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Photo © Richard Brunel

Yann Chaussinand, haut niveau

Auteur d’un nouveau record et récompensé par sa première médaille internationale, samedi, Yann Chaussinand lance de plus en plus loin. Le marteau du jeune Stadiste clermontois tutoie le haut niveau.

Comme une trajectoire tracée. Dans le ciel des lanceurs. Par l'ADN d'une maman discobole, Mylène (48,30 m en 1997), et d'un papa, David, spécialiste du marteau (80,99 m en 2001). « Mais mes parents ne m'ont jamais poussé, précise le fiston. J'ai touché un peu à tous les sports, je suis venu à l'athlé et je me suis spécialisé en marteau, en juniors. »

Dans le cercle de lancement clermontois aujourd'hui, donc ? Yann Chaussinand, 20 printemps et la 2e place au bilan français toutes catégories (derrière le senior messin Quentin Bigot, 76 m). Deux moulinets, trois tours et, à Marseille, le 25 mai, le beau bébé de 1,96 m pour 97 kg balance son marteau, celui des hommes, à 66,67 m. RP et banco pour l'or universitaire !

20 printemps, 69 m


Mieux. Samedi dernier, sur la piste du stade Picchi, à Jesolo, théâtre italien des championnats méditerranéens - 23 ans, le grand Bleuet pousse sa nouvelle marque à 68,93 m. « Je me sentais bien à l'entraînement, mais je ne voyais pas ce record si gros, si vite. »

Ce boulet en acier, dont les 7,257 kg signent l'entrée dans la cour des grands, pas une nouveauté il est vrai pour l'espoir 1re année. « Avec, on lance moins loin au début. Mais j'ai tout de suite accroché car le 7 kg, je le lançais déjà pour les interclubs (40,50 m dès 2014 en cadets 1 à 64,79 m l'an passé en juniors 2) et pas mal à l'entraînement où j'utilise beaucoup de poids différents. De 6 kg, le plus léger pour travailler la vitesse, à 10 kg, le plus lourd pour la force dans le mouvement et les placements techniques. »

Le travail : la base de sa progression linéaire. Aux Cézeaux où le Clermontois retrouve les potes : Nicolas Fédit, son cousin, 24 ans et une perf à 61,37 m synonyme d'argent aux France FFSU, et le Briviste de 19 ans Paul Creuzevault, 67,46 m, lui au marteau de 6 kg. « On arrive à se tirer vers le haut, dans la bonne ambiance », sourit l'élève d'Antoine Duc.

Au total, l'étudiant en DUT Gestion des Entreprises et des Administrations, sur une formation spéciale sportifs étalée sur 3 ans, s'astreint de manière hebdomadaire à 5 séances de musculation-renforcement et autant de lancers. À la dure, comme tout bon lanceur : « On est toujours dehors, sauf très mauvais temps ». Style grand froid.

Toutefois, le « gamin » rajoute à sa préparation un plus… familial. « À ma demande, mon père m'entraîne une fois par semaine. Cela me permet un regard de haut niveau, un autre avis sur la technique. »

France, Europe, JO…


Libéré depuis peu d'un pépin physique, à l'articulation sterno-claviculaire, le prometteur stadiste peut ainsi voir loin. « Mon objectif est de passer au-delà des 70 m, cette année, de rentrer dans un cercle un peu plus fermé du lancer de marteau. »

À un tel niveau, distance et rendez-vous se lient. Les Élite à Albi pour commencer. « Là-bas, je vise la 2e place ; le 1er est un peu loin », plaisante l'athlète aux 5 capes jeunes. Puis les France espoirs, puis des meetings et des compétitions ouvertes pour lancer, relancer, se frotter le plus possible à l'excellence. Jusqu'aux dates clefs pour un membre du collectif 2020, une belle pousse de la génération athlé pour Paris : les Europe espoirs de 2019, en Suède, et les Jeux de 2024. Du très haut niveau dans l'aire.

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