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Photo © C. Masson

Lavillenie : "Etre dans la bataille"

Samedi dernier, Renaud Lavillenie stoppait son concours neversois en raison d’une douleur au genou.Ce dimanche, le perchiste clermontois s’aligne à Paris. Avec la même prudence…et la même envie.

La douleur ressentie à Nevers était-elle la même qu’à Tignes 10 jours avant ?

« Dans la continuité mais moins douloureuse, c’est-à-dire une douleur un peu aiguë, parce qu’inflammatoire, l’impression qu’on enfonce des aiguilles. »

Une mauvaise surprise ?

« Dans la semaine, je n’ai rien fait qui puisse créer de la douleur et sur l’échauffement et en début de concours, je n’en ressens quasiment pas. Si je rate le dernier essai à 5,70 m, je n’ai pas mal. Mais pour le passer, j’en mets un peu plus ; cela a dû débloquer quelque chose. Je ne suis pas surpris mais lucide. »

Avez-vous pensé, à un moment, arrêter votre saison ?

« Non. J’ai plutôt pensé à dans quelles conditions la continuer, voir si je prenais une ou deux compétitions de repos pour cela. »

Vous serez aux France, au All Star, aux Europe ?

« Là, tout de suite, c’est janvier. Il n’y a pas de raison que je n’y sois pas. Si j’avais coupé, ç’aurait été Paris. Et si je cherchais le zéro douleur, je pourrais arrêter de sauter tout court. Je préfère continuer et toujours être dans la bataille. »

« J’en ai encore pour quelques semaines avant d’être à 100 % »

Le repos n’est-il pas la meilleure solution pour faire disparaître une inflammation d’un tendon ?

« C’est toujours mieux, bien sûr. Mais je m’adapte. J’ai plein d’exercices que je peux faire parce que c’est une question d’angulation : entre 0 et 45 degrés de flexion, je n’ai pas mal ; entre 45 et 90, si. Je fais aussi des soins avec du froid, de la glace, des anti-inflammatoires. Les médecins ont l’espoir que ça passe, pas en trois jours, mais d’ici début février. »

Vous ne serez donc pas à 100 % à Paris...

« J’en ai encore pour quelques semaines avant d’être à 100 %. Je vais voir ; j’espère ne pas avoir beaucoup mal et continuer à travailler. »

« Prendre mes repères sur 18 foulées et refaire « 80 », voire plus »

Repousserez-vous le passage programmé de 16 à 18 foulées ?

« Non, je sauterai dimanche sur 18 foulées. L’avantage de cet élan, c’est que les deux petites foulées supplémentaires me donnent du relâchement et me demandent moins d’énergie à la fin. »

Quel sera alors votre objectif parisien ?

« Pas seulement être capable de resauter, prendre mes repères sur 18 foulées et refaire « 80 », voire plus en fonction du contexte. »

Face à Kendricks ou Barber, tout cela est frustrant, non ?

« Oui et non. Je préfère être à Paris que pas du tout. Et depuis 2017, j’ai rarement été à 100 % sans que cela m’empêche de lutter avec eux et parfois de les battre. Sam Kendricks fera sa première compétition ; il n’y a aucune certitude sur sa perf. »

 

Francis Laporte

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