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Photo © Pierre Couble

Ansari, pour le Maroc et pour l'Auvergne

Ce vendredi (à partir de 15 heures en France), Chakir Ansari défendra les couleurs du Maroc aux Jeux Olympiques de Rio, mais le lutteur formé à l’ASM représentera aussi son Auvergne natale et son club de cœur.

« Ma vie, c'est l'Auvergne ». Chakir Ansari sait exactement d'où il vient. Et surtout jusqu'où il veut aller. Après avoir porté le maillot tricolore, le lutteur clermontois est désormais engagé sous la bannière du Maroc dont il défendra les couleurs aux Jeux olympiques de Rio. Une première dans l'histoire de la lutte libre marocaine.

Sans forcer le trait, il revendique aussi ses racines auvergnates, son attachement à sa région natale et à l'ASM, le club de son apprentissage et surtout celui de son cœur. Il y a aussi toutes les personnes qui ont jalonné son parcours depuis ses débuts à 8 ans. Une fidélité assumée, encore moins écornée depuis son arrivée en équipe nationale du Maroc en 2014.

Rodolphe Kreutzer, son premier entraîneur, se souvient encore de ce gamin du quartier de la Plaine venu frapper à l'entrée de la salle Diderot, à 200 m de chez lui. Le jeune garçon a poussé une porte qui ne s'est plus jamais refermée. « Il a immédiatement accroché. Il avait des aptitudes, des qualités pour la lutte, une soif de gagner aussi. Il venait tout le temps à la salle. Il a même fallu que je lui dise de ne pas venir tous les jours ».

Un premier titre national en 2005


Très vite il a gagné, à l'image de sa première année de pratique. Champion de France minime en 2005, Chakir évolue au sein des différentes sélections nationales et suit alors le traditionnel cursus : le pôle espoirs d'abord, le pôle France ensuite, chez lui, à Ceyrat. En 2012, pour sa première année senior, il décroche le titre de champion de France (55 kg).

« A 20 ans, j'ai disputé le Tournoi qualificatif olympique (TQO) pour Londres et l'année d'après je suis rentré à l'INSEP. Cela ne s'est pas bien passé. C'est compliqué quand on intègre une nouvelle structure. J'ai vécu des mois difficiles et je me suis même blessé. Une hernie discale aux cervicales qui a changé la donne. Quand on repasse numéro 2, on se sent délaissé. On mise tout sur le numéro 1 ».

Le rêve des JO est devenu une réalité


L'appel du Maroc est certainement arrivé au meilleur moment. En 2014, à 23 ans, Chakir Ansari n'avait pas envie de faire une croix sur la lutte de très haut niveau. Depuis deux ans, il retrouve donc le goût de la haute compétition, participe à des stages de plusieurs semaines en Iran, en Azerbaïdjan, en Pologne ou à Cuba. Des sacrifices, à commencer par l'éloignement avec la famille et les proches, qui lui ont peut-être permis de décrocher son billet pour Rio. Le rêve des JO est devenu réalité.

« J'ai disputé le TQO de la zone Afrique-Océanie où j'ai gagné ma place pour les Jeux, se réjouit-il.
Je suis le premier Marocain à se qualifier pour les JO en lutte libre. Je prends aussi la relève de Vincent Aka, le dernier lutteur de l'ASM a avoir combattu aux Jeux olympiques. J'en suis très fier pour toute ma famille, le club, les personnes qui ont toujours cru en moi ici, mes entraîneurs »

Dès qu'il revient aux sources, à Clermont-Ferrand, Chakir Ansari passe naturellement les voir. Dans l'espoir de leur offrir, le 19 août, une médaille olympique. Elle aura assurément un goût d'Auvergne…

Bio express

Chakir Ansari est né le 22 juin 1991 à Clermont-Ferrand. Il a commencé la lutte à l'âge de 8 ans. En 2005, il devient champion de France minime. L'année suivante, il intègre le pôle espoirs de Font-Romeu. En 2009, il rentre au pôle France de Ceyrat. En 2013, il incorpore l'INSEP.

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