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Photo © Florianne Verne

Sophie Almeida : "J'ai pensé mourir !"

Désignée leader de la DN femmes Auvergne-Rhône-Alpes dimanche au Grand Prix de Fourmies, toute nouvelle course pro, Sophie Almeida a dû surmonter sa peur dans le sprint massif pour finalement se classer 6e et première amateur. De loin la meilleure performance de la jeune (23 ans) sociétaire du Vélo Club Ambertois.

Dix points UCI marqués d'un coup. C'est la performance XXL réalisée par la Puydômoise Sophie Almeida, 23 ans, à l'occasion du premier Grand Prix de Fourmies La Voix du Nord, une épreuve professionnelle (catégorie 1.2) qu'elle a terminée à la 6e place et première amateur.

Si l'Auvergnate licenciée au Vélo Club Ambertois se considère comme une puncheuse, elle possède d'indéniables qualités de sprinteuse, qu'elle a mises en valeur lors de l'emballage final, quand une soixantaine de filles se sont disputées la victoire, au terme de 120 km de course.

« Le sprint était très dangereux »

Elle a cependant eu la peur de sa vie, sur un vélo, lorsque le rythme s'est accéléré à l'approche de la ligne et qu'elle a dû prendre des risques pour rester bien placée, parmi les premières positions du peloton.

« Ce n'était pas évident, raconte-t-elle. La plupart des grosses équipes ont l'habitude d'emmener des filles pour le sprint en plaçant un train devant elles. Moi, je n'en avais pas. Il a fallu que je me faufile, que je réussisse à me replacer dans le dernier kilomètre. Je n'avais jamais fait un sprint massif et encore moins à ce niveau là. C'est vrai que j'aime bien les sprints, mais à vingt ou à trente. Là, on était beaucoup plus (58 filles classées dans le même temps que la vainqueur, la Vietnamienne Thi N'Guyen, de la Lotto-Soudal, ndlr). Il y avait des vagues, ça frottait énormément. C'était très dangereux. J'ai vraiment pensé mourir ! »

« Franchement, j'ai eu très peur »

La jeune femme, désignée leader de son équipe, a dû surmonter l'angoisse de se retrouver au sol. Une chute à pleine vitesse à laquelle il ne faut pas penser dans ces moments-là.

« Franchement, j'ai eu très peur, mais je me suis dit : il faut y aller ! J'avais la pression, j'étais la leader (de la DN Auvergne-Rhône-Alpes, ndlr) pour cette course, avec l'objectif très clairement de faire un top 10. L'équipe m'a vraiment accompagné tout le long, je n'avais pas d'autre choix que de sprinter. J'ai réussi à me ressaisir. On débranche le cerveau. A trois kilomètres de l'arrivée, il ne faut plus réfléchir... »

Après cette course dans le Nord, à proximité de la Belgique, l'Auvergnate a enchaîné le lendemain par le Grand Prix d'Issoire, qu'elle a fini dans le peloton, à la 34e place, mais devant son frère, Pierre, qui n'a pas pris part au sprint final.

« J'ai charrié mon frère » 

Sophie Almeida (VC Ambert) va défendre sa 7e place au général de la Coupe de France dames, dimanche prochain à la Classique des Pyrénées.

« Je l'ai charrié, c'est de bonne guerre », s'amuse la jeune femme, qui a bien tenu les roues des coureurs de première catégorie du Team Pro Immo (DN1) et de l'USP Issoire (DN3). « C'est la seule course de l'année que je peux faire avec mon frère (avec de réelles chances de rester dans le peloton sur le circuit plat des boulevards issoiriens, ndlr), j'ai voulu en profiter. Cela s'est bien passé. Je n'avais pas mal aux jambes, j'avais même de meilleures sensations que la veille. »

Ce week-end, elle changera complètement de cadre, en prenant part à la 7e et dernière manche de Coupe de France dames, dans les Pyrénées, toujours avec la DN AuRA. Sophie risque d'être moins à l'aise sur un profil montagneux, mais table sur sa forme du moment « pour perdre le moins de places possibles au général ».

A l'issue des cinq premières manches, l'Ambertoise occupe la 7e place.

On saura dimanche soir si elle a également franchi un pallier dans les montées.

Raphaël Rochette

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