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Photo © Nicolas Jacquet

Fédérale 2/Pojolat (Issoire) : "On a franchi un cap cette année"

Issoire joue en huitième de finale aller de Fédérale 2, ce dimanche à Orthez (match à suivre en direct vidéo sur notre site). Si l'USI venait à se qualifier à l'issue des deux matchs, elle décrocherait de fait son ticket pour la Fédérale 1. Le président Claude Pojolat et son club semblent prêts à faire le grand saut.

Vous voilà à 160 minutes de la Fédérale 1. Comment abordez-vous ce rendez-vous ?

« Comme un match de phases finales, à l’image du tour précédent. On l’a vu encore dimanche, on n’est plus dans des matchs traditionnels de championnat. On a basculé sur une autre intensité, les équipes s’accrochent beaucoup plus. Si on est un peu dans l’inconnue, puisqu’on ne connaît pas cette équipe d’Orthez, on est quand même serein. Il ne faut pas que nous soyons obnibulé par l’éventualité de monter en Fédérale 1. »

Serait-ce le bon moment pour Issoire de monter en Fédérale 1 ? Vous seriez prêt financièrement ?

« On travaille depuis pas mal d’années sur le projet "Issoire 2020" et je pense qu’on a encore franchi un cap cette année. Si nous passons ce tour, ce sera une juste récompense pour tout le travail fourni par les joueurs, les entraîneurs et les personnes qui oeuvrent au centre d’entraîenement (*).

Si on monte, le budget sera augmenté, mais pas de manière significative. On table sur une augmentation de 20 %. »

 

A quel niveau avez-vous franchi un cap ?

« D’abord au niveau du centre d’entraînement. On a de plus en plus de jeunes. Puis, au niveau de l’équipe première. Les bases étant solides, on a pu développer davantage de technicité, apporter un nouveau discours et une façon de travailler différente. C’est un tout. »

« La seule incertitude que nous avions, c’était de savoir si les joueurs allaient être réceptifs au discours du nouveau coach »

Il y a toujours une part d’inconnue quand on change de coach. N’avez-vous jamais eu peur ?

« Non, c’était un choix partagé. L’encadrement précédent (ndlr : Franck Théron et Arnaud Jacquet) se sentait fatigué et voulait passer la main pour ne pas faire l’année de trop. On a décidé tous ensemble de mettre en place un nouveau staff. On a alors ciblé des profils bien spécifiques tout en assurant une certaine continuité. Avec le choix de Christophe Rodier, on était assuré d’avoir de la compétence. La seule incertitude que nous avions, c’était de savoir si les joueurs allaient être réceptifs au discours du nouveau coach. Mais je crois qu’on a été assez vite rassuré de ce point de vue. Le travail à l’entraînement fonctionnait bien et les résultats ont vite suivi. »

Christophe Rodier, l'entraîneur d'Issoire, au milieu de ses joueurs.
 

De son côté, Franck Théron est resté au club en passant d’entraîneur à directeur sportif, cela fait partie de ce travail de structuration ?

« Tout à fait, l’idée c’est de mettre de la cohérence et de la compétence à tous les niveaux d’entraînement, là où les éducateurs en on besoin. On a l’ambition de consolider la technicité dans chaque catégorie de l’école de rugby afin d’avoir, à terme, des jeunes aptes à jouer au niveau Fédérale 2, voire mieux. Le rôle de Franck Théron, c’est de coordonner le projet sportif à tous les niveaux pour que les éducateurs mettent en place des projets de jeu en cohérence avec ce qui se fait en première. »

 

Cela semble déjà porter ses fruits. Les U18 et la réserve sont toujours qualifiés en championnat de France…

« C’est une vraie satisfaction. Cela vient valider notre projet de formation. C’est la première fois que l’on va en quart de finale avec une équipe junior à ce niveau-là. Pour nous, c’est important. De même que pour notre équipe B qui un réservoir pour notre équipe première. »

 

Où en est votre centre d’entraînement ?

« Il fonctionne depuis cinq ans. Cette année, il a été labellisé FFR. Aussi, la mairie va nous construire un bâtiment - dans lequel il y aura d’autres associations sportives - où on aura un espace pour notre centre d’entraînement. Pour le moment, la mairie est dans les plans. mais si j’ai bien compris, la construction doit commencer début 2020. Une fois de plus, cela vient valider notre projet "USI 2020". »

« L’ASM nous accompagne depuis 15 ans, donc je ne vois pas pourquoi cet accompagnement se stopperait si on montait à l’étage supérieur »

Sentez-vous que le club devient de plus en plus attractif auprès des jeunes ?

« Oui, lors de la rentrée scolaire de septembre 2018 nous avons opéré une sélection pour la première fois. Nous avions plus de demandes que de places disponibles. Par ailleurs, depuis le début de la saison, on a un projet de bassin. On travaille maintenant avec un certain nombre de clubs de la région : des Martres de Veyre à Saint-Florine en passant par Vallée Verte, Montaigut-Besse, Sauxillanges, Saint-Flour, Massiac ou Brioude. Dans ce grand bassin, on fait des échanges au sein des catégories jeunes grâce aux doubles licences. Cela permet aux meilleurs éléments du coin de jouer à leur meilleur niveau sans pour autant affaiblir les plus petits clubs en manque de joueurs. Ainsi, le rugby peut se maintenir, voire se développer sur le bassin. »

Une montée en Fédérale 1 pourrait-elle vous permettre d’accroître vos échanges avec l’ASM ?

« On en n'a pas trop discuté pour l’instant avec l’encadrement de l’ASM parce qu’on n’est pas encore en Fédérale 1. Mais si ça vient on évoquera assez rapidement le sujet. L’ASM nous accompagne depuis 15 ans, donc je ne vois pas pourquoi cet accompagnement se stopperait si on montait à l’étage supérieur. D’ailleurs, ils nous aident avec notre centre d’entraînement. »

 

Et le recrutement pour l’an prochain, où en êtes-vous ?

« On y travaille déjà depuis quelques temps. On a deux plans de bataille : l’un si on est en Fédérale 2, l’autre si on monte en Fédérale 1. Quoiqu’il en soit il n’y aura pas beaucoup de changements parce qu'on a de la réserve. Cependant, il nous faut toujours recruter parce que nous avons une équipe jeune, constituée de pas mal d’étudiants. En fonction des projets de chacun, on a régulièrement du monde qui quitte le club. Si on monte, au regard de l’effectif actuel, il faudra se renforcer à certains postes. »

 

Vincent Balmisse

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