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Photo © Pierre Couble

FFR : quand élection rime avec trumpisation

La Tribune de Charles Vigier, responsable de la rédaction sportive du journal La Montagne.

Le 3 décembre, la Fédération française de rugby en aura terminé avec un épisode important de son histoire. Celui d’une élection présidentielle marquée par une sale campagne. Cette institution doit vivre une révolution. 

En attendant elle a droit à une « trumpisation ». C’est peut-être justice. Trop longtemps, ce bateau a avancé en faisant fi du temps qui passe, et de débats nécessaires… mais inexistants. La tempête devait arriver. Elle est là. L’ouragan Laporte a cassé bien des codes, levé le voile et aboli des interdits. 

On lave le linge sale, mais désormais plus au sein de la sacro-sainte famille du rugby. Les « affaires », petites ou grosses, les intimidations, se torchent allègrement dans le saint suaire des valeurs de l’ovalie. Mais sur une bouse, il peut pousser une jolie fleur. L’optimiste béat n’a plus qu’à se raccrocher à cette idée. 

C’est en tout cas une première depuis des lustres, le rugby français a le choix entre plusieurs voies. Il est bien dommage que ce vote soit entaché de tant de querelles intestines, de déballages orduriers et pathétiques. Au moins, ce scrutin s’évite l’épisode du débat télévisé. Dans le genre « crasseux », cela aurait valu son pesant de cacahuètes. Et encore, nous n’en sommes pas au stade du dépouillement. Il y a fort à parier que dans ce climat délétère, on risque de crier aux urnes bourrées, et de se battre à coup de recours. 

Même si le ton venait à se calmer, l’image du ballon ovale s’en trouve déjà écornée. Plus que jamais, l’appareil politique doit compter sur Guy Novès et ses Bleus pour faire pousser un arbre de performances probantes pour tenter de cacher la forêt de la discorde. 

Mais dans le fond, il faut bien avouer qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Le vainqueur, quel qu’il soit, devra reconstruire par-dessus ces fondations meurtries par la bataille. Et le plus solide, souvent, part de zéro.
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