des activités se sont développées. J'ai alors pris conscience que je n'arriverai pas à concilier les deux. Et je ne me voyais pas dire "allez, je repars une saison" et puis me rendre compte que je ne pourrais pas assister à tel entraînement, que j'arriverais en retard. Quand on s'engage, on s'engage et il n'était pas question que le coach rate des entraînements. J'ai donc préféré arrêter. Mais je ne pars absolument pas fâché, ni avec le rugby, ni avec Cournon. »

 

Quel bilan tirez-vous de cette saison ?

« Il y a eu une grosse évolution entre le moment où on a repris le groupe avec David et la fin de la saison. Notre profondeur de banc limitée nous a obligé à solliciter énormément certains joueurs. Mais tout ceux qui sont montés en équipe 1, ont montré des choses positives. On a fait jouer cinq ou six joueurs de 18 ans. Pour le club, c'était vraiment le top. Tout s'est très bien passé avec l'équipe réserve et ses entraîneurs. On échangeait beaucoup avec eux pour savoir à quel moment on pouvait faire monter tel ou tel joueur. Un état d'esprit collectif s'est développé. Le but du jeu, ce n'était pas de faire émerger des individualités, mais plutôt de créer un groupe, avec un collectif fort. »

 

Il y a un an, lorsque vous avez rejoint Cournon, le club venait d'être repêché en Fédérale 2. À l'arrivée, vous avez amené le R3CA en phases finales. Sportivement, il était difficile d'espérer mieux ?

« Les joueurs ne sont pas professionnels, ne jouent pas pour l'argent. L'état d'esprit et l'humain comptent beaucoup. Avec David, on a mis l'accent sur l'aspect humain : dire les choses aux joueurs, être à l'écoute...

À l'arrivée, on joue les phases finales. On ne doit rien à personne, mais on a profité de la situation de certains clubs qui ont été privés de phases finales. Après, notre participation prouve aussi que la situation financière du club est saine et cela récompense le bon travail du président Thierry Faure. Mais notre fin de saison me laisse malgré tout quelques regrets. En 16es de finale aller, on perd d'un point (13-14) contre Orthez : on leur offre un essai, on écope d'un carton rouge très sévère. Au retour, on est au contact en début de seconde période (10-9 pour Orthez à la 44e minute) ... Je suis déçu parce que j'ai toujours été un compétiteur et puis ça aurait été bien de jouer Issoire en 8es de finale. Mais bon, on a vécu une très belle saison. Je suis fier de ce qu'on a accompli, du comportement des joueurs. Le président et les bénévoles ont aussi fait un énorme boulot. »

 

Manuel Caillaud

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