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Photo © Rémi DUGNE

Jessy Trémoulière : "Je ne retrouverai pas mes sensations d'avant"

À 26 ans, Jessy Trémoulière vient de connaître l'une des saisons les plus compliquées de sa carrière, freinée par une grave blessure au genou. La Brivadoise revient sur cet exercice en dents de scie et celui à venir, avec en ligne de mire, les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Le championnat s'est terminé il y a quelques semaines pour vous à Toulouse en quarts de finale (défaite 22-10)...

« On est à notre place. Sur le match, on peut le gagner, mais c'est comme ça. On a fait un très beau parcours, d'autant plus qu'il y a beaucoup de jeunes dans cette équipe en reconstruction. Cela faisait très longtemps que le club de Rennes n'avait pas atteint les quarts.

D'un point de vue personnel, quel bilan faites-vous de votre saison ?

Je n'ai pas grand chose à dire sur ma saison avec Rennes... Je n'ai fait que deux matchs. Je ne peux pas trop m'exprimer là-dessus. Mais à chaque fois je me suis amusée. C'est une belle équipe.

Après, avec l'équipe de France à VII, j'ai également pris beaucoup de plaisir. Je suis allée aux États-Unis, au Japon... Et il y aura d'autres échéances au mois de juin et juillet. La saison n'est pas terminée.
Avec le XV de France, on fait malheureusement un très mauvais tournoi des VI Nations. Il y aura une tournée d'été très prochainement et on aura à cœur de se racheter.

Vous vous projetez déjà sur la saison qui arrive ?

Je vais déjà finir celle-ci (rires). Avec le VII, nous sommes toujours dans la course à la qualification pour les Jeux Olympiques d'été (à Tokyo en 2020). Cette fin de saison sera déterminante. Si on se qualifie sur le tournoi à Biarritz où il y a le TQO, les 15 et 16 juin, on sait que la saison qui viendra se fera sans cette pression que représente le besoin d'être qualifiées. Malheureusement, si on ne se qualifie pas, on aura un tournoi de repêchage. C'est pour ça que cette fin de saison va être très importante.

« Je pense que je fais trop confiance à mon corps »

 

Vous avez été élue joueuse de l'année en novembre 2018. Qu'est-ce que cela change au quotidien ? Vous êtes davantage sollicitée ? 

Je vis normalement (rires). Il y a eu des sollicitations au niveau du club et de la promotion du rugby féminin, où j'ai été amenée à parler lors de conférences. Cette distinction a changé mon quotidien par cet aspect-là, mais sinon, je reste la même car c'est davantage un titre collectif qu'individuel. La preuve sur le tournoi des VI Nations où je ne sors pas du lot... C'est un sport collectif et c'est tout le rugby féminin qui est derrière ce trophée.

Vous suivez toujours les résultats des clubs de la région ?

Oui bien sûr. On me chambre un peu à Rennes car j'ai un gros logo de l'ASM derrière ma voiture (rires). Bien sûr que je les suis, dès que j'ai le week-end de libre. 

Et les filles aussi ! J'ai des copines qui jouent toujours au club. On se suit, on se chambre. Il y a un peu de tout !

Vous avez eu une grosse blessure cette saison (rupture totale du ligament interne du genou). Est-ce compliqué de faire de nouveau confiance à son corps ?

Le retour se passe bien, mais il y aura toujours des séquelles. J'ai toujours le péroné qui me tire au niveau de la cheville. Je m'entraîne avec des inflammations... C'est un peu compliqué. Malheureusement je ne retrouverai pas mes sensations d'avant. Je pense que j'ai trop confiance en mon corps d'ailleurs. Je n'en prends pas assez soin. Je le pousse tellement... Si j'ai mal quelque part, je m'entraîne. Si j'ai des inflammations, je m'entraîne. Je ne vais pas aux soins systématiquement... Peut-être que ce n'est pas la bonne attitude. Mais c'est mon caractère, c'est comme ça. Pour le moment, cela suit son train. Quand j'aurais pris davantage de maturité sur ce point-là peut-être que je lèverais un peu le pied.

Cependant, j'espère retrouver mon niveau. Malgré cela, j'ai quand même eu le titre de meilleure joueuse du monde. Et le rugby reste un sport de combat, où son corps est mis à rude épreuve. On connaît les conséquences de ce sport.

Les JO 2020 arrivent bientôt. Comment abordez-vous cette échéance ?

J'ai déjà participé à ceux de 2016, qui ont été un peu décevants d'ailleurs... Mais ça reste un rêve que j'ai pu accomplir. Pour ceux de Tokyo en 2020, je connais un peu le contexte. J'aimerais faire de partie de l'équipe et apporter mon expérience. »

 

Propos recueillis par Simon Dubos

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