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Photo © Fred Marquet

Lemoine : « Je ne me sens pas d’aller jusqu’à Tokyo »

Depuis son retour de Rio, Ludovic Lemoine n'a guère eu le temps de se poser. Les sollicitations s'enchaînent à un rythme soutenu, à Clermont et même à Paris.

Télé, radio, presse écrite, l'escrimeur de la Rapière de Chamalières goûte sans modération à la notoriété apportée par sa récente médaille de bronze du fleuret par équipes, aux jeux Paralympiques. Hier matin, c'est à l'agence du Crédit Lyonnais de Chamalières, sur son lieu de travail, que le capitaine de l'équipe de France d'escrime handisport a répondu à nos questions.


Votre notoriété a grimpé d'un coup alors que vous étiez pourtant déjà médaillé aux Jeux de Londres… 

« La grande différence avec cette médaille, à Rio, c'est qu'il y a eu une excellente médiatisation de ces Jeux. Jusque-là, et depuis dix ans, quand je ramenais une médaille, les gens étaient contents pour moi, mais ils ne me voyaient jamais à la télé. Là, ils ont pu suivre la compétition en direct. Depuis que je suis rentré, je reçois plein de messages, même de la part de personnes que je ne connais pas. Leur nombre est vraiment énorme ! »


Qu'avez-vous ressenti quand vous avez eu la médaille autour du cou ? 

« Un grand soulagement, parce qu'on est passé tout près de pas l'avoir du tout, cette médaille. On a gagné sur un petit score (45-43) le match pour le bronze (contre Hong Kong, ndlr). Cela a été serré et hypertendu jusqu'au bout. Donc, sur le podium, ç'a été une délivrance. C'était une joie de pouvoir se dire : "Il m'a fallu quatre ans de travail et ça y est, j'y suis, cela a payé." »


De Londres, vous étiez revenu avec l'argent. Le bronze fait-il autant votre bonheur ? 

« N'importe quelle médaille l'aurait fait. Je suis très heureux de celle-là. On est passé à un cheveu de tout perdre. On peut toujours avoir envie de plus. Mais mon objectif à Rio, c'était une médaille, peu importe le métal. »


Allez-vous repartir pour une nouvelle olympiade ? 

« Non, je vais lever le pied. Aujourd'hui, je ne me sens pas capable d'aller jusqu'aux Jeux de Tokyo (2020). Je suis arrivé au sommet de mes capacités. Maintenant, je veux surtout me faire plaisir sur les compétitions, transmettre mon expérience. Il va y avoir des Mondiaux l'an prochain, j'ai envie d'y aller pour accompagner les jeunes Français. »


À 30 ans, une page va se tourner pour vous…. 

« Il y a eu ces quatre ans d'effort, de travail acharné, de sacrifices, jusqu'à Rio. Ils sont la conclusion de 21 ans d'escrime et 13 saisons de haut niveau. J'ai eu la chance de vivre tout ce que mon sport pouvait m'apporter. Donc, je vais me tourner vers ma famille (il sera papa pour la première fois dans deux mois, ndlr) et m'impliquer dans mon travail. »

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