Actualité sportive en auvergne



Photo © MARQUET Frédéric

France - Espagne : une belle ambiance dans un Montpied comble (vidéo)

Match de gala et à guichets fermés, ce samedi, à Clermont-Ferrand, avec l’équipe de France féminine de football face à l’Espagne. Dans les tribunes, un nouveau public familial vient voir du foot. Il y a aussi des supporters très motivés, qui ne ratent pas un match de ces Bleues qui attirent la sympathie.

Boum, boum, boum. Mamie Jo cogne fort sur la grosse caisse dans la tribune Livradois du stade Gabriel-Montpied, à Clermont-Ferrand. Autour d’elle, ses copains et copines des France Ang’elles reprennent en cœur l’hymne à la numéro 9 des Bleues, buteuse ce samedi soir : « Eugéni-euuu Le Sommer Le Sommer. »

Neuf heures de route

Quand il faut chanter, les supporters sont là. À Clermont-Ferrand aussi, pour le France-Espagne amical de reprise de saison. Philippe, Normand installé en Bretagne, a quitté Fougères samedi matin, destination l’Auvergne. Il fera le chemin du retour ce dimanche. Un fan, présent dès les débuts officiels du club des supporters des équipes de France féminines, à l’Euro 2017.

L'équipe de France vient logiquement à bout de l'Espagne au Montpied : le résumé du match

« En 2010, pendant la Coupe du Monde en Afrique du Sud, j’ai été outré par le comportement des joueurs de l’équipe de France (NDLR, grève des joueurs à Knysna). Alors j’ai décidé de ne plus suivre le foot. Et puis un soir de 2011, je suis tombé par hasard sur la finale de la Ligue des champions des filles de l’OL. C’est parti de là. » Passionné, Philippe n’hésite pas à faire neuf heures de train pour voir 90 minutes d’un match de championnat à Lyon. Et il ne rate jamais les Bleues.

« Les filles ont la tête sur les épaules »

Le patron des France Ang’elles, c’est Richard Farjot. Un gars d’Orléat ; alors il est un peu à domicile au stade Gabriel-Montpied. « Avec la Coupe du Monde, on a vu grandir le nombre de supporters », se réjouit-il. Souvent, des amateurs de foot « déçus des dérives du foot masculin ».


« Les filles ont la tête sur les épaules, cela reste très sain. Ensemble, on vit des moments conviviaux, dans le respect des équipes, des spectateurs, des arbitres. Il faudrait juste que la fédération fasse plus d’efforts pour ouvrir l’équipe aux supporters. Vendredi, les séances d’entraînement auraient quand même pu être ouvertes au public… »

Le club officiel des supporters de l'équipe de France de football féminine, basé dans le Puy-de-Dôme, prend de l'ampleur (2019)

Ambiance familiale

L’ambiance familiale, c’est le secret du capital sympathie gagné par le foot féminin ces derniers mois, qui explique cette facilité à remplir un stade un 31 août. Ana, 16 ans, a entraîné toute sa famille au Montpied. « On a dû acheter les dernières places disponibles, à 5 euros », raconte sa maman. Ce n’est pas un cas unique : le public était féminin, familial et pas forcément habitué à fréquenter les stades.

« C’est la première fois que je vais voir un match, dévoile Sandrine, Clermontoise. C’est simplement parce que ce sont des femmes, je trouve qu’elles sont plus civilisées. » Laura, de Ceyrat, et deux Chantal, de Maringues, ont pris des places dans la tribune visiteurs. Elles aiment le foot ; l’une des deux Chantal un peu plus le foot féminin : 

Elles font moins de comédie que les garçons et ça joue plus collectif. 

Du niveau technique 

Alain et Jean-Claude, deux abonnés de longue date du Clermont Foot, sont moins charmés. Ils portent un regard de spécialistes sur le ballon rond au féminin, un brin dubitatifs. « On les a vues à la télé, on est venu voir au stade… et on est aussi venu voir notre ancienne coach Corinne Diacre. Le foot féminin est un peu une mode aujourd’hui, je ne sais pas sur la durée… »

« On ne peut pas comparer, ce sont deux sports différents, argumente Philippe le supporter. Il y a moins de puissance, c’est certain, mais au niveau technique et tactique, elles n’ont rien à envier. »

Dans la tribune des France Ang’elles, avec Richard, Mamie Jo, Raphaël avec son grand drapeau tenu à bout de bras, le Breton a sauté de joie au second but, œuvre de Cascarino. Boum, boum, boum. Mamie n’a plus arrêté de cogner sur les chants des supporters. 


 

 

Philippe Cros

Photos Fred Marquet et vidéo Stéphanie Delannes

Commentaire