Actualité sportive en auvergne



Photo © Stephanie Ferrer

JAVCM : le partage est sa force

Pour Guillaume Vizade, son coach, c'est à la force collective, dans la plus large acception du terme, dont elle fait preuve, que la JAVCM doit la meilleure moitié de saison de son existence, en Pro B.

« Vu les moyens dont on dispose, le fait d’être, après 17 matchs, dans notre situation (4e et 2e ex-aequo), c’est sûr qu’il y a des caractéristiques un peu extraordinaires dans ce groupe et chez les individus qui le composent », explique Guillaume Vizade, dont les joueurs ont déjà 12 victoires en poche. Par delà le contenu ou le résultat sec des matchs, et plus particulièrement certains d'entre eux, qui valent à la JAVCM son capital points, son classement et sa confiance, l'entraîneur des Métros, à l'heure d'évoquer « la réussite actuelle » (l'expression est de lui) de son équipe, met avant tout l'accent sur l'approche des plus complémentaires et partagée entre tous, staff compris, avec laquelle elle mène sa saison. Focus détaillée à même de mettre en lumière ce qu'on appelle communément le travail de l'ombre. Bienvenue dans la "JAVCM Inside".

 

Organisation. « Il y a eu une réorganisation de la répartition des tâches en interne, dans le staff. Il y a l'apport de Jérôme (Lenègre) sur le plan médical. Les aspects de la préparation physique ont également été répartis entre Jonathan (Nebout, son adjoint, NDLR) et moi-même : avec un troisième avec nous, ce serait encore mieux, mais pour le coup, comme on est tout le temps ensemble, on a une maîtrise totale des charges de travail et de leur répartition, ce qui nous permet celle des efforts que l’on demande aux gars. Jonathan se concentre sur tout ce qui est prophylaxie donc mise en route et prévention des blessures, c’est toutes les parties échauffement et mobilité articulaire, un travail quotidien et même à chaque entraînement. Moi, je m’occupe plus de ce qui est développement moteur et là, sur toutes les dominantes du basket : la force, l’explosivité, l’agilité… »

 

« On a gardé une continuité dans notre équipe »

 

Composition. « On a gardé une continuité dans notre équipe et (sur cette base) pour l'améliorer, on a plutôt cherché à résoudre certaines problématiques qu’on avait l’an dernier et faire des paris. C’est toujours aléatoire mais si l’on doit faire un bilan sur la première phase, on a trouvé un alliage entre l’expérience, et de l’équipe de l’an dernier, et de celle, personnelle, de ses trois joueurs majeurs (Bronchard, Denave et Koné) et l'apport des profils autour, avec notamment le recrutement de Mehdy (Ngouama) sur le poste 1-2 qui nous avait manqué l’an dernier, avec plus de polyvalence grâce à Andell (Cumberbatch). Avec eux deux, on a gagné en créativité, avec William (Adala Moto) aussi. On a gagné en maîtrise et en adresse avec Quinton (Hooker). Et le fait que ces joueurs répondent présent, ça a permis d’affiner le rôle de ceux qui étaient déjà présents et d’aider à l’évolution, aussi, de Romuald (Morency), de Grégory (Bengaber) et de Serge (Mourtala). C’est le pari réussi pour l’instant. » 


Ambition. « Ce qui fonctionne plutôt bien tout de suite, c’est l’adhésion au jeu que l’on veut proposer et la réponse aux blocs de travail qu’on met en place. On avait plutôt insisté sur le bloc défensif jusqu’à la mi-novembre et la première trêve internationale. On voulait que l’équipe progresse là-dessus, sans pour autant trop s’adapter à l’adversaire, mais en restant sur sa propre philosophie. On voulait qu'elle prenne confiance là-dessus, en travaillant beaucoup sur le positionnement des joueurs, en essayant d’être rigoureux. On a avancé mais je pense qu’il faut qu’on repasse un cap encore. Après, on a un peu plus mis l’accent sur la mise à profit de ce travail défensif : c'est tout le travail de relance, le fait d’accélérer le jeu, de pousser le tempo. Là, on a ouvert le champ des possibles, en demandant un peu plus de créativité, en demandant, notamment aux ailiers, parfois mêmes aux postes 4 aussi, de monter la balle, pour nous donner un jeu avec plusieurs options. ça donne beaucoup de travail car il faut que tout le monde soit capable de maîtriser à peu près quatre postes, de jouer à pleine vitesse tout en étant en train de lire le jeu… Là-dessus, les mecs ont adhéré parce qu’on leur donne de la liberté et, forcément, ils l’ont prise... On est devenu efficaces là-dessus, maintenant il faut qu’on soit plus dominants, qu’on sélectionne mieux certaines passes ou certains tirs pour être encore plus précis et faire que les situations qu’on se crée soient encore plus prolifiques. »

 

« Refuser de perdre »

 

Répartition. « Là encore, c'est un point sur lequel on a pour l’instant reçu l’adhésion du groupe. Ça aussi, c’est une alchimie complexe. Il y a forcément un peu de variabilité dans les prises de responsabilités entre les différents soirs, et on tient sur le fait que les gars se maintiennent dans le partage. On sait que c’est toujours un équilibre complexe au basket mais c’est vraiment un signe de bonne santé au basket. Mais c’est difficile, aussi, parce qu’il y a quand même des situations où il faut qu’un joueur prenne des responsabilités au-dessus des autres, comme celles de ce qu'on appelle les ''gros" tirs : il ne faut pas refuser de jouer non plus. »

 

Conviction. « L’identité que s’est forgée l’équipe, c’est de refuser de perdre. Ça paraît une évidence dans le basket d’aujourd’hui mais être capable de se dépasser mais surtout de se dépasser ensemble. Parce qu’intrinsèquement, évidemment qu'aucun joueur professionnel ne veut perdre. Mais le refuser ensemble, c’est parfois plus dur à mettre en œuvre. Et on a quand même eu quelques séquences en championnat où on les gars l'ont fait : contre Saint-Chamond, à la maison, bien évidemment parce que là, il y a eu le retour (de 21 points) au score mais pas seulement… A Nantes, à Evreux, à Chartres, à Blois, on est malmené, on a fait front ensemble et c’est vraiment grâce à cela qu'on les stoppe... »

 

« La quasi-totalité de l’équipe vient effectuer du travail supplémentaire »

 

Progression. « C'est une volonté que je vois au quotidien, dans le fonctionnement. Je sens vraiment, les débuts de semaine, quand on revient sur ce qui n’a pas fonctionné, qu'il y a un véritable désir de mieux faire les choses. Les gars font vraiment preuve de bonne volonté, au sens le plus vrai. Ça aussi, ça paraît être basique mais je le sens dans les attitudes, au moment où ils arrivent, la présence des mecs, leur présence "mentale" aussi, c'est-à-dire être disponible pour prendre des informations, essayer de s’améliorer. Le fait qu’ils viennent en plus en dehors des entraînements, et pas seulement un ou deux joueurs : c’est la quasi-totalité de l’équipe qui vient effectuer du travail supplémentaire. »

 

Jean-Philippe Béal

Commentaire