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Photo © CHAREYRON Pascal

Stade Aurillacois : la parole aux anciens avant Nevers

Le Stade Aurillacois va vivre à Nevers un moment important de son histoire, ce dimanche (14 h 30). Un match pour le maintien en Pro D2. Le club s'était déjà retrouvé dans pareille situation lors de la saison 2005-2006. Les joueurs de l'époque témoignent.

Fayçal Boukanoucha, ancien troisième-ligne

« On avait vécu une saison compliquée avec un gros trou pendant l'hiver. Mais on avait fait le max en fin de saison pour se sauver. Et puis notre buteur avait retrouvé le chemin des poteaux au bon moment. La dernière semaine avait été très particulière. À un moment, les entraîneurs ne peuvent plus rien faire parce que le terrain appartient aux joueurs. On avait tous envie de laisser le club en Pro D2 parce qu'on y était tous très attaché. Il y avait de la pression parce que les enjeux sont énormes. Et même si beaucoup de joueurs avaient des incertitudes concernant leur avenir on s'est remobilisé et on s'est envoyé comme pas possible. Dans ce genre de situation, il faut essayer de se préserver et ne prendre que le positif qui arrive de l'extérieur.
Aujourd'hui, beaucoup de gens comptent sur le groupe. Ils ont déjà fait des gros matchs cette saison même s'il y a eu pas mal d'aléas défavorables qui font qu'on en est là. Il faut oublier le passé et tout donner sur ce match. Il faut jouer pour tout un club. »


 

Stéphane Borel, ancien demi-de-mêlée

« En tant que joueur, c'est une situation délicate à appréhender, c'est toujours difficile de jouer des matchs de descente. Durant la semaine qui avait précédé ce match à Béziers, on s'était tous resserré. On restait sur une grosse série de victoires et on avait tous cette envie d'aller au bout. On avait envie de tuer tout le monde. Si ce sont deux époques différentes et difficiles à comparer, le rugby ça reste du combat, il faut se sortir les doigts. Ce que je sais, c'est que si les joueurs ne se donnent pas jusqu'au bout à Nevers, ils vont le regretter. A Béziers, on regrettait de ne pas avoir plus joué. On était allé sur le terrain avec la peur au ventre comme on savait qu'on n'avait pas notre destin en main. Là, ils l'ont donc il faudra tout donner de la 1re minute à la 80e et au-delà s'il faut. C'est un club qui lutte depuis des années, il y a des gens qui se battent tous les jours pour que le club en soit là. Il faudra se battre du début à la fin mais j'ai confiance. »

 

Franck Membrado, ancien pilier

« Une descente, ça ne se joue pas sur la dernière semaine. Si tu en es là, c'est que tu as eu une saison difficile. Nous, on avait perdu Fabien Domingo dès le début de saison et puis on avait eu un buteur déficient à ce moment-là. Un match pour la descente, c'est comme un match de phases finales. Il faut l'aborder avec beaucoup de concentration et se donner le plus de chances possibles de se sauver. Ce n'est jamais simple d'avoir la vie de tout un club entre les mains. Il faut tout donner pour le faire. Le staff doit tout faire pour emmener les joueurs au jour du match dans les meilleures conditions. Après, c'est aux mecs de faire le boulot. Je suppose que depuis la défaite contre Biarritz c'est un moment compliqué à vivre pour le groupe. Nous, à l'époque on était peut-être plus proches des supporters que les joueurs actuels, mais à mon avis la pression est la même. »

 

Roméo Gontinéac, ancien trois-quart centre

« En 2005-2006, notre saison ne s'était pas jouée sur le dernier match même si en cas de victoire à Béziers on aurait pu se sauver. Eux, ils jouaient la qualification et on avait perdu au terme d'un match très délicat. Mais la descente s'était jouée sur la longueur. On avait eu beaucoup de cadres blessés et il avait fallu gérer beaucoup d'internationaux qui n'étaient pas toujours là.

Pour ce qui est de l'équipe actuelle, je pense qu'il y a beaucoup de qualité dans ce groupe et qu'il est capable de se sauver en Pro D2. S'ils ont pu battre une équipe comme Brive qui est armée pour le Top 14 alors pourquoi pas faire un résultat à Nevers ? Tout se jouera sur les détails techniques et tactiques. Mais aussi sur la compatibilité entre les joueurs. Je suis sûr qu'ils ont tous de l'orgueil et qu'ils veulent tous aller chercher ce maintien. Cette équipe est capable de le faire. »

 

 

Jean-François Viars, ancien arrière

« On était dans une situation où on avait l’obligation de gagner à Béziers qui jouait lui, sa place pour les phases finales. Contrairement au Stade Aurillacois de cette saison, nous, nous n’avions pas de marge de manœuvre. On avait passé une semaine délicate. On s’était préparé en se disant que chaque geste, chaque prise d’initiative, chaque décision qu’on allait prendre sur le terrain pouvait avoir des conséquences importantes par la suite. Les entraîneurs avaient essayé de faire abstraction du contexte pour nous sensibiliser uniquement sur le jeu. Le plus important, je crois, c’était surtout de faire en sorte que l’enjeu ne prenne pas le pas sur le jeu. Beaucoup d’Aurillacois s’étaient moblisés et étaient venus à Béziers nous supporter. Il y avait un vrai sentiment que toute la ville d’Aurillac était impliquée dans ce match capital que nous avions malheureusement perdu. »


 

Walter Olombel, ancien ailier

« On venait d'aligner huit victoires mais on n'a pas réussi à aller chercher la neuvième pour se sauver. On avait passé une dernière semaine normale. On avait joué notre chance à fond. On avait vécu une saison compliquée avec la blessure de Domingo dès le début et puis on avait eu des problèmes de buteur. On avait fait un très mauvais début de saison et on partait de trop loin. Même si on était sur une dynamique très positive, on était tombé sur une équipe de Béziers qui jouait sa qualification. Ce n'est pas la peine de trop en faire dans ce genre de situation. La motivation est là naturellement. Chacun le vit à sa façon. Même si dans le groupe ça bosse sérieusement, il est impossible de ne pas être parasité par ce qui se dit à l'extérieur. Il faut essayer de faire abstraction. Comme aujourd'hui, on était aussi dépendants de ce qui se passait sur les autres terrains. Mais le jour du match, tu ne penses qu'à ton match. Tu joues ça comme une rencontre de phases finales. C'est aussi important que de jouer pour une qualification. Il faut être à 150 % au niveau mental. »

 

Propos recueillis par Nourredine Regaieg et Vincent Balmisse

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