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Photo © Jean-Louis GORCE

Le MMA va bientôt sortir de sa cage

Finie la semi-clandestinité. Dès le mois de janvier, le MMA va enfin être autorisé en France. Pour les pratiquants auvergnats, cette nouvelle va changer bien des choses...

Dans le milieu des sports de combat, ils étaient un peu considérés comme des parias. Des pratiquants passionnés évoluant dans l’ombre. La faute à une législation française unique en Europe. Alors que les combattants de MMA (MMA est l’acronyme anglais pour « Mixed Martial Arts » soit Arts martiaux mixtes) sont adulés aux Etats-Unis, l’octogone n’a jamais eu bonne presse... dans l’Hexagone. Le MMA était tout simplement interdit en compétition, probablement à cause de cette fameuse cage qui peut légitimement froisser les âmes les plus sensibles.

Mais dès le 1er janvier 2020, les choses vont changer. Le ministère des Sports va enfin légaliser et réglementer la pratique en France. Au plus grand bonheur des entraîneurs et des combattants . Au Team Vulcan, basé à l’Arténium de Ceyrat, on accueille la nouvelle avec soulagement. Ils sont quelques guerriers auvergnats à s’être lancés dans l’aventure du MMA. Et pour eux, cette décision ministérielle va changer bien des choses. Les mœurs vont inévitablement évoluer.

« Nous étions considérés comme des parias, déclare Sylvain Souchon, entraîneur diplômé au sein du club. Nous étions critiqués et pointés du doigt par des gens qui n’y connaissaient rien. Mais nous ne sommes pas des animaux qui combattent dans une cage. Maintenant que le MMA va être autorisé, les choses vont bien évidemment changer. »

Une cage dans une salle privée de Lempdes

Cette fameuse cage, justement, était un peu le nœud du problème. Le MMA n’étant pas autorisé, les clubs avaient interdiction d’en posséder une dans leurs infrastructures. Les combattants ne pouvaient donc pas s’entraîner véritablement dans les vraies règles de leur art. Ils pratiquaient donc des variantes telles que le Pancrace (sport de combat où les coups au sol sont interdits contrairement au MMA), la boxe, la lutte ou le judo. Pour le pratiquer véritablement, ils devaient donc se tourner vers des structures privées.

On a testé le Pancrace, variante autorisée du MMA [VIDEO]

Dans le bassin clermontois, une seule salle de musculation située à Lempdes propose une cage avec bien sûr toutes les assurances adéquat. Et qui dit structure privée dit bien évidemment contraintes horaires et financières. Clément Giordanengo fait partie des pratiquants inscrits en compétition. Pour cet étudiant en STAPS, qui s’entraîne tous les jours, cette future autorisation va changer bien des choses.

« Pour pouvoir retrouver les conditions propres au MMA, dans une cage, je dois aller dans une salle de “muscu” privée. Je suis obligé de me débrouiller avec des combattants du club pour trouver un sparring partner. Il est également difficile de trouver des créneaux. J’y vais quand je peux. Quand le sport sera légalisé, il y aura des structures, des clubs avec des horaires normaux et on pourra travailler spécifiquement le MMA. »

Au Team Vulcan, on est en tout cas prêt à accueillir les futurs adeptes. Les entraîneurs en place possèdent déjà les diplômes pour enseigner les sports de combat comme le Pancrace. Dès les premières semaines, ils souhaitent passer des spécifications propres au MMA pour pouvoir enseigner ce sport en toute sécurité. A trop avoir vécu dans l’ombre, ces passionnés veulent désormais scier les barreaux de leur cage. Et mettre ainsi en lumière les valeurs d’un sport trop longtemps décrié.

Arnaud Clergue

Comment les choses vont se passer ?

Lancé par le ministère des Sports en juin dernier, l’appel d’offres accordant une délégation à une fédération pour l’organisation de pratiques amateurs et en compétition a pris fin hier. L’appel à manifestation d’intérêt (AMI) était réservé aux fédérations délégataires d’une discipline de sports de combat et/ou d’arts martiaux, dont cinq se sont portées candidates : kick boxing et muay thaï, karaté, lutte, judo et boxe française. L’objectif étant d’accorder cette fameuse délégation avant le 1 er janvier 2020 comme l’a promis la ministre des Sports, Roxanna Maracineanu. Les pratiquants ont bien évidemment leur préférence quant à la fédération choisie, comme l’argumente Julien Bousquet, pratiquant auvergnat.
« Les gens du kick boxing et muay thaï sont plus ouverts, ils ont connu les mêmes problématiques dans les années 80. Ils ont aussi plus à faire à des disciplines pieds-­poings. Ils ont une meilleure connaissance. Ils ont également l’habitude des galas, du sport spectacle. »

Le danger des combats à l'étranger

Le MMA étant interdit en France, les pratiquants auvergnats ne pouvaient effectuer des combats sur le plan national. Portugal, Suisse, Belgique... Ils ont sillonné l’Europe pour pouvoir participer à des galas. Outre les contraintes financières, se posait un problème de niveau. Les sportifs européens ayant reçu une formation en MMA dès leur plus jeune âge, avec une expérience allant crescendo (combats départementaux, régionaux puis nationaux). Pour les combattants français, moins habitués aux vraies conditions, les risques de graves blessures étaient donc importants.

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