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Papadakis et Cizeron lancent leur saison

« Slam poétique » et gestuelle contemporaine : fidèles à leur ADN, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ne dérogent pas cette saison encore à leur ambition artistique de faire explorer à la danse sur glace de nouveaux horizons.

C'est ce vendredi et ce samedi, sur la glace de Villard-de-Lans (Isère), qui accueille le Masters, traditionnelle compétition nationale de début de saison, que Papadakis et Cizeron, 24 ans tous les deux, vont dévoiler pour la première fois leurs deux nouvelles créations.

Leur parti pris pour la danse libre, leur exercice de prédilection, ne devrait pas passer inaperçu. C'est sur un « slam poétique », comme le décrit à l'AFP leur entraîneur Romain Haguenauer, précisément les paroles parlées du titre « Find Me » de l'artiste canadien Forest Blakk, mixé et arrangé avec une composition du musicien islandais Olafur Arnalds, que les vice-champions olympiques 2018, quadruples champions du monde et quintuples champions d'Europe, qui ont fait de la modernité et de l'audace leur marque de fabrique, ont choisi de patiner.

« Utiliser un poème, des mots, quelque chose d'autre que purement de la musique, une mélodie, c'était une idée qui était sur la table depuis plusieurs années », raconte Haguenauer.

 

« Hyper novateur »

 

« On voulait se baser sur un texte, quelque chose qui avait du sens, explorer une autre dimension dans la manière de bouger, être un peu moins lyrique », poursuit l'entraîneur français, que ses élèves ont suivi à Montréal il y a maintenant cinq ans. « Ces mots sont déclinés en rythme et on utilise toutes ces nuances, bien sûr il faut qu'on patine sur un rythme audible, c'est obligatoire en danse, mais on va chercher aussi le rythme donné par les mots. » « C'est hyper novateur », souligne-t-il.

Dans la chorégraphie, élaborée sous la houlette de Marie-France Dubreuil, qui dirige avec Patrice Lauzon le centre d'entraînement où sont basés Papadakis et Cizeron, ça se traduit par une approche « plus contemporaine que les années d'avant », situe Haguenauer. « A travers des gestes plus saccadés, des lignes plus brisées, avec plus de rupture dans les mouvements, plus en contraction, en alternant avec la fluidité, la facilité, qui sont leurs qualités principales », détaille-t-il.

« Cela fait un produit final très, très différent de ce qu'on a (déjà) vu. C'est une autre dimension de mouvement par rapport à la musique que je n'ai jamais vu en patinage », résume-t-il.

« Ce n'est pas du tout froid, la musique avec les paroles, le rythme et l'accélération, c'est très chaleureux au contraire, très prenant », estime Haguenauer.

 

Fun sur « Fame »

 

Avant de patiner leur programme libre samedi, Papadakis et Cizeron étrenneront leur danse rythmique dès vendredi, sur les notes de « Fame », « un peu disco et assez dansantes, connues partout mais qui ont très rarement été utilisées », explique l'entraîneur, qui en a imaginé la chorégraphie.

Après avoir « trouvé ça un peu kitsch au début », le duo de danseurs a été convaincu par le rendu des premières séances de travail.

« Cela les change beaucoup aussi. Le côté fun de leur personnalité ressort plus que dans tous les autres programmes qu'on avait déjà faits. C'est intéressant parce que, finalement, c'est la première fois qu'ils interprètent une histoire déjà écrite », développe Haguenauer.

Si, contrairement à l'année post-olympique où ils avaient pris le temps de souffler, Papadakis et Cizeron se sont remis au travail sans tarder au printemps, ils disposeront encore de cinq semaines après ce rendez-vous de rentrée pour peaufiner leurs deux programmes avant d'entrer en lice en Grand Prix, les 1er et 2 novembre à Grenoble. Suivra l'étape dans le nord du Japon, à Sapporo, trois semaines plus tard, avant la prestigieuse finale, début décembre à Turin.

Puis viendront en deuxième moitié d'hiver les Championnats d'Europe, fin janvier à Graz, en Autriche, et les Championnats du monde, mi-mars à Montréal. Leur deuxième maison.

 

(Avec AFP)

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