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Photo © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Que retenir du début de saison de Romain Bardet ?

Romain Bardet a bouclé, sur une grosse chute dimanche au Tour de Catalogne, son premier bloc de courses de la saison lors duquel, comme il le souhaitait, il a incontestablement pu observer et tirer des enseignements sur le chemin qui lui reste à parcourir jusqu'au Tour de France, cet été.

Le bilan

La lourde chute dans laquelle Romain Bardet a été pris en conclusion du Tour de Catalogne dimanche ne peut que biaiser le bilan du premier gros mois de compétition du Brivadois. Car, dans l'attente d'un diagnostic précis dans les prochaines heures, une possible fracture des côtes pourrait changer ses plans dans les semaines à venir et gâcher en partie le travail fourni jusqu'à présent.

Car s'il avait repris trois semaines plus tard qu'en 2018, le leader d'AG2R s'était concocté un menu dense avec 21 jours de course à la difficulté croissante en l'espace de cinq semaines et demie. Seul Thibaut Pinot, un poil plus en avance dans sa préparation, a eu raison des premières velléités offensives de Romain Bardet, 2e du Tour du Haut-Var fin février.

Animateur ensuite des Boucles Drôme-Ardèche (4e et 7e) où il a joué les coéquipiers pour Alexis Vuillermoz sur la Drôme Classic, l'Auvergnat a passé un test probant sur les routes, ventées d'abord, escarpées mais pas assez à son goût ensuite, de Paris-Nice. Cinquième, son meilleur classement sur une Course au soleil où il n'a jamais pu briller, Romain Bardet se montrait satisfait : « C'est bien pour le début de saison. Je retiens que c'est mon meilleur mois de mars, en terme de forme, depuis que je suis professionnel. Il y a le résultat, il y a surtout les sensations qui sont allées crescendo sur la semaine. C'est déjà une performance en soi de passer entre les tracas, les bordures... »

« Absent dans les phases décisives de course » sur Milan-San Remo (50e) et discret, malgré une très correcte 8e place au général avant sa chute au Tour de Catalogne, le Brivadois ne se voilait pas la face, dimanche soir : « Cette semaine ne s'est pas déroulée dans la facilité. Ce n'est pas la fin espérée pour ce gros bloc de courses du mois de mars. »

 

L'équipe

La partie de manivelles dans le vent de la Beauce sur Paris-Nice a démontré qu'AG2R-La Mondiale était monté encore d'un cran dans l'accompagnement de son leader dans la plaine. Romain Bardet, dans le sillage entre autres des Belges Oliver Naesen, remarquable en ce début de saison, et Stijn Vandenbergh, sait parfaitement se placer au moindre « coup de bordure » et, hormis défaillance, ne devrait pas tomber dans le panneau sur le Tour de France et perdre de précieuses secondes.

En revanche, l'équipe basée à La Motte-Servolex n'a guère pu prendre de repères en montagne, la faute aux bobos qui s'accumulent. Au rang des grimpeurs, Pierre Latour, poignets fracturés à l'entraînement en février, et Alexis Vuillermoz, lésion tendino-musculaire de l’adducteur et de l’ischio-jambier, sont à l'arrêt. Le Suisse Mathias Frank (traumatisme crânien sur Paris-Nice) reprendra la semaine prochaine sur le Tour du Pays basque alors que Tony Gallopin, pris dans la même chute que Bardet en Catalogne, va observer 4 jours de repos. Quant à Axel Domont, hanche et clavicule fracturées en Catalogne, il a fait une croix sur le Tour.

 

L'adversité

Autant que sa chute en Catalogne, le niveau affiché par certains coureurs en ce début de saison a de quoi alerter le Brivadois. Les Colombiens ont marqué le peloton de leur empreinte. Egan Bernal, vainqueur de Paris-Nice, et Miguel Angel Lopez, lauréat du Tour de Catalogne, semblent prêts à prendre le pouvoir, sans oublier Nairo Quintana, régulier jusque-là. Les frères Yates, Adam en tête, paraissent aussi un cran au-dessus tout comme le Slovène Primoz Roglic, qui n'a pas croisé la route de l'Auvergnat.

Aux côtés notamment de Thibaut Pinot, pas au mieux en Catalogne, de Tom Dumoulin, d'Enric Mas ou de Steven Kruijswijk, Romain Bardet pointe sur son état de forme dans un deuxième peloton juste derrière, mais loin devant Chris Froome, Geraint Thomas et Vincenzo Nibali transparents.

Mais attention, l'Auvergnat a avant tout « fait du jus » comme il le voulait jusqu'à présent. Sa condition en mars n'est qu'un indicateur à l'instant t et n'a rien à voir avec celle qu'il affichera en juin-juillet.

 

La suite

Sa chute en Catalogne va-t-elle obliger Romain Bardet à tirer un trait sur avril ? Sur Paris-Camenbert (16 avril), la Flèche Wallonne (24 avril) et surtout Liège-Bastogne-Liège (28 avril) ? Cette classique qu'il affectionne tant peut constituer un intéressant test pour le coureur d'AG2R au sens tactique désormais reconnu et affirmé sur les courses d'un jour avant de préparer vraiment le Tour de France (6-28 juillet) via le Dauphiné Libéré (9-16 juin).

 

Vivian Massiaux

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