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Photo © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Tour de France : Bardet, définitivement hors du coup

Dans le dur à la Planche des Belles Filles, loin des principaux leaders à l'issue du contre-la-montre de Pau, Romain Bardet a cette fois connu une grosse défaillance entre Tarbes et le Tourmalet, ce samedi. Le Brivadois est tout simplement loin de son meilleur niveau sur ce Tour de France 2019. Il accuse désormais 26'05'' de retard au général (26e). 

L'image est terrible. Mais tellement symptomatique d'un coureur touché moralement par sa condition physique. A quatre kilomètres du sommet de la première difficulté du jour, le col du Soulor (1re catégorie), Romain Bardet est décramponné par le peloton maillot jaune où figurent encore nombre de coureurs concernés par le classement général. Le Brivadois a la tête des mauvais jours. Il cherche de l'air alors qu'il a pris soin d'enlever son oreillette. Rapidement, ses coéquipiers se font volontairement décrocher pour lui porter secours. Non pas pour le ramener à l'avant, il n'en a pas les moyens, mais pour le soutenir dans ce terrible moment. Au final, il franchira la ligne en 66e position à 20'19" du vainqueur Thibaut Pinot. 

 

 

« Si il s'était donné à fond, il aurait peut-être perdu dix minutes mais pas vingt. Mais ça ne change rien. Romain était venu chercher autre chose sur le Tour. Il avait débuté cette saison en se disant que c'était peut-être son année », analyse Vincent Lavenu, le directeur général d'AG2R - La Mondiale.

 

Une première semaine déjà délicate

 

Lors de la présentation du Tour de France 2019, en octobre 2018 au Palais des Congrès de Paris, nombre d'observateurs avaient d'ailleurs jugé le tracé taillé pour les qualités de Romain Bardet. Outre une arrivée chez lui à Brioude, Christian Prudhome, le directeur du Tour, et ses équipes ont prévu cinq arrivées au sommet (une dans les Vosges, deux dans les Pyrénées et deux dans les Alpes), un contre-la-montre plutôt court et valonné et une troisième semaine très dure avec des cols de plus de 2.000 m. Cela pouvait "coller" au profil de l'Auvergnat, coureur français le plus régulier de ces dernières saisons dans la quête du maillot jaune.

Mais les espoirs de le voir sur la plus haute marche à Paris se sont vite effrités. Dès la deuxième étape, lors du contre-la-montre par équipes, il concédait déjà plus d'une minute de retard sur le gros de la concurrence. Et la suite n'allait pas le rassurer. Dès les premières pentes de cette Grande Boucle, dans les Vosges, on l'a alors vu en difficulté : encore plus d'une minute de débours en haut de la Planche des Belles Filles.

 

"Même" une victoire d'étape semble difficile à aller chercher

 

Le problème d'une course comme le Tour de France, c'est qu'il est presque impossible de se refaire une santé. Et, si Romain Bardet a pu masquer un temps son manque de condition physique - en évitant notamment le coup de bordure des Deceuninck - Quick Step et Ineos lors de la 10e étape - il a vite été rattrapé par la réalité lors du contre-la-montre de Pau. « Les derniers événements ne l'ont pas rassuré. Lors du contre-la-montre, les sensations n'étaient pas bonnes. On sentait bien que le physique ne suivait pas », raconte Vincent Lavenu.

Deux minutes et vingt-six secondes de retard sur Julian Alaphilippe à l'issue du chrono, c'était beaucoup. Trop pour espérer quoique ce soit pour le général. Mais, avec plus de 5 minutes de retard sur le maillot jaune, les conditions étaient cependant réunies pour le voir briller en montagne et pourquoi pas décrocher une victoire d'étape. Après l'épisode de ce samedi, pas sûr qu'il en ait les moyens physiques et psychologiques. « Je pense qu'il est très déçu par rapport à l'investissement qu'il a mis pour se préparer, par rapport à l'enjeu et par rapport à l'équipe. Quand vous êtes leader et que vous coincez comme ça à ce niveau, il y a plein de chose qui se passe dans la tête », regrette le directeur général. A Romain Bardet de se relever en champion.

 

Vincent Balmisse 

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