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Photo © Pierre COUBLE

Ribeyrolles (ASM Romagnat) : "Pas un jour sans que je pense à ce match"

Pour la première fois de son histoire, l'ASM Romagnat jouera un quart de finale de première division, samedi (16 h 30), contre Bayonne. Avant la rencontre la plus importante du club, l'entraîneur romagnatois Fabrice Riberyolles revient sur cette saison historique et les clefs de ce choc à venir.

C'est la première fois que votre équipe atteint les phases finales. Quel sentiment prédomine avant ce quart de finale ? 

« De la fierté. Celle d'avoir atteint ce premier objectif. De voir l'évolution du club depuis maintenant trois ans et notre montée en première division. Il y a trois ans on était le petit qui avait du mal à s'en sortir. Aujourd'hui nous sommes troisièmes de notre poule et qualifiés pour les quarts de finale. Il y a une évolution constante du club en termes de structuration et du niveau de jeu des filles. Le résultat de notre travail entamé il y a trois ans a payé ses fruits. 
Maintenant on va commencer à goûter aux choses intéressantes : les phases finales. Et on a envie de faire honneur à notre classement ainsi qu'à notre travail.

Quel bilan tirez-vous de cette troisième saison dans l'élite du rugby français ?

On savait que cela serait compliqué. On a fait de très belles prestations à domicile, notamment contre les grosses équipes du championnat, Montpellier et Blagnac. Chaque fois nous n'étions pas très loin de les accrocher, ce qui est très positif. Nous avons également réalisé de bonnes prestations à l'extérieur, contre le Stade Français notamment. Nous sommes allés nous relancer à Rennes, même si on fait un faux pas contre cette équipe à domicile. Dans l'ensemble, on a été cohérent, en termes de combat, de jeu, de conquête. 
J'espère que ce quart sera le résumé de tous les bons moments de la saison.

Quel était l'objectif du club au moment de sa montée en première division il y a trois ans ?

Se maintenir. Tant que c'était le Top 8. Nous ne sommes pas dans une région où le rugby féminin est très développé. On n'a pas beaucoup de moyens pour recruter. L'objectif maintenant est de mettre les filles dans les meilleures conditions pour travailler dans la durée. Au niveau de la formation notamment. On fait aussi un peu de recrutement ciblé avec nos moyens et faire venir des filles avec du potentiel, pour les former. Et pour la formation il faut du temps. Donc ces premières années il fallait se maintenir.
Avec la réforme d'une 1re division à 16 équipes, nous étions partis avec l'objectif de nous qualifier pour les phases finales, ce qui était le minimum. Chaque année on gravit une étape. L'année prochaine j'espère qu'on en gravira une autre.

Bayonne, votre adversaire samedi, est la 3e attaque du championnat... Quel regard portez-vous sur cette équipe ?

C'est une équipe solide, notamment devant sur les phases de conquête. C'est une formation avec une belle animation et une belle charnière. D'ailleurs la numéro neuf joue en équipe de France.
Après nous avons travaillé défensivement pour réussir à contenir cette équipe, pour les empêcher de jouer. Si on arrive à contrer leurs offensives, on pourra peut-être les mettre en difficulté. Dans le cas contraire, on risque de passer une mauvaise soirée.

Pour beaucoup de vos joueuses, ces phases finales seront une première... Vous n'avez pas peur que ce match se joue là-dessus ?

Bayonne est dans le même cas ! Après on a vécu ça il y a trois ans avec la montée en première division. Il y a quand même un groupe qui a déjà vécu les phases finales. L'expérience des entraîneurs fait que nous les préparons au mieux pour jouer ce genre de matchs.
Et c'est Bayonne qui a la pression. C'est ce que nous avons dit aux filles. On se déplace. On sait que si on gagne, ce sera un exploit. Quand on voit les barrages de Top 14, très peu d'équipes s'imposent à l'extérieur. Et lorsque l'une d'elles réussit, c'est un exploit. Nous allons tenter de réussir un exploit.

Comment prépare-t-on ces matchs couperets quand on est entraîneur ? Pour ne pas que les joueuses ressentent de pression notamment...

On le prépare comme un match normal. En étant un peu plus précis car nous avons plus de temps. On a eu un mois pour le préparer. Nous avons beaucoup plus accentué notre travail sur certains aspects. On est vraiment plus dans l'exigence, sur le travail vidéo, la préparation physique. Je pense qu'on sera en place pour faire un très bon match. Progressivement, on a fait monter la pression aussi au fil des quatre semaines. Cette semaine, on n'arrête pas de parler du contexte.

Et vous, en tant qu'entraîneur, vous pensez régulièrement à cette rencontre à venir ?

Toujours. Je suis un compétiteur donc je veux tout faire pour gagner. Surtout des matchs comme ceux-là où nous ne sommes pas favoris. Cela fait plus de trois semaines que l'on connaît notre adversaire et je pense qu'il n'y a pas une journée sans que je pense à ce match. 
La nuit, quand je me réveille, j'y pense. Pourtant, j'ai une certaine expérience. Mais c'est toujours pareil. Il y a constamment cette envie de réussir quelque chose, de prouver que l'on a bien travaillé. »

 

Propos recueillis par Jéraud Mouchet

Le groupe. Toutes les Romagnatoises seront disponibles pour le match de samedi. "Une joueuse qui est en stage en Irlande nous rejoint en avion pour le match tandis qu'une deuxième, qui travaillait sur Orléans pendant deux semaines est revenue ce lundi", a précisé Fabrice Ribeyrolles.

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