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Pierron : "Cette saison va me servir pour la suite"

Deuxième de la Coupe du monde, troisième des Mondiaux... Amaury Pierron a vécu une saison en tout point satisfaisante. Et pourtant, le Brivadois a dû gérer des émotions nouvelles liées à son nouveau statut. 

D’un rien, d’un souffle, d’un boyau de pneu... Après avoir remporté la Coupe du monde 2018, Amaury Pierron a failli récidiver cette saison. Mais il n’a manqué que 40 points au Brivadois pour renouveler cette performance. Lors de la dernière manche à Snowshoe (État-Unis), il a même entrevu la plus haute marche du podium... mais le Britannique Danny Hart en a décidé autrement en lui soufflant la victoire sur le fil. Une saison qui restera donc riche en émotions, pendant laquelle Amaury Pierron n’aura pas tout perdu. Bien au contraire...

 

Enfin posé après une saison riche en émotions...

"Ouais, ça fait vraiment du bien d’être enfin posé à la maison (rires). Après la fin de la Coupe du monde, je suis parti avec des amis reconnaître une descente que je ne connaissais pas à Retallack, au Canada. C’était des vacances. Juste pour le fun et le plaisir."

 

Avant l’entame de la saison, vous nous confiez avoir peur de ne pouvoir confirmer votre excellente saison 2018. Est-ce que vous avez le sentiment d’y être parvenu ?

"Oui j’avais cette peur-là c’est certain. Et cela s’est d’ailleurs vu lors de la première manche (à Maribor en Slovénie, où il termine 7e, ndlr). J’ai passé une course difficile. C’était l’enfer ! Je ne pensais qu’au résultat et pas à me faire plaisir. Et ça, je l’ai compris bien après. Mais une fois que j’ai saisi la chose, ce fut nettement mieux."

 

"J’ai vraiment ressenti une pression médiatique"

 

C’est donc vraiment le trac qui vous a paralysé lors de la première manche...

"J’ai vraiment ressenti une pression médiatique. Tout le monde se posait les mêmes questions que moi en fait. Est-ce qu’il va refaire la même saison que l’an dernier ? Est-ce qu’il va gagner encore ? Inconsciemment je me suis mis la pression. Et j’ai vraiment passé un sale week-end."

 

Est-ce la première fois que vous ressentez une telle émotion ?

"L’année dernière aux Mondiaux, c’était un peu pareil. Même si je venais de remporter le général de la Coupe du monde, j’avais ressenti cela effectivement. Mais c’est bien. J’apprends. C’est de l’expérience supplémentaire. Il faut en passer par là. Cette année me servira pour la suite. Plus que la saison dernière où tout s’était bien passé. Je me suis rendu compte que c’était vraiment « galère » de gagner."

 

"Finalement, c’est un peu ma meilleure saison"

 

Quel regard portez-vous sur votre saison ?

"Je suis vraiment content car finalement, c’est un peu ma meilleure saison. Trois victoires en Coupe du monde, cinq podiums sur huit courses, une troisième place aux Mondiaux... il y a de quoi être satisfait. Après, c’est évident qu’il y a aussi de quoi être dégoûté de manquer le classement général pour rien du tout (40 points). Je suis deuxième, c’est comme ça. Loïc Bruni a fait une saison de malade et c’était difficile d’aller le chercher."

Amaury Pierron
 

Il y a cette dernière étape de Snowshoe où le titre s’est joué. Est-ce que vous vous êtes vu vainqueur après votre run de folie ?

"Je vous avoue que oui... Personnellement, je savais que j’avais commis une petite erreur sur la partie basse de la piste et que ce n’était pas le run parfait. Mais comme tout le monde perdait du temps sur moi, je me suis dit « ça va passer ». Quand Hart est parti, il avait une seconde de retard sur moi (le Britannique a finalement remporté cette étape, privant ainsi Amaury Pierron de la couronne mondiale). Mais il n’a pas commis l’erreur que j’avais faite. Et il a pu rattraper le temps qu’il avait perdu. En tout cas, j’ai tout donné. Et j’y ai vraiment cru ! Du coup, quand il est passé en vert en bas, j’étais un peu dégoûté (rires). Niveau émotions, c’était un peu les montagnes russes."

 

 

"J’ai tout donné. Et j’y ai vraiment cru !"

 

Cette saison fut également marqué par le duel Bruni-Pierron. Avez-vous un petit mot pour votre adversaire ?

"C’est bien simple, depuis que je fais du VTT de descente, je suis fan de Loïc Bruni. Il représente vraiment la nouvelle génération française. Quand il est arrivé, il a incarné une nouvelle ère en quelque sorte. Il a apporté une certaine fraîcheur à la discipline. Et aujourd’hui, je suis toujours fan de lui (rires). Il est cool, il est fun, abordable et d’une extrême gentillesse. Malgré notre rivalité, il m’a toujours donné des conseils. Dès que l’on se voit en dehors de la piste, on s’entend très bien. Je peux même dire que l’on est potes. Mais quand le chrono est lancé, on ne se fait pas de cadeaux. Ce n’est que trois minutes par week-end, mais croyez-moi, dès l’année prochaine, sur ces trois minutes par week-end, je ne vais lui laisser aucune chance (rires)."

 

LA SAISON D'AMAURY PIERRON

Mondiaux 2019. À Mont-Sainte-Anne (Canada) : 3e.

Coupe du monde 2019. 1re étape (Maribor, Slovénie) : 7e ; 2e étape (Fort William, Écosse) : 1er ; 3e étape (Leogang, Autriche) : 6e ; 4e étape (Vallnord, Andorre) : 4e ; 5e étape (Les Gets, France) : 1er ; 6e étape (Val di Sole, Italie) : 4e ; 7e étape (Lenzerheide, Suisse) : 1er ; 8e étape (Snowshoe, États-Unis) : 2e.

 

Arnaud Clergue

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