Actualité sportive en auvergne



Photo © CAMPAGNONI Francis

Top 100 : ils ont fait le sport auvergnat (82-77)

Le 4 octobre prochain, La Montagne fêtera ses 100 ans d'existence. À cette occasion, notre rédaction a établi un classement des 100 personnalités qui ont fait l'histoire du sport en Auvergne de 1919 à nos jours. Aujourd'hui place aux personnalités classées de la 82e à la 77e place.

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82e : Jean-Louis Tournadre - Moto

« Je suis monté trop vite. » Ces mots sont ceux prononcés par Jean-Louis Tournadre au journal L'Equipe en mai 2016. Trente-quatre ans plus tôt, en 1982, après avoir seulement disputé 19 Grands Prix, le Clermontois devient pourtant (à 24 ans), le deuxième pilote français (trois saisons après Patrick Pons) à décrocher un titre de champion du monde de vitesse à moto, en 250 cm3.

Cette saison-là, au guidon de sa Yamaha, l'employé des PTT damne le pion à toutes les équipes d'usine (professionnelles). Un véritable exploit pour ce compétiteur privé aux moyens financiers limités. Claude Michy et Michelin lui apporteront cependant un soutien précieux. Toujours est-il que Jean-Louis Tournadre n'a certainement pas la moto la plus rapide du circuit, mais peut-être la plus constante. Il ne gagnera d'ailleurs qu'une seule fois sur l'ensemble de la saison : à Nogaro, dans une épreuve de surcroît boycottée pour raisons de sécurité par de nombreux gros concurrents étrangers. Mais ses nombreuses places d'honneur cumulées tout au long de la saison lui permettent finalement de s'imposer d'un petit point devant l'Allemand Anton Mang.

Les débuts d'une immense carrière ? Pas vraiment. À la suite de son titre, l'ancien champion du monde italien, Giacomo Agostini, alors directeur technique Yamaha, envisage de lui offrir un guidon en 500 cm3. Mais l'écurie japonaise préfère finalement privilégier des pilotes américains. Jean-Louis Tournadre repart alors en 250 cm3 sur sa Yamaha. L'année 1983 est un véritable échec : le Clermontois ne collecte aucun point. Il tente alors de relancer sa carrière durant deux saisons en monoplace F3. Pas mieux. En 1986, il revient à ses premières amours et retrouve un guidon chez Suzuki en superbike et en endurance. Mais une chute sur les 6 heures de Suzuka, où il se brise les deux poignets, met définitivement un terme à sa carrière de sportif de haut niveau.

 

 

81e : Laurence Castet-Bénézit - Canoë-Kayak

 

Clermontoise d'adoption, Laurence Castet-Bénézit est née à Bordeaux, le 13 août 1966. Et depuis son plus jeune âge, la Girondine entretient une relation particulière avec l'eau. Même si l'équitation, le VTT et le ski de fond sont passés par là, elle fait de la natation jusqu'à l'âge de 13 ans. Le temps de se lasser des bassins et des allers-retours laborieux.

Elle découvre le kayak grâce à son grand frère Éric. Et tout de suite, elle se prend au jeu, avec des capacités évidentes. « J’ai pris goût à la performance. En plus, alors que les piscines se ressemblent toutes, les rivières offrent des paysages toujours changeants, c’est la liberté », explique-t-elle dans nos colonnes en 2012.

En 2000, Laurence Castet-Bénézit prend sa retraite. À 34 ans. Et laisse derrière elle un sacré palmarès. De 1989 à 2000, elle remporte six titres de championne du monde par équipe (1989, 1991, 1993, 1995, 1996 et 2000). Seule, elle est vice-championne du monde en 1995 et 1996. À ces titres s'ajoutent de nombreuses premières places aux championnats de France.

Bien que la compétition de haut niveau ne fasse plus partie de sa vie depuis dix-neuf ans, l'Auvergnate d'adoption s'autorise toujours quelques sorties. À deux pas de sa maison, qu'elle a fait construire sur les bords de l'Allier. « Je n’ai qu’à prendre le bateau au garage et passer par le jardin ». 

 

 

80e : Ludovic Lemoine - Handisport

Ludovic Lemoine en 2014. Photo franck boileau
 

Très tôt, la vie de Ludovic Lemoine bascule. À l'âge de 5 ans, le Vannetais, né le 25 mai 1986, subit une amputation. On lui détecte une tumeur cancéreuse au fémur droit. Il doit très vite apprendre à se déplacer seul. Baigné depuis sa tendre enfance dans le sport avec un père professeur d'aïkido, il s'inscrit au Véloce Vannetais Handisport, club d'escrime de sa ville natale. Après onze années passées avec Nelly Salomon, son premier maître d'armes, il prend une licence au club chamalièrois de La Rapière en 2006.

En 16 ans de carrière (en cours), Ludovic Lemoine s'est constitué un palmarès hors normes. En fleuret ou au sabre en individuel, il remporte dix titres nationaux et monte à onze reprises sur les podiums internationaux. Par équipe, il décroche quatre médailles d'or aux championnats d'Europe et deux aux championnats du monde.

Aux Jeux Paralympiques, le Chamaliérois d'adoption se fait également remarquer. Au fleuret par équipe à Londres, en 2012, il termine deuxième. Quatre ans plus tard, toujours par équipe, il finit troisième. Entre temps, il est fait chevalier de l'ordre national du Mérite en 2013.

 

 

 

79e : Tony Marsh - Rugby

 

Peu de joueurs ont marqué l'histoire - centenaire - de l'ASM. Tony Marsh fait partie de ceux-là. Le trois-quarts centre d'origine néo-zélandaise arrive en France à l'âge de 26 ans, en provenance des Crusaders. En huit ans de carrière à l'ASM, il joue 160 matchs et inscrit 190 points. Comme de nombreux asémistes avant lui, il ne remporte aucun bouclier de Brennus. Échouant à trois reprises en 1999, 2001 et 2007. Malgré ces échecs, il glane deux Challenges Européens, en 1999 et 2007. Un dernier titre lors de son ultime saison en Auvergne. 

Après trois saisons à Clermont, Tony Marsh est autorisé à jouer pour le XV de France. En 2001, il profite des blessures de Stéphane Glas et Xavier Garbajosa pour intégrer le XV titulaire lors de la tournée d'automne, au côté de Damien Traille. Un duo qui est finalement reconduit toute la saison. L'année d'après, il dispute son unique tournoi des VI Nations. Les Bleus réalisent le Grand Chelem. Tony Marsh finit meilleur marqueur du XV de France avec quatre essais.

Lors de la saison 2002-2003, sa vie prend une toute autre tournure. À la suite d'une prise de sang effectuée dans le cadre du suivi organisé par l'ASM, une anomalie est décelée. Des examens complémentaires diagnostiquent la présence d'une tumeur aux testicules. Il entame une chimio-thérapie à la fin du mois de mars, qui se prolongera jusqu'en mai. Après plusieurs mois de combat et une saison vierge, il arrive à accrocher une place dans le groupe France pour la Coupe du monde 2003. Inespéré. À laquelle les hommes de Bernard Laporte échouent en demi-finale contre l'Angleterre.

Le 12 mai 2007, il joue le dernier match de sa carrière professionnelle au Michelin. Il intègre le staff clermontois pour la saison 2008-2009 comme préparateur physique. Par la suite, Tony Marsh prend en charge l'équipe nationale de Nouvelle-Zélande de squash jusqu'en 2015. Aujourd'hui, il s'occupe de sportifs individuels.

 

Tony Marsh lors de son dernier match au Michelin, le 12 mai 2007. Photo Thierry Nicolas.

 

 

78e : Naipolioni Nalaga - Rugby

Rugby Top 14 ASM contre Bayonne, Nalaga, Clermont le 31/01/2009 Photo R Brunel.
 

Des supporters asémistes aux amateurs de rugby, tous se souviennent des raffuts de Naipolioni Nalaga... Né à Sigatoka aux Fidji le 7 avril 1986, il tape dans l'œil du staff auvergnat en 2006, durant la Coupe du monde des moins de 21 ans. Recruté par le club clermontois, il est très vite positionné à l'aile.

La révélation intervient au cours de la saison 2007-2008. Une moitié de saison plutôt. Aurélien Rougerie et Julien Malzieu retenus avec le XV de France pour le Tournoi des VI Nations, le Fidjien inscrit 18 essais en seize matchs avec Clermont. Bis repetita la saison d'après. Désormais titulaire indiscutable, il termine meilleur marqueur avec la bagatelle de 21 réalisations. Des exploits qui lui vaudront le titre de meilleur joueur de la saison 2008-2009.

Toujours aussi important dans les plans de jeu asémistes, le Fidjien brille moins à partir de la saison 2009-2010. Cette année-là, il inscrit treize essais toutes compétitions confondues. Mais un essai restera à jamais gravé dans la mémoire des supporters clermontois. Celui contre Perpignan, le 29 mai 2010, en finale de Top 14. Le seul de la partie, remportée par l'ASM 19 à 6. Et un titre de champion de France. Le premier.

Après une escale dans son pays natal en 2011 et une saison à la Western Force en Australie (pendant l'exercice 2011-2012), il revient en Auvergne après avoir signé un contrat de cinq ans. Il ne jouera que trois des cinq années de son contrat. Le temps de voir le joueur décliner lentement. Les exploits individuels de ses débuts n'étant que de lointains souvenirs. 

En 2015, il s'engage en faveur de Lyon, alors en Pro D2. Il est déterminant dans le titre de champion de France des Rhodaniens en marquant treize essais en douze matchs. L'année d'après, il joue un rôle important dans le maintien du club en Top 14. Il décide de tenter une nouvelle expérience de l'autre côté de la Manche, où il s'engage avec les London Irish l'année d'après. Malheureusement, l'ailier ne joue que trois matchs et la formation londonienne descend en deuxième division... À 33 ans, l'ancienne gloire de l'ASM s'est un peu perdue. Mais les souvenirs des supporters clermontois et amateurs de rugby sont quant à eux toujours intacts et témoignent du joueur fantastique qu'il a été.

 

 

77e : Alice Modolo - Apnée

Alice Modolo, vice championne du monde d'Apnee, Chamalieres le 23/10/2018 Photo R Brunel

 

Née en 1984 à Clermont, Alice Modolo découvre la plongée à l'âge de 13 ans. Trop petite, la jeune fille obtient une dérogation. « Je voulais voir ce qu'il y avait au fond. » Mais pour passer le niveau 2 de plongée bouteille, il faut avoir 16 ans. Trop long pour l'Auvergnate, qui abandonne. Elle reprend à 18 ans et commence à s'entraîner au club d'activités subaquatiques de Chamalières. C'est à cet instant qu'elle découvre, dans le couloir voisin, le travail des apnéistes. Pour elle, c'est la révélation. Depuis ce jour, elle n'a plus jamais remis les bouteilles et six mois plus tard, elle décroche une médaille de bronze aux championnats de France. L'objectif d'Alice Modolo est simple. À l'aide d'une monopalme, elle souhaite nager la plus grande distance sans respirer. Un objectif et une détermination qui lui permettent d'être championne de France en 2008 et recordwoman de France à 185 mètres, en 2013. 

Elle découvre la plongée en mer en 2010, du côté de la Côte-d'Azur. Les performances ne suivent pas immédiatement. L'apnéiste Jean-Michel Pradon lui propose de l'accompagner lors d'une descente. C'est un déclic. Le temps passe, et petit à petit, les résultats commencent à venir. En 2013, elle fait le grand saut et part s'installer du côté de Nice. L'effet est immédiat. Elle plonge à 81 mètres et fait tomber le record de France. Mais l'apnée n'est pas l'unique motif de ce déménagement. Il y a aussi une raison professionnelle. Car la Clermontoise est également dentiste. Et pendant cinq ans, elle délaisse l'apnée pour se consacrer à son cabinet. Cinq ans de galère pour installer son activité. 

Pourtant, cela n'empêche pas Alice Modolo de tourner dans le clip de Beyoncé
« Runnin », en compagnie d'un autre apnéiste, Guillaume Néry. Aujourd'hui, le clip comptabilise plus de 367 millions de vues sur YouTube

Trois ans plus tard, en 2018, elle décide de reprendre l'entraînement, avec un objectif en tête : récupérer le record de France, poussé à 83 mètres. Par la suite, elle réalise trois performances exceptionnelles durant la Vertical Blue et établit un nouveau record de France. En juin, elle ajoute une ligne à son palmarès en battant le record de France en - 80 m poids constant monopalme lors des championnats de France. Une performance en plus pour celle qui, en 2012, a également été vice-championne du monde d'apnée.

 

 

Crédit : Daan Verhoeven.
 

 

Le classement :

77e : Alice Modolo (Apnée)

78e : Napolioni Nalaga (Rugby)

79e : Tony Marsh (Rugby)

80e : Ludovic Lemoine (Handisport)

81e : Laurence Castet-Bénézit (Canoë-Kayak)

82e : Jean-Louis Tournadre (Moto)

83e : Geoffroy Mathieu (Natation)

84e : Sébastien Foucras (Ski alpin)

85e : Gwladys Nocera (Golf)

86e : Jean Pellez (Athlétisme)

87e : Jean-Aimé Toupane (Basket-Ball)

88e : Paoline Salagnac (Basket-Ball)

89e : Adrien Morillas (moto)

90e : Marcel Duriez (athlétisme)

91e : René Soulier (athlétisme)

92e : Andrzej Szarmach (football)

93e : Thierry Coutard (football)

94e : Marie Tari (volley-ball)

95e : Jean-François Phliponeau (rugby)

96e : Thierry Bourdin (lutte)

97e : Thierry Charbonnier (moto)

98e : Eric Nicol (rugby)

99e : Charles Tassin (basket-ball)

100e : Georges Groine (sport automobile)

 

Retrouvez les sportifs classés de la 100e à la 95e place

Retrouvez les sportifs classés de la 94e à la 89e place

Retrouvez les sportifs classés de la 88e à la 83e place

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