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Romain Bardet explique pourquoi il vient s'entraîner sur piste à Bourges

Habitué des podiums du Tour de France, Romain Bardet s'entraînait ce mercredi à Bourges, sur le vélodrome du Creps. Un exercice que le vice-champion du monde 2018 effectue de manière régulière cet hiver. Le coureur d'AG2R La Mondiale explique pourquoi.

Que venez-vous faire à Bourges ?

« Je viens préparer ma nouvelle saison. J'ai rattaqué plus tôt l'entraînement, ce qui me permet de travailler des qualités un peu différentes, que je n'ai pas forcément le temps de travailler pendant le reste de l'année. C'est avec plaisir que j'ai rencontré Léonard (Cosnier, entraîneur au Pôle Centre-Val de Loire, basé à Bourges, NDLR) lors de ma première prise de contact avec la piste à Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines, où se situe le vélodrome national). En relation avec la Fédération et la DTN (Direction technique nationale) , on a convenu que Bourges était plus pratique pour moi (il vit à côté de Clermont-Ferrand) et pour Léo. L'idée, c'est que je puisse poursuivre ce travail quand mon plan d'entraînement le permet. Bourges, c'est l'endroit idéal. »

"L'hiver, c'est très compliqué de faire des efforts maximum dans le froid. Et puis, ça me permet de travailler différemment. Je fais plus de qualité ici sur la piste avec la moto, des exercices bien spécifiques. Ça me permet de travailler à plus haute intensité que sur route."

Romain Bardet (Leader de l'équipe AG2R La Mondiale)

L'idée, c'est de travailler spécifiquement le contre-la-montre ?

« Pas spécialement, je viens surtout travailler un coup de pédale particulier sur la piste. Cela me permet de travailler des allures de poursuite. J'essaie de venir deux fois par mois sur la période hivernale, ce qui n'est pas énorme en terme de charge de travail. Je ne vais pas devenir un pistard, loin de là. C'est l'idée d'agrémenter l'hiver par des séances un petit peu spécifiques sur la piste, de casser un petit peu la routine. »

 

L'an dernier, Bryan Coquard nous disait que la piste permet de travailler sur des efforts à haute intensité que l'on peut difficilement travailler sur route. C'est ce que vous venez chercher ?

« Exactement. C'est vraiment le but. On voit la météo, il fait froid. L'hiver, c'est très compliqué de faire des efforts maximum dans le froid. Et puis, ça me permet de travailler différemment. J'enlève un petit peu de volume à mes journées. Je fais plus de qualité ici sur la piste avec la moto, des exercices bien spécifiques. Ça me permet de travailler à plus haute intensité que sur route. »

 

Quand on est habitué à avoir des paysages qui changent, qu'est-ce que cela fait de se retrouver enfermé dans un vélodrome ?

« (Sourire) Pour l'instant, cela ne reste que deux jours par mois. On a vu avec Léo, je vais essayer de revenir un petit peu en saison de temps en temps. Si j'arrive à revenir une fois par mois quand les courses vont rattaquer, ce sera un peu le bout du monde. C'est clair que je ne vais pas passer pistard demain, mais je pense qu'il y a de belles choses à aller chercher ici. Quelques gains à faire. Et puis surtout, cela me permet de travailler différemment. C'est ma neuvième saison pro, c'est important de se renouveler un petit peu pour continuer à progresser. »

"Je vais essayer de revenir un petit peu en saison de temps en temps. Cela me permet de travailler différemment. C'est ma neuvième saison pro, c'est important de se renouveler un petit peu pour continuer à progresser."

Romain Bardet (Leader de l'équipe AG2R La Mondiale)

Vous arrivez à y prendre du plaisir ?

« C'est vraiment du plaisir ! J'en avais fait un petit peu étant cadet (il avait notamment disputé des championnats de France à Hyères) donc je n'ai eu aucune appréhension. Donc, il n'y a aucun problème de ce côté-là. »

 

La démarche est venue de vous, ou c'est suite à une discussion avec votre équipe ?

« C'était ma volonté de venir sur la piste. J'ai rattaqué un mois avant tout le monde, je voulais le mettre à profit pour travailler de nouvelles qualités. Je fais quelques cyclo-cross aussi. Ça me permet de passer un hiver, jusqu'à mon départ en Australie (en janvier), où j'aurai touché différentes choses sans non plus commencer à m'user, à faire beaucoup de volume. C'est un juste milieu. Pour l'instant, je suis très content de la façon dont l'hiver se passe. »

 

Qu'attendez-vous comme résultat concret pour la route ?

« Je pense que ça peut me faire du bien sur la rondeur du coup de pédale, sur mon efficacité à travailler à haute vitesse, en position aérodynamique. Je veux travailler ma force maximale. Je combine les exercices de musculation à mes séances sur piste. Je fais à la fois du vélo de peloton et du vélo de poursuite. Je ne m'attends pas à des gains énormes, il faudrait que je vienne toutes les semaines au moins deux jours par semaine. Avec deux jours par mois sur trois ou quatre mois plus le travail pendant la saison, j'espère sentir quand même quelques bienfaits. »

"J'espère des apports en termes de punch, d'explositivité, de force maximale. Il y a cette volonté de contrecarrer les effets d'une carrière, où l'on empile les heures et les kilomètres, par des exercices spécifiques et un peu dynamiques."

Romain Bardet (Leader de l'équipe AG2R La Mondiale)

Ces gains pourront se mesurer sur quels types d'efforts ?

« J'espère des apports en termes de punch, d'explosivité, de force maximale. On fait quand même beaucoup, beaucoup de kilomètres. On a des fois la force maximale qui a tendance, au fil de la saison, à s'étioler un petit peu. Il y a cette volonté de contrecarrer les effets d'une carrière, où l'on empile les heures et les kilomètres, par des exercices spécifiques et un peu dynamiques. »

 

Êtes-vous toujours tout seul sur la piste ?

« Souvent, je roule tout seul. Là (ce mercredi après-midi), c'est cool qu'il y ait les filles du Pôle cet après-midi sur place. Ça va être sympa, ça va faire un peu de monde avec qui rouler. »

 

Ce n'est pas trop monotone de tourner sur le vélodrome ?

« Non, parce que j'ai la chance d'avoir la moto. Mais après, ça reste assez court. Quand je viens, on essaye de faire 1 h 15 le matin, 1 h 15 l'après-midi. Avec des exercices bien spécifiques, cela suffit. J'ai mon compte. »

 

L'accompagnement des séances est fait par Léonard Cosnier ?

« Il est en relation étroite avec mon entraîneur. On s'est bien briefé sur ce que l'on voulait. J'ai la chance de bénéficier de son expérience, de son ressenti. On s'éclate bien à travailler ensemble. »

 

Propos recueillis par Antonin Bisson et Ludovic Aurégan

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