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Photo © Richard BRUNEL

Gilles Moretton : "Je ne nous interdis pas d’être ambitieux pour l’Engie Open"

Gilles Moretton, président de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes de tennis, est le directeur du 13e Engie Open qui se déroule actuellement au Centre régional des Monts d’Auvergne. Il était en visite à Aubière en début de semaine. Rencontre.

Cette visite de votre part est-elle systématique sur les gros tournois du territoire de la Ligue ?
« Je ne me rends pas seulement sur les grands tournois. Je suis franchement ravi d’être à Aubière mais dimanche, j’étais sur une manifestation dans le Rhône, le tie-break des copines, manifestation pour la promotion du tennis féminin. Ici, pour nous, c’est l’élite ; le tie-break des copines, c’est une licenciée d’un club qui invite une de ses copines pour lui faire découvrir le tennis. En fait, je me balade dans tous les tournois et je me sens vraiment concerné par toutes les problématiques du tennis. On pourrait s’imaginer qu’avec mon parcours, seul le haut niveau m’intéresse mais le vraiment haut niveau, sur le territoire de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes, c’est 5 joueurs et 5 joueuses, le reste, c’est 120.000 licenciés pour le loisir, la santé, la pratique… »

 

En termes de tournoi, la pyramide de niveau des manifestations sur le territoire de la Ligue vous paraît-elle aujourd’hui cohérente ?

« Je pense que le maillage est correct. On avait déjà une grosse locomotive masculine avec un 250.000 $, l’Open Parc, à Lyon. Et chez les féminines, arrive une nouveauté puisque Caroline Garcia va aussi monter un 250.000 $, qui se déroulera au début du mois de mars de l’année prochaine, et qui sera l’un des plus gros tournois français. À ces deux locomotives s’ajoutent des tournois de deuxième catégorie comme Clermont, Grenoble où Andrézieux-Bouthéon, puisque le maire d’Andrézieux, qui a déjà un tournoi Engie de 60.000 $, a décidé de monter, en plus, un tournoi 15.000 $ féminin pour permettre aux jeunes Françaises de jouer. C’est une très belle opportunité pour nous. On est donc plutôt bien doté. La Fédération, bien évidemment, met l’accent sur les vitrines que sont ces tournois mais suveille aussi avec attention les petits tournois.

Ma priorité, c’est de faire jouer les enfants qui arrivent au tennis, dès le premier âge. Les premiers pas doivent être tournés vers la compétition. Pas la compétition pour la compétition mais gamin, à peine inscrit au basket ou handball, la première chose qu’il va faire, c’est disputer un match. Certes, un match avec des paniers plus petits, des terrains plus petits, etc. Mais un match. »

 

Quel regard plus précis portez-vous sur l’Auvergne, en termes d’équipement ?

« À Vichy, il y a un projet pour un club qui me tient à cœur, le Sporting, qui était un peu à l’abandon, on va dire et qui, maintenant, va renaître de ses cendres grâce à l’achat de la communauté de communes. Oui, il y a un gros projet et je serais ravi qu’on ait un site magnifique sur terre battue, ce qui est en plus un avantage considérable car le jeu sur terre battue est à mon avis, pour nos jeunes, presque obligatoire en raison de Roland-Garros mais aussi pour l’apprentissage du jeu, de la tactique. Aujourd’hui, et on peut le regretter d’ailleurs, sur les surfaces rapides, le tennis est un peu trop sur du « boum-boum ». Ça va très vite, parfois trop vite, alors que la terre battue garde un peu le côté stratégique du jeu, la construction des points. Je pense qu’aujourd’hui, il manque à nos jeunes un apprentissage, un passage sur la terre battue, pour travailler des zones de jeu, des trajectoires. J’espère donc que le projet de Vichy est sur le bonne voie. »

 

Concernant l’Engie Open Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes, menez-vous une réflexion pour le faire évoluer ?

« C’est un tournoi bien installé dans son calendrier et sa formule. Ce qui ne nous empêche pas de réfléchir à un événement plus richement doté, pourquoi pas dans un lieu différent même si ici, l’aménagement est extraordinaire : les courts, les tribunes, un espace village, la convivialité, tout est réuni. Mais si on veut franchir un cap, est-ce qu’il ne faut pas une Maison des sports, quelque chose d’un peu plus grand, et être un peu ambitieux ? Je ne nous interdis pas d’être ambitieux pour l’Engie Open de Clermont-Ferrand, avec, pourquoi pas, une dotation augmentée, un plateau plus conséquent. Chaque chose en son temps, mais on peut y réfléchir. L’Auvergne mérite un grand événement. Aujourd’hui, on a déjà une base existante, à nous de la faire grandir. »

 

Jean-Philippe Béal

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