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Photo © Stéphanie Para

Arbitrage : du changement dans les lois du jeu

Mains, murs, six mètres… Les footballeurs et les spectateurs auvergnats vont vite devoir se mettre au diapason des nouvelles règles d’arbitrage, entrées en application cet été.

Il y a du changement dans l’air. Cet été, l’Ifab (International football association board), l’instance qui détermine les lois du jeu dans le football, a apporté de nombreuses modifications aux règles déjà existantes. Pour mieux comprendre ces retouches, Sébastien Mrozek, ancien arbitre fédéral désormais membre de la section « Lois du jeu » de la Ligue AuRA de Football, décrypte ces évolutions, et ce que cela change pour tous les footballeurs auvergnats, des professionnels du Clermont Foot aux joueurs de district.

Mains

L’imbroglio autour des mains dans le football durait depuis trop longtemps, alors l’Ifab a décidé de clarifier les choses. « Désormais, toutes les mains réalisées par un joueur en situation offensive sont sifflées. Avant, si le ballon rebondissait accidentellement sur la main d’un joueur et que celui-ci marquait, le but était accordé », précise Sébastien Mrozek.
En en phase défensive?? « Les arbitres doivent juger si la position des bras du joueur, au moment où il touche le ballon de la main, est naturelle ou non. Si ce n’est pas le cas, il y a faute. Mais si elle n’est pas volontaire, et fait par exemple suite à un rebond sur un autre joueur, l’arbitre doit laisser jouer. » Dans tous les cas, la règle laisse encore place à l’interprétation. Les joueurs du Clermont Foot en ont fait les frais lorsque, le 10 août dernier, M. Gaillouste a accordé un penalty au RC Lens pour une supposée faute de main de Cédric Hountondji.

Murs

Désormais, les joueurs en situation offensive n’ont plus le droit de venir gêner le mur lors d’un coup franc. « Si des attaquants viennent se placer dedans, ça génère de la tension, il y a des risques de friction. Maintenant, dès qu’un mur (il faut trois joueurs au minimum pour composer un mur, NDLR) est formé, il ne doit y avoir aucun attaquant à 1 mètre aux alentours », explique M. Mrozek.

Gardiens et penaltys

C’est une règle qui a fait parler lors de la Coupe du monde féminine. Pourtant, elle n’a pas connu de modification majeure. « S’il y a eu autant de polémiques, c’est à cause du VAR. On a toujours demandé aux gardiens d’avoir les pieds sur la ligne. »
Comment faire si le tireur inscrit son penalty alors que le gardien ne respecte pas cette règle?? « Le principe d’avantage entre en jeu et le but est accordé. Mais dans le cas où le but ne serait pas inscrit, le penalty sera en revanche à retirer. »

Remplacements

Ce nouveau point de règlement a été mis en place pour « éviter les gains de temps intempestifs, indique l’ancien arbitre de Ligue 2. En théorie, les joueurs doivent sortir du terrain par le plus court chemin possible. Mais on demande aux arbitres de mettre cette règle en application avec intelligence. La plupart des joueurs continuent de sortir au niveau des bancs et personne ne crie au scandale. »
Cette règle connaît toutefois quelques limites : « L’Ifab a dû penser cette règle pour les gros matchs. Mais imaginez que dans un match de district, un joueur sorte à l’opposé du terrain et aille se frictionner avec les spectateurs de l’autre côté de la main courante : ça pourrait poser problème », estime Sébastien Mrozek.

 

Coups de pied au but

Les coups de pied de but (ou six-mètres) ont eux aussi connu une retouche.
« Avant, le gardien ne pouvait pas jouer rapidement si un adversaire se trouvait dans la surface. Aujourd’hui, les portiers peuvent jouer vite et les adversaires présents dans la surface ne peuvent pas interférer avec le ballon », explique l’ancien arbitre.

Zone technique

Les « hommes en noir » peuvent maintenant distribuer des cartons au staff et aux joueurs assis sur le banc. « Avant, l’arbitre pouvait déjà les sanctionner, mais ce n’était pas visible, les gens ne comprenaient pas. Aujourd’hui, ça simplifie les choses pour le public. »

Coups Francs

C’est un retour en arrière qui a été décidé par l’Ifab. « Pendant quelques saisons, dès qu’un joueur commettait une faute et qu’il prenait un carton, cela retardait le coup franc et générait de la frustration pour l’équipe qui attaque, alors que c’est elle qui doit bénéficier de la situation. On est revenus à l’ancienne règle, qui dit que si le ballon est arrêté à l’endroit de la faute, les joueurs en situation d’attaque peuvent jouer vite. »

Arbitres

L’arbitre a toujours fait partie du jeu. « Si l’arbitre touche le ballon, alors il y aura balle à terre en faveur de l’équipe qui en avait la possession. Alors qu’avant, le jeu continuait. » Deux exceptions sont toutefois à prendre en considération : si cette situation se produit dans la surface, alors le ballon sera rendu au gardien, qu’importe l’équipe qui le possédait. Toutefois, si l’arbitre venait, par mégarde, à propulser le ballon au fond des filets, « le but serait accordé ».

Bilan

« Ces nouvelles règles ont trois objectifs : améliorer les comportements, augmenter le temps de jeu effectif et permettre plus d’équité », conclut Sébastien Mrozek. Des règles en apparence bénéfiques pour le football, dont on devrait voir les premiers effets tout au long de la saison.

 

Hugo Girard

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