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Photo © Jean-Louis GORCE

Stade Marcombes : une dernière foulée en guise d'adieu

Depuis samedi, l’accès au stade Philippe-Marcombes à Clermont est interdit. C’est le début des grands travaux de rénovation qui devraient se terminer en 2021. Mais pour une centaine d’habitués, pas question de partir sans une dernière course dans le stade séculaire.

Malgré leur siècle d’existence, les gradins du Philippe-­Marcombes n’ont pas dû souvent avoir cette allure. Vendredi soir, quiches, pizzas, gâteaux et bouteilles jonchaient la tribune. C’est qu’on a beau être sportif, on n’en reste pas moins festif. Une centaine d’habitués du stade avait répondu à l’appel de la Marcombe’s Team Running pour un dernier adieu. 

Un bel apéro donc, de la musique et un groupe de grapheurs pour profiter des murs. Mais avant toute chose, une course. Un relais 4x400 pour la forme. Histoire de foulée une dernière fois la piste du Marcombes. 

Marcel n’a pas couru. La faute à une pointe derrière la cuisse. « Et à mes 72 ans aussi », rigole-t-­il. La piste, il la connaît par cœur. « Je l’ai connu en terre battue, quand le synthétique n’existait pas. » On parle d’une époque où « la course sur route n’existait pas », où courir dehors vous faisait passer pour un fou. « On ne courrait que sur piste, alors oui, ce soir, je suis nostalgique. » 

« Là, on dirait un stade de l’ex-URSS »



Ici, Marcel Cavatz est chez lui. Une première licence en 1960. Plusieurs records régionaux. L’équipe de France. La compétition jusqu’à 42 ans et puis l’entraînement des jeunes, dont douze athlètes internationaux. « Je v enais m’entraîner à 19 heures, après le travail. L’hiver, on était seul avec mon entraîneur. » Ce dévouement, il a voulu le rendre. À Timothée Bommier qui dé­tient le record français au marathon de Paris (2 h 14). Il est venu, lui aussi, pour un dernier tour de piste. « J’ai tout appris ici. La souffrance et l’amitié. C’est un stade mythique. J’ai toujours l’impression que c’est mon stade, mais on a tous cette impression je crois. Et puis, il a bien besoin de travaux, là on dirait un stade de l’ex-­URSS. » 

Timothée et son équipe recevront la coupe pour ce 4x400 entre amis. Les moins sportifs avaient déjà commencé à régler leur sort aux quiches et aux pizzas. Sur les t-shirts, le nom de cette soirée : la dernière séance. Le rideau est tombé, mais le film n’est pas terminé. Un simple entracte en attendant de repartir, pour un siècle peut-­être.


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