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Que retenir de la défaite (34-13) d'Aurillac à Vannes ?

Supérieur à Vannes toute la première période mais souffrant d'un manque cruel de réalisme, Aurillac pouvait espérer ramener quelque chose de Bretagne. Retour sur cette troisième défaite de rang qui laisse de sérieux regrets.

Le manque de réalisme

C’est le premier point qui ressort de ce match : l’incapacité à scorer dans les phases de domination. Pourtant point fort des deux premiers matches, où le Stade avait su concrétiser ses temps forts pour s’offrir ces petits matelas à la pause qui lui offraient de la sécurité, le réalisme a fait cruellement défaut.

Au-delà des deux pénalités manquées dans le premier acte, Aurillac n’a pas su passer une ligne dont il a longtemps fait le siège. La faute à des ballons écartés trop vite, quand, en insistant au près, les hommes de Thierry Peuchlestrade et André Bester faisaient mal à Vannes.

Aurillac battu à Vannes (34-13) : "On n'arrive pas à concrétiser nos temps forts"

Des avants dominateurs

La mêlée d’abord, a fait souffrir son homologue. Mention à une première ligne royale dans les phases statiques, qui envoyait ainsi Paga Tafili au frigo à la 25e, après avoir offert les trois premiers points du match à la botte de Dubourdeau.

Mais cette mêlée, qui a mis au supplice Vannes, n’a paradoxalement pas permis de lancer le jeu. En cause, des ballons injouables, parce que le RCV ralentissait tout en s’écroulant, ou sur de mauvaises transmissions ou choix derrière. De plus, les pénalités récoltés en mêlée n’ont pas été converties en points au pied.

Hewat au-dessus, Adendorff en-dessous

L’abattage de la 2e ligne Van der Walt-Dufour, ensuite, a également été conséquent avec de la puissance, et des charges notamment de l’ex-Albigeois, qui se signalait même par un petit coup de pied astucieux (33e) qui envoyait Aurillac camper à cinq mètres de la ligne. Mais cette séquence résume aussi les manques du Stade. Dans la foulée c’est Adendorff qui se faisait sanctionner, pour un plongeon dans le ruck et une nouvelle perte de balle cantalienne.©PHOTOPQR/LE TELEGRAMME ; ©PHOTOPQR /LE TELEGRAMME, PHOTOS Pascal Robert, Vannes (56), le 04/10/2019, rugby Pro D2 Vannes-Aurillac PQR rugby D2 Vannes Aurillac Photo Pascal Rober

Le numéro 8 a trop peu pesé sur cette rencontre, alors que c’est typiquement sur ce genre de match qu’il doit faire des différences. Tout l’inverse d’Hewat, qui a cassé plusieurs plaquages et déchiré le premier rideau adverse. Auteur d’une prestation majuscule, le 3e ligne a été récompensé de ses efforts par un essai en fin de match. Mais trop tard.

Un manque de tranchant derrière

Sagote a beau avoir apporté énormément à son équipe, par sa capacité à aller défier et faire reculer la défense vannetaise, le centre a été trop seul dans cet exercice. Et il ne pouvait pas tout faire non plus, quand Colliat a été on ne peut plus discret à la Rabine.

L’entrée de Neisen a aussi fait du bien dans ce même registre, comme sur l’action née d’une touche volée par Rieu en début de second acte. Mais globalement, dans un match où le Stade faisait du mal à Vannes en attaquant la ligne, c’est quelque chose sur quoi le Stade n’a pas assez insisté.

Pro D2 : Un Aurillac aux deux visages à Vannes (relire le live)

Aux ailes, Lohore a essayé de défier, mais s’il a montré une belle envie, il a aussi connu du déchet avec quelques glissades qui empêchent le jeu d’aller plus vite, tandis que Coertzen a été trop peu servi, ou alors pas forcément dans de bonnes conditions. En face, Vannes a su à merveille mettre de la vitesse sur ses rares possession en première période, comme sur l’essai de Bly (10e).

Un jeu au pied trop généreux

Le Stade a rendu trop de ballons au pied pour peser vraiment sur Vannes dans ce secteur. Les coups de pied de pression n’ont pas été suivi d’effet. Pas toujours bien dosés, ils ont souffert de la comparaison avec ceux d’Hilsenbeck ou Le Bail, qui obligeaient le Stade à reculer.

Symbole de ces différences d’efficacité dans ce secteur : ce ballon sauvé au prix d’une belle course par Neisen, sur une chandelle vannetaise, mais dont Dubourdeau se débarrassait sur le ruck qui suivait (53e). D’une manière globale, la charnière n’a pas eu le rendement espéré.

Une histoire de discipline

Pour compenser l’absence de réalisme et alors que Vannes était deux fois plus indiscipliné que Aurillac (9 pénalités contre le RCV en première période), Thierry Peuchlestrade a sorti Minguillon pour Neisen à la pause. Charge à lui de prendre les points de loin pour recoller au score.

Malheureusement, l’ex-Drômois, auteur pourtant d’une bonne entrée, n’a jamais eu l’occasion de poser son tee sur la pelouse de la Rabine. Et c’est Aurillac qui est ensuite tombé dans le piège de l’indiscipline, que Hilsenbeck prenait un malin plaisir à sanctionner face aux perches.

Le second carton concédé par Coertzen a aussi ouvert la voie à l’essai de Burgaud qui enterrait les espoirs cantaliens. Et le match a souri à l’équipe qui savait profiter des fautes adverses.

L’infirmerie

Sorti en seconde période, Sagote se plaignait de douleurs au dos, tandis que Lohore a dû céder sa place en raison d’une alerte musculaire.

A Vannes, Jean-Paul Cohade

 

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