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Photo © Jérémie FULLERINGER

Les cinq points à retenir du succès d’Aurillac face à Oyonnax (15-12)

Le Stade Aurillacois a su se montrer appliqué, serein et avec un plan de jeu parfaitement suivi par des Cantaliens solidaires pour renverser le leader de Pro D2, vendredi soir à Jean-Alric (15-12). Retour en cinq points marquant sur cette victoire qui fait du bien avant d’aller à Nevers pour le dernier match avant les fêtes.

1. Un match maîtrisé et une sérénité impressionnante

Comme le relevait après coup Thierry Peuchlestrade cela peut paraître « bizarre » dans la situation du Stade Aurillacois, mais les Cantaliens ne se sont jamais affolés, vendredi, face au leader. Au contraire, Boisset et ses partenaires ont fait preuve d’un sang-froid à toute épreuve.

Les avants aurillacois, titulaires comme remplaçants, ont livré une prestation majuscule. Photo Jérémie Fulleringer

« On ne s’est pas affolé, parce que sur l’ensemble du match il n’y avait pas de quoi. On a eu de la maîtrise, on savait que physiquement on leur rendait des kilos mais dans des conditions pareilles, tout est remis à plat et et tout le monde a répondu présent dans le défi physique et l’intelligence de jeu », soulignait le capitaine. 

« Les avants ont fait un gros boulot, les trois quarts aussi. Le liant a été trouvé. On a respecté le plan de jeu », ajoutait le numéro 9. Un plan de jeu fait d’occupation efficace, d’une véritable débauche d’énergie et d’un meilleur rendu dans la discipline. Et ce malgré le rouge d’Adendorff qui n’a pas fait flancher le Stade.

Le Stade Aurillacois se paye le leader Oyonnax (15-12) (relire le live)

2. Le tournant de l’heure de jeu

Justement. Dans la foulée de l’exclusion de son numéro 8, Aurillac s’est resserré et à même donné presque plus de fil à retordre à Oyonnax. On joue que l’USO ne trouve pas la pénaltouche après cette faute, s’ensuit une partie de ping-pong qui voit le Stade bénéficier d’une touche sur les 40 adverses.

Même en infériorité numérique, Aurillac a trouvé moyen de signer un ballon porté d'école permettant à Boisset de se faire la malle pour une occasion d'essai qui a entraîné le jaune d'Oyonnax . Photo Jérémie Fulleringer

Captée par Roussel, la munition se transforme en ballon porté que les Cantaliens gèrent à merveille pour voir ensuite Boisset se faire la malle et déclencher ce qui est certainement le début d’une occasion d’essai franche. Credoz se rend alors coupable d’anti-jeu et c’est Salles qui donne 6 points d’avance aux siens (12-6).

Mieux, en dépit d’un en-avant dans ses 22 mètres de Palmier, sur le renvoi suivant, les avants cantaliens répondent de la meilleure des manières. Avec un coaching massif (six entrées en jeu) qui voit tout le pack renouvelé à l’exception de Roussel, et avec son ailier-buteur en position de numéro 8 (!), Aurillac renverse la mêlée haut-bugiste pour gagner une pénalité et se redonner de l’air.

3. Une conquête souveraine

Dans le bilan global, les deux pénalités concédées par la mêlée cantalienne lors du premier acte ne pèsent finalement pas lourd. Parce que la conquête a encore été efficace contre Oyonnax. Le pack a fini pas rependre les commandes, et que dire de la touche aurillacoise ? Un seul ballon perdu et sept ballons disputés ou récupérés sur lancer adverse.

Tous n’ont pas pu être joués par les Auvergnats, certes, mais en étant de tels poisons en touche, Roussel, LeBreton et consorts ont sérieusement privé le leader d’occasion de se mettre en place pour imposer de grosses séquences à Aurillac.

L'alignement cantalien a été souverain sur ses lancers tout en étant un poison pour la touche adverse. Photo Jérémie Fulleringer

« Les conditions étaient compliquées, on savait que ça allait sauter plus devant que sur le fond d’alignement. On a réussi à leur contrer pas mal de ballons donc c’est très positif pour notre touche. Il faut quo’n continue à travailler sur les lancers adverses », relevait Baptiste Hézard.

Ca paraît simple en le disant, mais ça, Oyonnax n’a pas été en mesure de le faire, contrairement à Aurillac. « Ils ont peut-être fait des choix un peu bizarres mais nous, on a sécurisé nos ballons devant et ça s’est bien passé. Sur ce match, on a gagné la partie en touche, et c’est primordial pour s’imposer dans ces conditions », ajoutait le 2e ligne.

Aurillac bat Oyonnax (15-12) / Boisset : "On a sorti les tripes et mis les cerveaux en marche"

4. Un jeu au pied qui a fait un bien fou

Ca pourrait être le premier point à mettre en avant de ce succès de prestige qui fait un bien fou. En tout cas, la qualité du jeu d’occupation et de pression de Palmier, bien assisté par Boisset, Salles et Coertzen a été déterminante dans les 4 points récoltés. A défaut de pouvoir initier des lancements de jeu léchés, les trois-quarts ont tantôt soulagé leurs avants, tantôt écœuré Oyonnax par des sorties de camp souvent propres et pertinentes.

Comme lors de sa dernière victoire contre Provence, le Stade Aurillacois a pu compter sur ce très bon jeu au pied avec un collectif qui a su se montrer appliqué et volontaire pour mettre la pression sur Oyonnax, ensuite, à la tombée du ballon. Ce que le Stade avait subi contre Montauban, il l’a cette fois imposé aux haut-bugistes.

5. De l’ambiance… malgré tout

Vendredi soir, pour la réception d’une équipe qui avait de quoi faire peur mais qui constitue une affiche alléchante en soi, Jean-Alric n’a pas fait le plein. Loin de là. Avec une affluence de 1.900 personnes, moins que contre Montauban, l’enceinte cantalienne est passé une deuxième fois sous la barre des 2.000 spectateurs mais, paradoxalement, ce n’était pas la plus petite ambiance de la saison.

Derrière des Aurillacois qui ont affiché une solidarité énorme, le public qui s’était déplacé a sérieusement joué son rôle, en donnant de la voix, en faisait preuve de ce petit soupçon de mauvaise foi nécessaire sur une ou deux décisions arbitrales et en faisant corps avec les siens notamment sur les deux dernières minutes capitales.

« Je voudrais vraiment remercier du fond
du cœur les vrais supporters aurillacois qui sont venus et ont poussé derrière leur équipe. Ce soir, ils ont aussi eu un rôle pour obtenir cette victoire ».

Christian Millette (Président du Stade Aurillacois)

Un discours présidentiel qui faisait écho aux propos de Thierry Peuchlestrade en zone mixte. « On va aller à Nevers avec l’intention de bien se comporter et de ramener quelque chose. Nous n’avons pas le temps et les moyens de faire des matches sans rien ramener, et ça fera un beau cadeau de Noël à nos supporters. Même s’ils n’étaient pas nombreux ce soir, je crois que les vrais étaient là, et ça fait plaisir », soufflait l’entraîneur.

Texte : Jean-Paul Cohade
Photos : Jérémie Fulleringer

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