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Photo © Photo Rémi Dugne

Audrey Merle, un effort après l'autre

La triathlète clermontoise Audrey Merle peut de nouveau travailler dur à son retour au plus haut niveau. Mais patiemment et progressivement.

C'est un peu comme une nouvelle vie qu'a entamée, voilà quelques mois, la Clermontoise Audrey Merle, 22 ans, installée à Malakoff, au plus près du club d'Issy-les-Moulineaux qu'elle avait rejoint l'an passé. Une nouvelle vie après deux années ô combien difficiles, « un peu mortes », même, selon l'expression de la jeune triathlète qui sait que le chemin menant des Hauts-de-Seine vers le haut de la scène qu'elle a connu, en 2016, aux JO de Rio, où elle était l'une des plus jeunes engagées, s'annonce encore très long.

On l'avait même quittée sur une année 2017 quasiment à oublier. La voilà de retour. Enfin débarrassé de ce virus qui fut si long à diagnostiquer : « Personne ne trouvait ce que j'avais. Je relativise en me disant que moi, ce n'était grave que pour le sport et qu'il y a des personnes pour lesquelles ça a des conséquences bien plus importantes, mais c'était très long. Pendant une période, j'ai cru que j'allais devenir folle… »

« Des barrières que je dois à chaque fois dépasser »

Et d'avouer, pudiquement, qu'en termes de diagnostic, « il y a quand même eu un gros cafouillage », face aux symptômes, des œdèmes et autres gonflements sur un corps « en cuisson », dès lors que l'intensité de l'effort s'élevait : « J'étais absolument incapable de faire des séances au-dessus du seuil. Je n'arrivais même pas à atteindre les allures où survient l'accumulation de lactique : j'avais tout le temps des picotements. Et ces picotements, on m'a même dit pendant longtemps que c'était normal… » 

Avec une source enfin quasiment identifiée, « en tout cas fortement sous-entendue, à savoir une nage dans une eau pas "claire" lors d'une Coupe du monde en Chine, à Chengdu (à la mi-avril 2016) » et le protocole qui suivit, tout va bien aujourd'hui : « Je suis libre de tout traitement. Je dois juste être vigilante à tout ce qui pourrait éventuellement me rapprocher des symptômes que j'avais eus avant. Mes signaux d'alarme, c'est ça : tant que je n'ai rien, j'avance. Aujourd'hui, je peux aller dans les allures qui m'étaient proscrites, sans avoir ces signaux-là. Même si mon corps a encore peur d'y aller, par moments. C'est des barrières que je dois à chaque fois dépasser… »

Ce qui a une incidence directe sur sa reprise d'activité et son programme de compétition à venir : « Pour l'instant, ce qui a été mis en place à l'entraînement porte ses fruits. Mais je suis repartie de zéro. Et, à l'heure actuelle, je n'ai fait que la moitié du chemin. Je ne me fais pas d'illusions : il faut que ce soit progressif. Mais on a augmenté petit à petit l'entraînement pour arriver à des volumes qui sont quand même très encourageants pour la suite. »

Mais c'est étape par étape : « J'ai plutôt axé mon hiver sur la natation, d'abord parce que ça reste la première discipline et qu'aujourd'hui, si on ne ressort pas devant, c'est compliqué. Le vélo, cet hiver, ça a été un peu compliqué de rouler mais c'est surtout des kilomètres à faire et j'aurai le temps. La course à pied, c'est là où j'avais le plus de mal à digérer les séances : j'ai donc axé sur la qualité, le travail de pied, la technique. Le volume, ça viendra après. On a vraiment pris les choses dans l'ordre. »

De fait, sa situation étant bien connue de la FFTRI, on lui laisse du temps : « Je ne me suis pas désengagée des tests que propose la Fédé, intéressants car même sans être dans les meilleures dispositions pour les effectuer, l'objectif, les faire le mieux possible, me donnera des axes de travail sur la base de vrais repères physio. Aujourd'hui, à la Fédé, ils savent exactement où je veux aller mais aussi où j'en suis. On en a parlé encore tout récemment. Même quand j'ai dit que je n'étais pas fermée pour aller sur les Monde U23 (elle avait remporté le titre en 2015 avant de devoir renoncer en 2016 et 2017), pour ne pas me fermer de portes pour des sélections futures, on m'a assuré que ce n'était pas la priorité. Que si la priorité, c'est dans 12 mois, d'être opérationnelle pour retourner sur WTS (World Triathlon Series, la catégorie la plus élevée des compétitions) et faire une saison pleine en 2019, alors il faut "juste" envisager de retourner en Coupe du Monde. »

Coupes du monde

Une course à étapes, là aussi : « Je pourrais faire en sorte d'être plus performante maintenant mais je préfère me focaliser sur des objectifs plus lointains et une progression linéaire pour ne pas rechuter. Depuis le début, je savais que ma saison ne commencerait pas en mars. J'attaquerai donc par les Grands Prix avec Issy, mi-mai, avant des coupes du Monde, quatre ou cinq, de juin à septembre, car c'est le meilleur ratio niveau\points qui existe en vue de commencer à me positionner pour l'an prochain. Et j'ai choisi des épreuves relativement proches géographiquement, pour ne pas couper les plans d'entraînement trop longtemps. »

L'entraînement. Impératif et prioritaire fil conducteur auquel s'attache d'abord la Clermontoise. Avant tout : « Encore une fois, il y a un gros travail à faire et, à ce stade, les points de passage que sont les Monde de fin de saison (octobre), par exemple, ça relève juste du bonus. »

Bio. Née le 19 mai 1995 à Clermont-Ferrand. Club : Issy Triathlon. 2014 : 3e des Mondiaux juniors ; 2015 : championne du monde U23 ; 2016 : 5e des Europe ; 35e aux jeux Olympiques de Rio.

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