Actualité sportive en auvergne



Photo © Jean-Louis GORCE

Fournet-Fayard (Pro Immo) : une nouvelle carrière d'agent commercial, chez Goodiwear

Depuis deux mois, Sébastien Fournet-Fayard ne mène plus la même vie. A 34 ans, le rouleur du Team Pro Immo Nicolas Roux (DN1) a mis un terme à sa longue carrière de coureur et entamé une nouvelle activité, d'agent commercial, pour le compte d'une entreprise riomoise spécialisée dans la vente de vêtements cyclistes.

Le changement s'est effectué sans transition pour l'ancien professionnel et compagnon d'entraînement de Romain Bardet.

Depuis le 1er octobre, à peine descendu de vélo, le Clermontois Sébastien Fournet-Fayard s'investit "à fond pour développer la partie vêtements cyclistes personnalisés", chez Goodiwear, une des sociétés gérées par Claude Séguy, lui-même ancien cycliste professionnel auvergnat.

Il existe une réelle solidarité entre anciens coureurs. En quête d'un collaborateur, Séguy a tendu la main à Fournet-Fayard, qui a saisi cette opportunité de reconversion, après une quinzaine d'années de vélo à haut niveau, dont trois saisons dans une formation professionnelle italienne (2008-2010).

"Je patientais tant que je n'avais pas de reconversion" 

« J’aurai pu rester encore dans l’équipe Pro Immo en accord avec Nicolas Roux (le patron de la DN1 de Cournon, ndlr), mais j'avais décidé d'arrêter (la compétition). C'était prévu depuis juillet. J'aurai même pu m'arrêter avant. Je patientais ces dernières années par rapport au fait que je n’avais pas de projet de reconversion vraiment abouti. »

La proposition de Claude Séguy est donc arrivée à point nommé pour "FF", dont la notoriété constitue un incontestable avantage au développement des affaires de Goodiwear.

« Durant toutes ces années, j’ai été amené à voyager un peu partout, j’ai réussi à me faire un nom au niveau national, en gagnant pas mal d'épreuves chez les amateurs. Tant qu’on me connaît, il fallait en profiter, parce que ça passe vite. Je sais que j'ai quelques années à me donner à fond dans ce que je fais maintenant, parce qu’ensuite on va m’oublier un peu ».Spécialiste du contre-la-montre, Sébastien Fournet-Fayard a remporté cette année plusieurs manches du Trophée des Grimpeurs Goodicom/Skoda, dont la Montée de Berzet, en septembre dernier.

"Je sais de quoi je parle !"

« FF » connaît bien les produits qu'il vend, puisque sa société équipe en bonneterie le Team Pro Immo, dont elle est un des partenaires.

« Ce sont des vêtements que j'ai utilisé depuis des années, je sais de quoi je parle », assure le Puydômois, qui ne se déplace plus sur les courses, mais à la rencontre de potentiels clients.

Et il n'hésite pas à faire de longues journées au volant, en Auvergne et au-delà, pour élargir la clientèle de Goodiwear. « On ne se donne pas de limite territoriale. La semaine dernière, je suis par exemple allé à Limoges... »

Son entrée en fonction correspond à une période chargée traditionnellement en termes de commandes. « Cela fait un mois que ça n'arrête pas, dit-il. Les clubs nous sollicitent pour avoir leurs nouvelles tenues avant les premières courses (en février ou mars, ndlr). Je suis donc tout de suite dans le vif du sujet .»Sébastien Fournet-Fayard aurait aimé remporter une deuxième fois le Tour d'Auvergne, en juillet. Un peu juste dans la 2e et dernière étape, le Clermontois s'est consolé avec le gain du maillot vert du classement par points.

"Je me lève à 6h30 et ça ne me dérange pas"

Sa nouvelle activité occupe même plus ses journées que lorsqu'il les consacrait à s'entraîner ou disputer des courses.

« Je fais plus d'heures dans la semaine qu'en vélo, confie-t-il. C'est un rythme de vie complètement différent. Avant, je n'étais pas présent le week-end. Maintenant, c'est le contraire. Je me lève les matins à 6h30 et ça ne me dérange pas du tout. Je suis content de m'investir dans mon travail. Dans ma vie de sportif, Il n’y avait pas que des moments faciles. Quand on s’entraînait tout l’hiver dans le froid, ce n’était pas évident. Mais on savait que, derrière, ça allait payer. Là, c’est la même chose. Du coup, je ne rechigne pas à la tâche. »Sébastien Fournet-Fayard (Team Pro Immo Nicolas Roux) a disputé et remporté sa dernière course, le samedi 12 octobre, à l'occasion de la Montée Claude Séguy.

"Je n'exclus pas de participer à des cyclosportives"

Durant le mois d'octobre, il a délaissé le vélo mais continue depuis à s'entretenir physiquement, le week-end. Et même parfois, en semaine. « J'avais besoin de couper, mentalement. Maintenant, je me remets à refaire du vélo, je n'en suis pas du tout blasé. J'ai besoin de faire du sport pour mon bien-être. Avant, la plupart de la journée, j'étais dehors. Là, c'est le contraire, je suis assis dans un bureau ou en voiture. J'ai besoin de sortir prendre l'air. »

Les courses cyclistes FFC, c'est terminé (« Je ne recourrai pas sur route, j'ai fait le tour de la question »). Mais on pourrait toutefois le revoir sur un vélo dans le cadre d'épreuves de masse. « Je n'exclus pas de participer à quelques cyclosportives. Cela m'aidera pour mon travail. Je pourrais nouer de nouveaux contacts. »

En tant que commercial, il conserve la culture de la gagne. De nouvelles parts de marché, et non plus de bouquets...

Raphaël Rochette

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