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Photo © Franck Boileau

Chamalières, le maximum avec le minimum

Avec moins de 700.000€ pour faire tourner tout un club, le VBC Chamalières ne peut guère viser plus haut que le strict maintien en Ligue A Féminine. Il a atteint son objectif mais pourrait avoir à reconstruire toute son équipe. L’intersaison promet pas mal de mouvements aux dires de son coach, Atman Toubani. 

Clap de fin, samedi soir à Chatrousse, pour le Volley-­ball club de Chamalières. Battues 3-­0 par Le Cannet, les Panthères n’ont pas réussi leur baisser de rideau en Ligue A Féminine, mais la saison se termine tout de même bien pour Atman Toubani et ses volleyeuses.

L’essentiel a été obtenu quatre jours plus tôt avec cette victoire sur le fil à Vandœuvre (3-­2) qui permet au VBCC de prolonger au moins d’une année son bail en LAF. Un peu de décompression et beaucoup de fatigue n’ont pas permis aux Panthères de livrer un grand match pour leur au revoir, salle Chatrousse. Tant pis…

« Objectif atteint »

« L’objectif avait été atteint, rappelait l’entraîneur chamaliérois. Ce qui est beau, c’est qu’on ait réussi à obtenir le maintien sportivement (d’extrême justesse puisque Quimper descend avec le même nombre de points que le VBCC, ndlr). On a montré qu’on méritait notre place en Ligue A Féminine. »

À l’heure de tirer un premier bilan, cet exercice est forcément plus réussi que le précédent, puisque Chamalières avait été repêché l’an dernier sur des critères financiers et grâce au passage à 14 clubs de la LAF. Doté d’un des plus petits budgets, avec moins de 700.000€, le VBCC ne peut guère viser plus haut que le strict maintien, déjà une performance en soi à ce niveau de la compétition. Atman Toubani l’a de nouveau souligné, samedi. « Avant de penser à construire une équipe, le club doit bâtir un budget. Il faut avoir les moyens (de faire signer des joueuses) et nous, on est toujours en train de courir après… »

Avec peu, une masse salariale avoisinant les 240.000 € selon Atman Toubani, Chamalières réussit la gageure d’exister chez les pros. C’est déjà un premier exploit. Il y a ensuite le terrain. Et sur ce plan, les Panthères n’ont pas eu à rougir, même si la saison a été harassante pour leur effectif limité à neuf joueuses pros.

Un public frustré…

Sept victoires en 26 journées ont suffi au bonheur de tout un club et de ses supporters venus fêter le maintien samedi soir. Il n’en reste pas moins vrai que la fanny à Chatrousse fait tâche dans le bon bilan chamaliérois. Dans toute la ligue, il n’y a pas eu plus frustré qu’un supporter du VBCC…

« On se maintient sans gagner à domicile (à l’exception de la victoire à Vichy contre Quimper, ndlr), c’est la preuve du caractère de notre équipe, relevait Toubani. Peu importe qu’on n’ait pas gagné chez nous, on reste au plus haut niveau français. Si on était descendu, cela aurait été dramatique, mais on s’est maintenu, c’est énorme ! Le public a bien compris qu’on était en train de construire et il a joué le jeu, en venant nous soutenir, malgré les défaites. »

Construire… Le VBCC est en perpétuel chantier. D’une année sur l’autre, l’équipe est à rebâtir. Et Atman Toubani va devoir jouer à nouveau les maçons durant l’intersaison.

Un grand chantier

L’été dernier, Chamalières avait réussi à garder quatre joueuses, combien resteront au club cette fois-­ci ? L’entraîneur s’attend à « beaucoup » de départs, dans la mesure où le VBCC ne pourra pas s’aligner sur les salaires proposés par des clubs plus huppés.

« À Chamalières, on repart souvent à zéro depuis qu’on est en LAF, ça va être encore le cas sûrement si on n’arrive pas à trouver des moyens supplémentaires. Parce que nos joueuses vont être convoitées. Elles ont fait une super saison… »

C’est maintenant que se joue la plus dure partie pour Chamalières. Et c’est à son comité directeur de la gagner, en coulisses, en dotant le club de plus de ressources. Ensuite, Atman Toubani devra recruter malin, comme d’habitude. À l’étranger, parce que les salaires pratiqués en LAF ne sont pas à sa portée. « Il y aura peut-­être de bonnes surprises. Peut-être des retours. »

Toubani n’en dit pas plus. On en saura davantage sur le visage du futur VBCC d’ici une quinzaine de jours. Patience, donc...

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