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Photo © Thierry NICOLAS

Les arbitres, autres acteurs d'un tournoi

Sur le tournoi international juniors du Stade Clermontois, il n’y avait pas que les joueurs et joueuses qui se « formaient » au haut niveau. Les arbitres aussi, sous l’œil avisé de l’arbitre fédéral Benoît Rouganne.

Âgé de 33 ans, Benoît Rouganne, licencié au TC Riom et arbitre fédéral intervenait sur le 23e Tournoi international juniors du Stade Clermontois qui vient de s’achever, comme formateur des arbitres. Une mission bien précise.

« Il faut savoir qu’en France, tous les matchs de ces tournois, du premier tour de qualification jusqu’aux finales, sont arbitrés, ce qui n’est pas forcément le cas sur les compétitions à l’étranger », explique en préambule l’officiel, assigné, sur ce type d’épreuve, à ce rôle de formateur d’arbitre sur désignation de la Fédération française de tennis, ce qui est aussi le cas pour le juge-arbitre et les arbitres eux-mêmes. « En tant que formateur des arbitres, mon rôle est, à mon tour, de d’affecter les arbitres aux différentes rencontres et de les évaluer pendant le déroulement de celles-ci, précise Benoît Rouganne. Dans la semaine précédent le tournoi, les arbitres ont reçu les règlements spécifiques sur les épreuves internationales, des infos sur l’organisation du tournoi, etc (sic). Pour ma part, je leur donne des conseils ou des consignes générales par rapport à la journée, consignes qui peuvent devenir plus précises, au fur à mesure du déroulement du tournoi, sur les points à améliorer ou autres. »

Faire en sorte que tout soit prêt dès que les joueurs sont là

Le formateur d’arbitre procède en effet, à l’issue des rencontres, avec chacun(e) d’entre eux(elles) à un débriefing au cours duquel sont passés en revue, sur les différentes situations s’étant présentées à eux, « leurs interventions ou non-interventions. » Un debriefing collectif permet de plus insister sur des procédures spécifiques : « Il y en a certaines auxquelles un arbitre n’est pas souvent confronté. Il pourrait ainsi ne pas être à l’aise face à ce cas de figure, comme celles liées aux interventions du kiné, que l’on ne voit que sur des compétitions internationales et dont on n’a donc pas forcément l’habitude. Ça permet à tout le monde de réviser. » Le formateur évoque les premiers instants sur le court tels que vécus par l’arbitre : « Il n’y a rien de réellement codifié sur son entrée sur le court. On attend juste que le court soit remis propre si un autre match vient d’être disputé et sur terre battue, arrosé avant la partie suivante. Panneaux remis à zéro, filet aux normes, pression comme soudure des balles, etc (sic) : on vérifie tout, le but étant de faire en sorte que tout soit prêt dès que les joueurs sont là. »

Concernant, les joueurs : « Là, c’est en revanche vraiment très codifié, explique Benoît Rouganne. La tenue, déjà. À chaque match, on vérifie qu’elle soit conforme. La première chose, c’est que ce soit une vraie tenue de sport. Ensuite, on vérifie tout ce qui est publicités ou peut être considéré comme en étant, et là, c’est vraiment réglementé, taille comme nombre, des chaussures à la casquette mais aussi sur les serviettes et les sacs… On leur rappelle aussi les directives du jeu et les principes du match. Moi quand je suis arbitre de chaise, j’insiste sur différents points selon la surface de jeu. Par exemple, sur terre battue, la balle laisse des traces mais je leur précise bien dans quelles conditions, ils peuvent faire appel à nous pour vérifier. »

 

Photo Remi Dugne.
 

Place au jeu, le match débute. Aux arbitres de procéder aux différentes annonces : balle faute, éventuelle correction d’annonce effectuée par le juge de ligne, vérification éventuelle aussi de trace sur terre battue, point, jeu, set, et victoire, tout cela dans le bon timing : « On leur demande de faire des annonces précises d’une voix forte et claire. Et sur les points importants que sont ceux de fin de set, de fin de match, de balle de match, de ‘’monter le volume’’. » Dans le jeu, certains joueurs le montent un peu trop : « Le joueur a le droit d’exprimer des choses par la parole mais tant que ce n’est pas avec vulgarité », précise Benoît Rouganne. La grossièreté « audible » est sanctionnée mais aussi les jets de balle. Sans parler des bris de raquette, certains sont d’ailleurs célèbres… Le temps que le joueur s’accorde entre chaque point est lui aussi, surveillé : « C’est même très précis : sur une épreuve internationale comme Clermont, 25’’ entre chaque point et s’ils le dépassent, ils peuvent être sanctionnés. » Plus rare, la non combativité avérée débouche sur un avertissement ou... bien plus : « Pour des arbitres peu expérimentés, ce sont des décisions difficiles à appliquer. Le joueur doit donner le maximum à chaque match et pas donner l’impression de laisser filer la partie. Les pros prennent de très fortes amendes, c’est l’infraction la plus grave. » 

« L’arbitre doit être, neutre, impartial »

En termes de comportements, les arbitres eux aussi, sont astreints à des directives très précises : « L’arbitre doit être apte physiquement à arbitrer, neutre, impartial. Dans ce sens, pour éviter tout conflit, il ne doit pas y avoir d’interactions entre l’arbitre et le joueur. » Enfin, l’officiel a un droit de parole limité sur les réseaux sociaux : « Il ne doit pas mettre de commentaires ayant trait au tournoi. Mais ce sur quoi on insiste beaucoup auprès de nous ces dernières années, c’est sur l’interdiction absolue de parier ni donner des informations à des tiers. Si on contrevient on risque d’être radié à vie. »

Quand le tournoi sur lequel Benoît Rouganne avait également en charge quelques missions « hors court » (gestion des navettes de transports des officiels, mise en place d’animations...), est terminé, le travail du formateur des arbitres, lui, ne l’est pas : « Je dois rédiger un compte rendu les concernant, qui est transmis à la fédération qui le transmet ensuite individuellement à chacun, ainsi qu’au responsable arbitrage de chaque ligue. » Soit sur ce tournoi ITF 2019 de Clermont, où ils étaient au nombre de 6, la région Auvergne-Rhône-Alpes, pour quatre d’entre eux, d’Occitanie pour deux autres, des Hauts-de-France et Guadeloupe, pour les deux derniers.

 

Jean-Philippe Béal

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