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Photo © Richard BRUNEL

Tour de France : Romain Bardet, l’enfant de Brioude

Romain Bardet revient sur ses terres brivadoises, ce dimanche, avec l’arrivée de la neuvième étape du Tour de France. L’occasion de se replonger dans l’enfance du champion avec le témoignage de ses proches. Nostalgie.

Un élève appliqué

Romain Bardet n’a jamais galvaudé les études. Ce goût prononcé pour l’apprentissage, il le possédait déjà étant jeune. Durant toute sa scolarité, Romain Bardet était un élève modèle. « C’était un enfant très doux et très sage, explique son père Philippe Bardet. C’est vrai qu’il a toujours eu le côté compétitif en sport. Mais après, en dehors, c’était un enfant posé. » « J’étais un élève relativement sage et appliqué, je ne me faisais pas remarquer », abonde Romain Bardet. Il garde d’ailleurs une certaine nostalgie pour sa scolarité brivadoise, et tout particulièrement du côté de la cité scolaire Lafayette. « J’ai un très bon souvenir de mes années collège et lycée. D’ailleurs, j’avais effectué une année de sport­études à Riom en seconde et je suis vite revenu pour faire ma première et terminale à Lafayette. »

En primaire, le petit Romain avait pour instituteur… son père Philippe. Les deux hommes gardent une tendresse particulière pour ses trois années de classe. Le papa raconte : « C’était un élève sage au même titre que les autres enfants. C’était très naturel. Il m’appelait “papa” en classe. Mais il n’y avait pas de problème. Cela s’est très bien passé. » « Le fait que mon père soit mon instituteur était plus facile, témoigne Romain Bardet. J’étais logé à la même enseigne que les autres. » La tête déjà bien vissée sur les épaules…

 

Un enfant sportif 

Romain Bardet, avec son père, Philippe Bardet. Photo Richard Brunel.

 

Romain Bardet est un sportif accompli. Le sport et plus globalement l’effort physique sont des passions qui lui sont venues très tôt. Avant de se tourner définitivement vers le cyclisme, Romain Bardet s’est essayé à d’autres sports. Son père Philippe se souvient. « Il a d’abord fait du judo, ensuite il a essayé la natation puis il s’est mis au foot. Conjointement, il pratiquait le cyclisme et ce jusqu’en cadet. Un jour, il a dit “je veux arrêter le foot, je veux vraiment faire du vélo”. Les dirigeants des clubs locaux (US Fontannes et US Brioude) insistaient pour qu’il continue à jouer au foot. Je lui disais donc “tu devrais faire encore un an de foot”… Mais il était déterminé. »

Le papa était un véritable mordu de la petite reine, Lorsqu’il suivait son enfant sur les tournois régionaux de foot, Philippe faisait suivre son vélo pour aller rouler... Les dirigeants des clubs croyaient donc que le père influençait son enfant. « Je ne ai jamais incité Romain à choisir le cyclisme. Les dirigeants des clubs de foot pensaient d’ailleurs que je le forçais à faire du vélo mais pas du tout. Au contraire. Quand il a décidé quelque chose, il ne change jamais d’avis. Même enfant, il était comme ça. »

Le petit Romain appréciait énormément le vélo. Son père, licencié au sein du Vélo Sport Brivadois participait aux courses régionales. Avec son fils qui n’était jamais très loin… « Quand son père faisait des courses, Romain était toujours derrière avec son petit vélo et son maillot de la Festina », se remémore Georges Vidal, co­président du club. Du football, du cyclisme, du judo… Romain Bardet était donc un féru de sports dès son plus jeune âge. Pas étonnant de le voir aujourd’hui s’essayer à d’autres disciplines lorsque le calendrier le lui permet.

 

Un caractère bien trempé

On ne devient pas un champion sans avoir un fort caractère. Dès son plus jeune âge, Romain Bardet savait ce qu’il voulait. Et il le faisait savoir… S’il était un enfant sage et brillant en cours, il lui arrivait parfois de montrer de l’agacement… « J’étais un élève correct. J’étais assez désagréable en sport car je voulais tout le temps gagner. Mes professeurs d’EPS n’ont pas un super souvenir de moi, explique Romain Bardet. Je me cherchais, j’étais un peu dans l’âge où l’on croit tout savoir. »

Cette rage de vaincre prenait tout son sens dans le cyclisme. Le jeune Romain pouvait rapidement se montrer frustré lorsque le résultat ne lui convenait pas. Ce fut notamment le cas lors de championnats départementaux du côté de Saugues. « Je l’ai vu se faire battre par son coéquipier Antoine Caillaud lors des départementaux, explique Georges Vidal. Il avait alors pris la 2e place. De rage, il en avait jeté son vélo à l’arrivée. Quand il était gamin, il était comme il est maintenant : un vrai teigneux. Il avait toujours envie de bien faire. Il est beaucoup plus teigneux que son père. Philippe était un coureur à la cool. Romain tient son caractère de sa maman. »

 

Arnaud Clergue

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