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Photo © Pierre COUBLE

Au marteau, Yann Chaussinand voit loin

72,15 m. Telle est la nouvelle marque personnelle record, établie le 9 juin, dans son (grand) jardin des Cézeaux, par Yann Chaussinand. De quoi mettre le Clermontois en confiance avant les France espoirs qui débutent ce samedi.

Le Clermontois Yann Chaussinand a frappé fort en début de mois. Lancé loin, surtout. Très loin, avec un jet mesuré à 72,15 m lors des Pré­-Régionaux Loire et Volcans, alors que son précédent record personnel, de 70,53 m, ne datait que du 21 janvier dernier. De quoi légitimement amener le jeune Stadiste à aborder les championnats de France espoirs qui l’attendent ce samedi à Châteauroux, avec des ambitions de titre.

Ce record personnel battu aux Cézeaux, l’attendiez-vous ?

« Peut-­être pas si tôt mais oui, il était attendu. En tout cas, c’est une suite logique au travail effectué à l’entraînement toute l’année. Pour cette saison, je visais d’abord les minima pour les championnats d’Europe espoirs qui auront lieu dans trois semaines en Suède (à Gavle, du 11 au 14 juillet prochain), fixés à 71 m. J’avais besoin de faire une compétition pour les atteindre. Ce que j’ai donc réussi le 9 juin.

Objectif Paris 2024

Comment construit-on un record ?

Faire des meilleures perfs, c’est un ensemble de tout, bien sûr : une technique meilleure, de meilleures sensations et conditions. Aux Europe, ce sera la concurrence qui va me tirer vers le haut. Après, au fur et à mesure de mes saisons, j’essaie d’augmenter ma charge d’entraînement, avec une petite séance en plus, par exemple, mais j’essaie de ne pas faire les choses trop violemment, d’avoir une continuité dans le travail. Comme dans les performances : je sais que les efforts paieront dans le temps. Mon objectif, ce sont les Jeux de 2024. C’est donc une préparation qui se fait plus sur le long terme.

Sur le plan purement technique, avez-vous procédé à des ajustements ?

Les bases au niveau technique ne sont solides pour personne : la technique n’étant jamais parfaite, c’est quelque chose que je travaille beaucoup. Surtout sur l’aspect rigueur. C’est cette rigueur qui doit me permettre de progresser techniquement pour lancer plus loin. Je veux éviter de griller les étapes et de me griller physiquement.

Votre prochaine échéance, ce sont les France espoirs à Châteauroux. Avec quelle ambition l’abordez-vous ?

Comme j’ai déjà réalisé les minima européens, je n’ai pas disputé les Régionaux à Saint-Étienne pour privilégier l’entraînement. À Châteauroux, compétition qui servira de meeting de sélection, mon ambition, c’est le titre, sachant que nous devrions être trois à nous le disputer, avec Enguerrand Decroix Têtu (70,82 m) et Hugo Tavernier (68,31 m). Et puis derrière l’objectif de place, il y aura aussi un objectif de performance pour confirmer ce que j’ai déjà réalisé. Acquérir une stabilité en performance, c’est bien pour la confiance aussi.

Et la suite ?

Les Europe avec l’espoir, soit de m’approcher du podium, soit de monter dessus. Et après, participer aux championnats seniors : en 2020, comme je veux me fixer des ambitions raisonnables pour ne pas griller les étapes, je pense que pour les JO de Tokyo, ce sera un peu juste. Mais les Europe seniors auront lieu à Paris et ça, c’est un objectif potentiel.

 

Jean-Philippe Béal

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