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Photo © Richard BRUNEL

Mondiaux : Renaud Lavillenie « en outsider » à Doha

Renaud Lavillenie, son frère Valentin et Alioune Sene. Les trois perchistes clermontois enfilent le maillot tricolore pour les qualifications de la perche, ce samedi, à Doha. Et le premier vise une médaille en finale.

Comment s’est passée votre préparation d’avant Mondiaux ?

« J’ai surtout travaillé sur le plan physique pour arriver en forme aux championnats. En sprint, courses, muscu, je suis bien dans les clous. Côté perche, j’ai du rythme, de l’engagement. Mais clairement je manque de sauts sur l’ensemble de la saison. »

Sur quel élan sauterez-vous à Doha ?

« L’élan complet, sur 20 foulées. Si je veux me donner les moyens de faire quelque chose, je n’ai pas le choix. »

Considérez-vous avoir rattrapé votre retard de début de saison ?

« Non, il était trop conséquent. Les cinq mois sans perche, je ne les ai pas rattrapés. Or je suis quelqu’un qui a besoin de sauter. Il y a des choses bien en place mais j’ai moins de moyens et moins de régularité. »

Néanmoins vous n’avez plus de douleur ?

« J’ai juste une gêne au niveau du fessier gauche, une tension gérable. Sinon, effectivement, plus rien au niveau du genou droit. »

Votre rang de 7e performeur mondial (5,85 m) vous place-t-il à celui d’outsider ?

« C’est le cas. Je ne suis pas un favori, je n’ai rien fait qui le justifierait, d’autant plus vu le niveau de la concurrence. C’est un statut différent, nouveau. À ce niveau, j’ai moins de pression que ceux qu’on attend. Mais il ne faut pas s’attarder là­-dessus : un statut ne fait pas la décision à la fin. »

Quels sont les favoris, selon vous ?

« Il y a trois mecs qui ont passé deux fois 6 mètres : Lysek, Kendricks et Duplantis. Ce sont forcément eux. Mais le truc, c’est que c’est un concours de perche ; l’étiquette n’y changera rien. Sur une compétition, sur un jour, tout est possible. »

Cela vaut pour les trois Français ?

« Ça, c’est assez exceptionnel : trois perchistes du même club (Clermont AA), et qui ont une vraie histoire avec ce club, à représenter la France ! Quel autre fait aussi bien ? Pour eux donc, Valentin et Alioune, l’objectif est de passer en finale et de jouer leur carte ensuite. »

Importantes ces qualifications, demain ?

« Il ne faut pas les sous-estimer : il s’agira d’une compétition à part entière. Personnellement, je n’ai jamais eu de problème par rapport à ça, mais je ne vais pas les prendre à la légère. En 2015, 16 perchistes avaient passé 5,70 m. Ça peut être un concours intense. »

Et après ?

« Je ferai mon maximum pour une médaille. Dans une finale (mardi) où je n’ai pas de marge ni de droit à la moindre erreur, où ça se jouera à la barre près. En étant lucide, pour moi, le podium est très compliqué et le titre encore plus. Mais les deux ne sont pas impossibles. Pour cela je dois mettre en place mon saut et compter sur un soupçon de réussite. »

Vous venez de fêter vos 33 ans : avantage ou inconvénient ?

« Je ne suis pas plus rapide et pas plus efficace et je récupère un peu moins vite que par le passé. Mais j’ai un peu plus de sagesse et d’expérience et je ne me sens pas dépassé. Il faut avancer et je m’en donne les moyens. Ce qui est sûr, c’est que je vais donner le meilleur de moi­-même. »

 

Propos recueillis par Francis Laporte

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