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Photo © Pierre HEBRARD

Amélie Delabre : "Le championnat français est le meilleur"

Rencontre avec Amélie Delabre, joueuse de football professionnelle au FC Metz, alors qu'elle rendait visite aux jeunes de la section foot de l'établissement Saint-Julien à Brioude (Haute-Loire), où elle a fait ses classes.

Évoluant depuis cette saison, à tout juste 18 ans, comme professionnelle au sein de l’équipe féminine du FC Metz, l’attaquante Amélie Delabre était, ce mardi, de passage au collège-lycée Saint-Julien de Brioude. Celle qui a été, un temps, la seule fille de la section football de l’établissement, est venue parler de son expérience de professionnelle et de ses sélections sous le maillot tricolore. L’occasion d’une rencontre autour de sa jeune et déjà riche carrière et du foot féminin, sous le feu des projecteurs à l’occasion de la Coupe du monde qui se dispute, en ce moment même, en France.

 

Qu’est-ce que cela fait de jouer au FC Metz, en pro, et de vivre de sa passion, même si les salaires des filles restent inférieurs à ceux des hommes ?

C’est bien de pouvoir se dire que l’on vit de sa passion. Mais quand cela devient un métier, on ne voit plus les choses de la même façon. Il y a beaucoup plus d’attente et beaucoup plus de pression du fait justement que l’on est payé. Metz, au départ, c’était une opportunité. J’ai découvert un endroit super avec des gens très sympas et une belle ville en plus. Et ils ont formé de très bons joueurs.

Bio express. Née à Collat (Haute-Loire) en 2000, Amélie Delabre a débuté le football à 4 ans, au FC Paulhaguet. Elle rejoint ensuite l’US Brioude à son entrée dans la section football du collège Saint-Julien. Elle passe le lycée au pôle espoirs de football féminin à Vaulx-en-Velin (métropole de Lyon) tout en jouant pour l’AS Saint-Étienne (Loire). Après son bac S, obtenu en 2018, elle signe comme pro avec le FC Metz (Moselle).

Voyez-vous les mentalités évoluer en France autour du football féminin ? Et pensez-vous que la Coupe du monde qui se joue dans l’Hexagone aidera à le développer un peu plus ?

Le regard des autres s’améliore vis-à-vis du foot féminin. Désormais, jouer au foot, pour une fille, c’est déjà plus normal qu’avant.

Amélie Delabre, l'étoile montante

Avez-vous songé à jouer dans un pays où le football féminin est encore plus ancré dans les mentalités ?

J’ai eu une opportunité d’aller aux États-Unis. Mais je préfère rester en France. Si la sélection américaine est très forte, le championnat français, lui, est le meilleur, notamment avec une équipe comme celle de l’OL.

 

Vous n’êtes pas sélectionnée en équipe de France pour l’Euro U19 cette année, savez-vous pourquoi ?

Non, on n’a pas d’explication dans ces cas-là. Mais j’ai été beaucoup blessée cette saison et j’ai raté des stages. C’est une grosse déception. Maintenant, mon objectif, c’est de jouer la Coupe du monde U20 l’an prochain.

Son parcours en bleu. Amélie Delabre a joué son premier match en Équipe de France en U16, contre l’Écosse, en 2016. Depuis, elle en a disputé 32 autres en U16, U17, U20 et U19 et a inscrit 20 buts sous le maillot bleu.

Quel conseil donneriez-vous aux filles qui veulent se lancer dans le foot ?

De toujours y croire, de se donner à l’entraînement et de ne jamais lâcher, même dans les moments compliqués. Quand on est pro, par exemple, c’est difficile quand les choses ne marchent pas comme on le souhaiterait. Mais il faut tenir. Et il faut prendre du plaisir, ne pas calculer. Et voir les opportunités qui se présentent.

 

Vous avez des joueuses favorites ?

Wendie Renard, pour l’équipe de France, et Dzsenifer Marozsán, internationale allemande. Deux joueuses qui jouent à l’Olympique lyonnais. J’ai joué contre elles. Elles sont au-dessus…

Pierre Hébrard

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