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Photo © Jérémie FULLERINGER

Les cinq points à retenir de la victoire d’Aurillac face à Provence (39-6)

Remis sur la voie du succès par un huit de devant qui a signé une prestation majuscule, Aurillac a surtout fait montre d'un investissement collectif colossal, vendredi 1er novembre, contre Provence (39-6). Décryptage de cette victoire en cinq points.

1. La victoire d’un collectif

Cette troisième victoire de la saison, Aurillac est allé la chercher avec les tripes, sa tête et, surtout, un groupe qui a joué en équipe durant 80 minutes. Tant sur le banc, où le Stade a constamment donné de la voix pour guider ses troupes, que sur le pré, on a vu les Aurillacois se pousser les uns les autres, avec des trois-quarts constamment à encourager leurs avants sur les phases statiques.

Vendredi soir, il s’est peut-être produit un déclic dans les attitudes, ce côté hargneux, à ne rien lâcher, avec des Cantaliens qui ont fait bloc de la première à la dernière minute. Et ce n’est pas qu’une question de communication, mais aussi de circulation, avec des soutiens très présents qui ont participé à mettre le Stade dans l’avancée.

« On rattaque un nouveau bloc, on essaie de gommer ce qui n’allait pas. Ce soir avec les conditions, il fallait se resserrer, chose qu’on a plutôt bien faite. C’était important de bien entamer ce bloc de huit semaines », insistait Thomas Salles après le match.

« Ça passait par de l’entraide, des choses peu-être plus simples. Pas de grandes envolées, on n’a peut-être pas proposé beaucoup de jeu mais dans le combat l’agressivité, la discipline on a répondu présent, donc c’est positif »

Thomas Salles (Ailier et buteur d'Aurillac)

2. Un huit de devant impérial

Evacuons vite le seul petit bémol dans ce secteur : oui, Aurillac a été pénalisé sur une mêlée sur sa propre introduction, qui a remis Provence à 3-3. Et encore, la pénalité obtenue par Taumalolo n’était pas forcément évidente. Et c’est bien la seule sanction pour le huit de devant dans l’exercice. Pour le reste, le pack auvergnat a sorti une prestation majuscule. Sur mêlée, comme sur maul, Roussel et ses partenaires ont abattu un boulot monstrueux éteignant notamment les porteurs de balles aixois, comme Edwards ou Luafutu qui n’ont jamais bénéficié de la moindre liberté pour avancer.

Au rayon des choses qui ont payé, il y a aussi ces ballons portés, avec une défense très juste et une réelle maîtrise quand c’est le Stade qui était à la baguette. L’essai de pénalité obtenu à l’heure de jeu en est la parfaite illustration, à un instant crucial. D’ailleurs, si le ballon glissant n’avait pas giclé alors que Provence écroulait le maul, l’édifice cantalien était parti pour dérouler jusqu’à l’en-but.

3. Une touche conquéranteLe Stade a retrouvé toute son efficacité en touche, après un raté contre l'USAP. Photo J. Fulleringer

Point noir, parmi d’autres, de la défaite contre l’USAP avec six ballons rendus, la touche cantalienne a retrouvé de sa superbe. En conservant toutes ses munitions, en dépit d’un ou deux cafouillages par moments, notamment dans le premier acte, Aurillac s’est facilité la vie contre Aix. Roussel a régné dans les airs, comme Dufour qui s’est mué en véritable poison pour contrer l’alignement de Provence. Ajoutez à ça des options tactiques pertinentes, avec une vrai variation entre milieu et fond d’alignement selon les circonstances, voire des touches très courtes entre Smith et Boisset qui ont fonctionné, Aurillac a livré un match plein dans ce secteur, où il a là aussi joué avec sa tête.

4. Un jeu au pied qui fait la différence

Il y a le jeu au pied de Thomas Salles face aux perches, forcément, mais pas seulement. D’abord, l’ailier a signé un 100 % plein d’autorité. Il n’a jamais tremblé, dès sa première tentative à 38 mètres des perches et sur un terrain qui pouvait être piégeux au niveau des appuis – ce qui a coûté cher à Lavernhe sur une tentative des 50 mètres, d’ailleurs.Du 100% face aux perches de Salles, au jeu d'occupation et de pression de Neisen, Boisset et McPhee, Aurillac a été particulèrement effiace au pied. Photo Jeremie Fulleringer

L’ailier a parfaitement converti la domination de ses avants et l’implication collective des Aurillacois. Ses 22 points pèsent très lourd dans ce succès. Surtout, le Stade a fait preuve d’un pragmatisme certain, à l’image de cette nouvelle pénalité tentée (et réussie) alors que les hommes de Thierry Peuchlestrade menaient 22-6 à vingt-cinq minutes de la fin. C’est aussi avec ces respirations, ce réalisme qui récompense les efforts du groupe, que les Auvergnats ont pu ensuite accélérer pour planter encore deux essais.

Mais je jeu au pied n’est pas que face aux perches. Et le trio Neisen-Boisset-McPhee a été excellent dans ce domaine. Jeu d’occupation pertinent, sorties de camps propres et souvent assez longues pour se donner de l’air, belles touches trouvées : le rendement a été excellent vendredi soir.

« On a très bien joué tactiquement, stratégiquement aussi. Les conditions étaient difficiles. On a été très efficace dans ce jeu au pied, dans la manière de construire notre rugby. On est bien rentré dans ce match et, peut-être dans un rugby de tranchées, mais ça a été diablement efficace »

Thierry Peuchlestrade (Entraîneur d'Aurillac)

5. L’apport du banc de touche

Le staff avait appelé les joueurs à prendre leurs responsabilités. Du numéro 1 au numéro 23, et le groupe a répondu. Du XV titulaire au banc des remplaçants, les Aurillacois ont fait le job. Et s’il serait peut-être injuste de sortir des individualités, difficile de ne pas mettre en avant l’apport des soldats en réserve de la République au coup d’envoi. Ils sont partie prenant dans cette nouveauté de la saison, à savoir : un match plein tout du long.Autant que les titulaires, Seyrolle et les remplaçants ont été décisifs. Photo Jeremie Fulleringer

En première ligne, la triplette Seyrolle-Rieu-Kartvelishvili a parfaitement pris le relais du trio Nostadt-Smith-Ojovan, notamment dans l’exercice de la mêlée. Van der Walt a également apporté sa puissance, quand – et ce n’est pas une surprise au vu de son début de saison – Lebreton a lui aussi apporté son écot.

Dans un bloc terrible comme celui qui s’annonce, c’est un point essentiel pour la future réussite du Stade qui n’a fait que débuter son redressement. Enfin, derrière, Bouyssou a lui aussi signé une entrée précieuse, avec en prime son essai à la 79e, une réalisation de pur numéro 9 qui offre ce point de bonus si important.

Jean-Paul Cohade

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