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Alaphilippe : "Le plus beau début de saison de ma carrière"

Quel début de saison pour Julian Alaphilippe ! En deux petits mois de compétition, l'Auvergnat a déjà glané sept victoires. La dernière en date ? Milan - San Remo que le Montluçonnais s'est adjugé, ce samedi. « Une immense fierté » pour lui, comme il l'a confié au micro de La Chaîne L'Equipe après l'arrivée.

Quel sentiment prédomine après une telle victoire ?

« C'est difficile de décrire ce que je ressens. C'est une immense fierté. Toute la journée, l'équipe a effectué un travail impressionnant. J'ai encore du mal à trouver les mots, car j'étais tellement concentré sur ce que je devais faire dans le final. L'équipe avait entièrement confiance en moi, on a durci le final, Tim Declercq a roulé depuis ce matin. Je n'avais pas le droit à l'erreur. Ils m'ont fait confiance et je suis content de ne pas les avoir déçus. »

 

Racontez-nous le final de cette course...

« Dans le Poggio, quand j'ai entendu qu'Elia (Viviani, son coéquipier, NDLR) était un peu distancé, j'ai demandé à Philippe (Gilbert) et à Zdenek (Stybar) - (ses deux coéquipiers, NDLR) - de durcir la course le plus possible. J'ai fait un effort très violent pour faire la sélection et à la bascule du Poggio, j'ai vu les coureurs qui étaient avec moi, que des mecs solides. Je savais que ça allait être compliqué pour le sprint. Il fallait que je cours intelligemment, que je ne fasse pas d'erreurs en fait. Et je ne pense pas en avoir fait. Trentin (qui est sorti dans les derniers hectomètres, NDLR) était le plus rapide. Une fois qu'on l'a rattrapé, j'ai vu Mohoric qui voulait contrer à 600 mètres. Je me suis dit, s'il part maintenant, il va gagner. Donc j'y suis allé. Le fait d'être confiant, d'être aussi fort dans la tête et de garder mon calme m'ont aidé à gagner des courses. Mais gagner aujourd'hui... Je n'ai pas de mots. »

 

Quel était le plan de votre équipe dans le Poggio ?

« Ce matin, lors du briefing, j'ai dit à mes coéquipiers que je voulais attaquer le Poggio dans les cinq premiers. C'est ce qu'on a fait. Cela nous a permis d'avoir quelques secondes de récupération dans les premiers virages. J'ai retenu les leçons de mes deux derniers Milan - San Remo : le placement dans le Poggio est très important. On a bien fait les choses. J'avais les jambes, l'équipe, la tête. J'avais tout. Je suis content. »

« Les larmes de mes coéquipiers à l'arrivée... C'est de l'émotion »

Vous aviez le statut de grand favori et vous vous êtes imposé en costaud. Le fait d'avoir assumé cette pression vous rend-il encore un peu plus fier ?

« La pression, je la ressentais depuis plusieurs jours. Je n'avais pas encore terminé Tirreno-Adriatico qu'on me parlait déjà de Milan - San Remo. Oui, je suis en très grande forme, mais ce n'est jamais évident d'être l'ultra-favori d'une course, encore plus sur un monument du cyclisme. J'ai répondu de la meilleure des manières. Je suis heureux, je suis surpris, je n'en reviens même pas. Mais c'est la récompense de tout ce que j'ai mis en place pour en arriver là. Et quand ça arrive, ce n'est que du bonheur. Et quand j'ai vu les larmes de mes coéquipiers à l'arrivée... Je vous assure, c'est de l'émotion. Je ne l'oublierai jamais. »

 

Philippe Gilbert a trouvé que vous étiez stressé ce samedi matin et que c'était bon signe ...

« Stressé, non. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, j'avais envie de bien faire. Je suis fier de l'équipe, je suis fier de moi. C'est une très grande victoire. »

« Je n'ai pas envie de m'arrêter-là »

Il s'agit de votre 25e victoire dans le peloton professionnel. Vous n'avez que 26 ans. Quels sont vos prochains rêves pour les semaines et les mois à venir ?

« Là, je vais penser à récupérer. J'ai beaucoup enchaîné depuis l'Argentine (où il a lancé sa saison, NDLR). Je suis monté crescendo, mais j'ai quand même commencé la saison très fort. Je suis super content que Milan - San Remo, qui était le dernier objectif de cette première partie de saison, se soit passé comme ça. Je vais rentrer chez moi ce dimanche, je vais récupérer un peu. Je reprendrai la compétition sur le Tour du Pays Basque (du 8 au 13 avril, NDLR) en vue de préparer les classiques ardennaises. Mais je vais être honnête. Ce ne sera que du bonus. Je viens de réaliser le plus beau début de saison de ma carrière. Forcément, je n'ai pas envie de m'arrêter-là. J'ai encore plein de belles choses à faire cette année, mais l'heure est venue de récupérer un peu. »

 

Manuel Caillaud

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