Actualité sportive en auvergne



Photo © Rédaction SPORTS

Eve Planeix, telle une sirène d'eau douce

À tout juste 18 ans, Eve Planeix vient de disputer ses deuxièmes championnats du monde de natation artistique, à Gwangju, en Corée du Sud. À l’aube de sa nouvelle saison, elle espère se qualifier avec l’équipe de France pour les prochains Jeux olympiques de Tokyo.

Le feu et l’air sont les éléments associés à son signe astrologique (sagittaire). Pourtant, c’est bien dans l’eau qu’Eve Planeix a élu domicile. Aussi à l’aise qu’un poisson, c’est plutôt sous les aires d’une sirène que la native de Clermont évolue depuis dix ans, dont quatre dans la piscine de l’Insep.

 

Tout commence un été 2008... « Je suis restée scotchée devant le petit écran et j’ai dit à mes parents : c’est ça que je veux faire ! » Les Jeux de Pékin battent leur plein et Eve Planeix, 8 ans, danseuse à ses heures perdues et en vacances avec sa famille, admire une discipline qui lui est encore inconnue : la natation synchronisée, devenue artistique, il y a maintenant deux ans. Et après ?

 

« C’était difficile pour mes parents »

 

Tout s’enchaîne. La blondinette fait ses premiers plongeons dans les bassins du Synchro Riom, à neuf ans. « J’ai été repérée par le pôle Espoirs de Sète deux ans plus tard, raconte l’étudiante en Staps. Mais mes parents n’ont pas voulu me laisser y aller. » Un fruit défendu auquel elle a quand même goûté, à plusieurs reprises, avant d’intégrer pleinement l’institut à 12 ans. « Ils ne me le faisaient pas voir, mais c’est vrai que cela a été difficile pour mes parents, surtout la première année, confie Eve Planeix. Puis, ils se sont laissés portés. Pour Luc, mon grand frère, cela a également été dur, sachant qu’on est très proches tous les deux. »

 

Illustration.
 

Depuis, Eve Planeix se sculpte un palmarès solide. Quintuple championne de France, sextuple vice-championne national, médaillée d’or, d’argent et de bronze, toutes performances confondues, aux derniers World Series de Paris... Le secret pour arriver à un tel niveau ? « Un nombre incalculable d’entraînements. » Enfin, entre 40 et 50 heures par semaine, surtout. Repousser ses limites, comme résumerait ses entraîneurs, Laure Aubry et Julie Fabre. « On travaille le cardio, la gymnastique. On s’entraîne au trampoline aussi. C’est éreintant, exigeant et, si on a peur de se dépenser jusqu’à se faire mal, il ne faut pas continuer », avoue-t-elle.

 

« Aller aux Jeux, c’est tout un rêve »

 

Mais sa passion, Eve Planeix s’y accroche. La jeune femme de 18 ans, psychomotricienne en devenir, espère bien marquer la discipline aquatique de ses acrobaties. Et pourquoi pas commencer au Japon, l’été prochain ? « C’est le gros objectif de la saison. On sait qu’on a deux équipes à battre pour espérer y aller : le Mexique et la Grèce. » Un premier adversaire battu aux derniers championnats du Monde, en juillet dernier, et une deuxième équipe grecque, plus... dure à cuire.

« Aller aux Jeux, c’est tout un rêve. J’ai envie qu’on fasse une bonne performance le moment venu. Les qualifications sont en avril, on a un peu moins d’un an pour s’y préparer au mieux. » 

 

Illustration.
 

Paris 2024 est encore loin, mais pas moins présent dans la tête de la prodige française, qui s’imaginait tantôt architecte, tantôt assistante maternelle, plus jeune. « Les Jeux à la maison c’est aussi un rêve, c’est quelque chose qu’on ne va vivre qu’une seule fois dans sa carrière. L’avantage, c’est qu’on est sûres de les faire. On va devoir justifier notre place et améliorer notre classement, que ce soit en équipe ou en duo, avec Maureen (Jenkins). On va tout faire pour se rapprocher du podium et pourquoi pas, en faire un. »

 

Pour l’heure, la pensionnaire du Ballet Nautique de Strasbourg s’apprête à créer une nouvelle chorégraphie avec son équipe en vue des qualifications d’avril. Un challenge que le groupe de huit athlètes espère relever, afin de décrocher leurs billets d’avions et s’envoler pour le pays du Soleil Levant, entre juillet et août 2020.

 

Pauline Benard

Commentaire