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Photo © Richard BRUNEL

Geoffroy Mathieu : « Envie de profiter de la vie »

Aux championnats d'Europe de Glasgow, le Clermontois Geoffroy Mathieu s'aligne mardi matin sur les séries du 200 m dos, sa distance de prédilection. S'il passe 15 à 20 heures par semaine dans l'eau, l'athlète de 21 ans n'oublie pas ses études. D'autant plus que la carrière de nageur est assez courte.

Sélectionné pour sa deuxième compétition internationale après les Mondiaux 2017, Geoffroy Mathieu a rempli ses objectifs. Il a décollé mardi dernier avec l'équipe de France, composée pour ces championnats d'Europe de 33 membres. Soit presque quatre fois plus que l'an dernier à Budapest. « Ça crée plus d'émulation, plus de personne avec qui s'amuser », explique le dossiste, qui compte fructifier l'expérience acquise l'an dernier. Son bizutage, qui n'avait pas manqué de « buzzer », est derrière lui. 

 

« Je vois les nouveaux un peu sous tension en pensant à ça, ils me rappellent moi l'an dernier, ça me fait un peu rigoler. Mais il ne faut pas que ça soit un frein à la performance », rappelle Mathieu, qui a semble-t-il trouvé ses repères dans le milieu de la natation, après une première année marquée par une progression fulgurante.  

Une dernière année de prépa dédoublée


Ses repères, le natif de Nancy les a trouvés à Clermont, chez ses parents. Ces derniers ont déménagé dans la capitale auvergnate lorsqu'il avait seulement neuf mois. Aujourd'hui, hors de question pour Mathieu d'aller voir ailleurs. «  J'ai tout ce qu'il faut ici, surtout qu'on va avoir une nouvelle salle de musculation. Le club a monté une structure autour de moi et je l'en remercie grandement. »

L'espoir tricolore soigne aussi son parcours scolaire. Sa troisième et dernière année de prépa intégrée en école d'ingénieur a été dédoublée pour permettre au nageur de conjuguer l'entraînement et les études. « J'ai six à huit heures de cours par semaine. L'école SIGMA promet de m'aider, à condition que je reste. Quand tu vois que certains clubs se moquent de la partie scolaire ... Pour moi, c'est un double avantage. » 

Cela lui permet de préparer sa reconversion dans le domaine de la chimie. « C'est un domaine tellement vaste, je ne sais pas encore précisément. Quand on me posait des questions à l'école sur ce que je voulais faire plus tard, je ne savais jamais quoi répondre. » 

Double champion de France en titre du 200 m dos, le dossiste a déjà trouvé l'une de ses vocations. Il s'est même fait un plan de carrière, qu'il espère terminer à l'occasion des JO 2024. «  Ce serait une sortie par la grande porte, le plan rêvé. 27 ans, ça me semble un bon âge pour arrêter sans regrets, avant de démarrer une nouvelle vie. » 

Pas d'alcool ni de soirée après minuit pendant 5 mois et demi



Geoffrey Mathieu se donne encore six ans de natation, dans une discipline qui ne pardonne pas les excès. « Sur l'année 2018, entre le Nouvel An et les "France" (fin mai, ndlr) , je me suis promis de ne pas boire d'alcool et de rentrer de soirée chez moi à minuit grand max. A la fin, je trouvais le temps très long. »

Le jeune nageur comprend le choix de certains de ses aînés, qui ont arrêté leur carrière prématurément. « J'imagine que vivre ça pendant 7/8 ans au très haut niveau, ça peut vite être ennuyeux voire saoulant. La rigueur que cela demande, tous les sacrifices au quotidien, ça lasse. » 

Lui s'entraîne entre huit et onze fois par semaine, sans compter les séances de musculation. Sa charge de travail lui impose de se lever tôt le matin et de se coucher aussi tôt le soir. « On a aussi envie de s'amuser et de profiter de la vie, des potes, de la famille ... »

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